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Gabrielle Narcy

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Interview – Camille Médina, illustratrice expat

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Camille Medina illustratrice expat

Je vous présente Camille Medina, l’illustratrice qui dessine pour l’Allée du monde depuis quelques semaines. J’ai rencontré Camille complètement par hasard, au détour de Twitter. Elle a commenté un article que je venais de poster, j’ai répondu, et grandes bavardes que nous sommes, nous avons commencé à papoter et nous sommes apperçues que nous vivions à 20 minutes l’une de l’autre à Leicester, en Angleterre, dans la région des Midlands. Le hasard fait parfois bien les choses ! J’ai découvert ses illustrations, et j’ai tout de suite adoré son univers. Nous nous sommes alors rencontrées pour boire un café et j’ai beaucoup aimé sa passion et sa détermination à devenir toujours meilleure dans son art : Camille est sans cesse en train de se former à une nouvelle technique, de se perfectionner, de travailler sur de nouveaux projets, dont certains pour des clients comme la BBC, rien que ça ! Camille est une fonceuse et une artiste de talent, et je me suis dit que son parcours pourrait vous intéresser et vous inspirer, si vous aussi vous souhaitez vous lancer à votre compte, créer votre affaire, ou simplement si vous aimez les jolis dessins. Découvrez sans plus attendre les questions spéciales vie expat et freelance posées à Camille, bonne lecture !

Qui es-tu, d’où viens-tu ?

Alors, la première question est facile : je suis Camille, j’ai 30 ans et je suis illustratrice. La deuxième question un peu moins. Ma famille et moi avons beaucoup déménagé quand j’étais plus jeune (au moins sept fois avant l’âge de 18 ans si je ne me trompe pas) et du coup c’est toujours une question à laquelle il est un peu difficile de répondre. Généralement je me considère du sud de la France car c’est de là que viennent mes origines et nombre de nos déménagements s’y sont déroulés. Après, je dis souvent Montpellier pour faire plus simple parce que c’est la région dans laquelle j’ai vécu le plus longtemps… avec très bientôt – en février en fait – l’exception de l’Angleterre (où j’ai aussi déménagé plusieurs fois) !

Comment as-tu atterri en Angleterre ?

C’est aussi une longue histoire (décidément !). Pour faire court, disons que je le dois un peu à Cédric Klapisch et à son film L’auberge espagnole, et plus tard à ma fac qui n’avait pas d’accords d’échanges Erasmus avec l’Irlande, découverte au cours de vacances en famille, et qui aurait été mon premier choix. Du coup j’ai choisi l’Angleterre. Je suis tombée complètement amoureuse de Londres pendant l’année que j’y ai passé, à tel point que je ne voulais pas en partir. Il a bien fallu que je parte cependant, parce qu’à l’époque je croyais que je n’aurais jamais un travail décent sans au moins un Master en poche (ahh, la mentalité française !) et à ce moment-là je me suis promis de tout faire pour revenir. Alors quand lors de ma deuxième année de Master (pro)  j’ai eu la possibilité de faire un stage en entreprise à l’étranger j’ai sauté dessus. “And the rest is history” comme ils disent ici !

Les choses qui te manquent le plus en France, et les choses que tu préfères en Angleterre ?  

J’ai remarqué que ce qui me manque le plus a trait à la famille et à la nourriture, et que ce que je préfère en Angleterre a à voir avec la mentalité et le visuel.

Ce qui me manque en France c’est ma famille, avec qui j’ai des liens très forts, et les amis que j’y ai laissés. C’est parfois difficile de ne pas les voir aussi souvent que je le voudrais. Ensuite, étant du sud de la France, forcément le soleil et la météo. Les pâtisseries. J’arrive à recréer pas mal de plats français ici, mais les pâtisseries… Genre une bonne ganache pour mon anniversaire, ou un éclair au chocolat, … Oui, je suis fan de bon chocolat, et en particulier de chocolat noir, ce qui ne se fait pas beaucoup ici. La charcuterie. Les compotes : ici, ça n’existe pas. Ou plutôt, ce n’est que pour les bébés, donc ultra moulinées et assez peu de choix. Je vous attends au tournant : oui, je pourrais en faire moi-même parce que c’est pas très compliqué, etc. mais honnêtement après une longue journée de travail ta compote tu as envie de la manger, pas de la faire ! Et les fruits aussi me manquent ! Il y a bien entendu un grand choix de fruits ici aussi, mais bien souvent ils sont cueillis et transportés avant d’être mûrs et ça veut dire qu’ils n’ont pas beaucoup de goût quand on croque dedans. Qu’est-ce que j’aimerais manger une pêche qui a le goût d’une pêche ou un abricot qui a le goût d’un abricot !

Ce que j’aime en Angleterre en revanche c’est le sentiment de liberté qui est plus fort pour moi que quand j’étais en France (j’y viendrai). Je trouve qu’il y a d’abord un plus grand respect des personnes et une plus forte tolérance. Tout n’est évidemment pas rose non plus, mais c’est l’impression que j’ai de toute façon. J’aime les files d’attentes organisées et où on ne se bouscule pas. Les conversations sont plus légères : j’aime le fait que les gens ne sont pas toujours à essayer de tout tourner en débat. Je trouve ça beaucoup plus reposant. Bon, c’est à double tranchant parce que des fois on a envie de conversations un peu plus profondes, mais c’est juste une question de trouver les bonnes personnes avec qui discuter.

En tant que femme, je trouve qu’il y a aussi moins de machisme, les hommes sont moins rentre-dedans ici. Et tu peux porter ce que tu veux, tout le monde s’en fiche.

Ensuite, j’aime la mentalité anglaise. La prédominance de la pratique sur la théorie : plutôt que de philosopher pendant des heures sur la meilleure approche pour faire quelque chose ici les gens essaient et voient si ça marche ou pas. J’ai l’impression qu’il y a moins de peur de l’échec et simplement le fait d’essayer est encouragé (et apparemment récompensé à l’école !). J’aime aussi le fait qu’ici tu n’es pas scotché à la série du Bac que tu as passée, à un job ou à une carrière. Bac S ou L (ou autre), ils ne font pas la différence parce qu’ils ne savent pas ce que c’est. Pour quelqu’un qui a fait un Bac Littéraire, c’est une libération ! Et de la même manière, tu n’es pas mis dans une boîte en fonction de l’école/fac où tu as fait tes études, et tu n’es pas marié à ton boulot : si à quelque moment que ce soit tu souhaites changer de carrière, te reconvertir, tu peux et personne ne sera choqué ! En Angleterre, c’est l’ensemble de ce que tu sais faire qui compte, y compris ce qui relève de ta personnalité et de tes loisirs.

Et enfin d’un point de vue visuel, et notamment du design, le niveau est simplement supérieur (c’est juste mon avis). Je commence à voir des choses intéressantes quand je rentre en France, je ne vais pas le nier non plus, mais il y a encore du boulot, en particulier du côté de la papeterie et des cartes de voeux.

Camille Medina illustratrice

Quand as-tu commencé à dessiner ?

Comme beaucoup de personnes, dès que j’ai pu tenir un crayon à la main. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire et là où beaucoup de personnes s’arrêtent pour passer plus de temps avec leurs amis ou à d’autres loisirs j’ai continué, juste pour le plaisir. J’ai passé beaucoup de temps à dessiner au fil des années. J’aimais créer mes propres personnages et j’aimais également copier les personnages des films Disney et les personnages de mes mangas préférés. Sachant cela, quand la première vague de Pokémon est arrivée en France, mon frère m’a passé pas mal de “commandes” de posters (format A4 bien sûr !) pour afficher dans sa chambre. En plus de ça mes parents nous ont élevés mon frère, ma soeur et moi avec une règle très simple: tout cadeau (anniversaire, Noël, fête des Mères, fête des Pères) devait être fabriqué. Comme vous pouvez vous en douter, après quelques années il faut déployer des trésors d’imagination pour rester original et produire quelque chose qui ne soit pas un réchauffé d’un cadeau précédent. Donc dessin et créativité ont toujours fait partie de moi !

Vie freelance : pourquoi et comment t’es-tu lancée à ton compte ?

C’est arrivé un peu par hasard. J’ai commencé “ma vie d’adulte” comme chef de projet en agence de branding. J’y ai travaillé pendant quelques années, puis j’ai été licenciée pour raison économique. J’ai retrouvé du travail dans la City de Londres (mon rêve à l’époque) très vite, boulot dans lequel je ne me suis pas plu mais alors pas du tout ! J’avais le sentiment de ne pas être “à ma place”. Au début je pensais que c’était le fait de faire quelque chose de nouveau dans une nouvelle entreprise, et je me suis dis “allez, tiens le coup”. Environ trois mois plus tard c’était toujours pareil. C’est à ce moment-là que la mère de mon copain, qui est écrivain et savait que j’aimais dessiner, m’a proposé d’illustrer une histoire pour enfants qu’elle avait écrite de longues années auparavant. Le texte était très court, très simple et le but était de nous amuser et de créer un petit livre que nous allions offrir à la fille de sa nièce pour son troisième anniversaire quelques mois plus tard. J’ai commencé à travailler sur ce projet pendant mon temps libre et ça a été le déclic. Trois mois plus tard (donc au bout de six mois dans cette entreprise où j’étais malheureuse comme une pierre) le livre était fini et je me suis dit qu’il fallait que je sorte de là. Au départ l’objectif avait simplement été de tenir un an pour montrer que j’avais quand même essayé, puis changer de travail. A partir de là l’objectif est devenu : apprendre tout ce que je pouvais de ce job (on ne sait jamais ce qui va nous servir ni quand), mettre de l’argent de côté, et me lancer dans l’illustration. Comme pour le fait de partir vivre à l’étranger j’ai pas réfléchi de trop. Lorsque j’ai travaillé sur ce livre je me suis sentie vivante comme jamais je ne m’étais sentie vivante auparavant (ça fait très “cliché” mais c’est la vérité) et je me suis dit que c’était un signe et que c’était ça que j’étais censée faire. Je crois que c’est grâce au fait que j’ai été si mal au sein de cette entreprise que j’ai franchi le pas car honnêtement, je ne sais pas si j’aurais eu le courage si j’avais été dans une situation “plus confortable”. Mais au point où j’en étais, je n’avais rien à perdre et tout valait mieux que ma situation à ce moment-là. Pendant les six mois suivant ma décision je me suis remise à dessiner régulièrement, j’ai commencé à lire des livres sur l’illustration de livres jeunesse, et à me renseigner sur ce que j’allais avoir à faire pour me mettre à mon compte. Et quand la fin de l’année est arrivée, j’ai donné ma démission et je me suis lancée.

Un conseil à ceux qui souhaitent devenir freelance ?

Fais tes recherches, assure-toi d’avoir des économies ou un autre job à côté pour commencer, sois créatif quant aux moyens de gagner ta vie : il y a de fortes chances que tu te retrouves à faire plein de petits jobs un peu différents (par exemple, je travaille sur des projets pour des entreprises, je prends des commandes de particuliers, j’ai une boutique Etsy, etc.) car il n’y a pas de chèque qui tombe à la fin du mois. Entoure-toi des bonnes personnes, et par ça j’entends les personnes qui te soutiennent coûte que coûte et t’aident à te sentir bien. Et enfin, lance-toi ! N’attends pas que tout soit “prêt” parce que ça ne le sera jamais complètement. N’aies pas peur de faire des erreurs parce que tu vas faire des erreurs, invariablement ; mais tu vas aussi beaucoup apprendre ! Et le plus tôt tu te plantes, le plus près tu seras de réussir. Questionné sur le nombre d’échecs qu’il avait subi avant de parvenir à inventer l’ampoule électrique (apparemment un bon millier) Thomas Edison a répondu : “Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé un millier de façons qui ne fonctionnent pas.” Ca donne à réfléchir.

Ce qui tu aimes le plus et le moins dans ton métier de dessinatrice ?

Je vais commencer par ce que j’aime le moins.

Ce que j’aime le moins ce sont les montagnes russes émotionnelles. Je m’explique : par exemple parfois il y a tellement de travail que tu te demandes comment tu vas réussir à tout faire, et à l’inverse parfois c’est le calme plat et tu te demandes si tu vas jamais retrouver un client et s’il n’est pas temps que tu grandisses et ailles travailler dans un bureau comme tout le monde. Je dois aussi avouer que bien que j’adore mon métier l’incertitude, notamment en termes de rentrées d’argent peut être dur pour les nerfs parfois.

Ce que j’aime le plus dans mon métier en revanche c’est la liberté des horaires. Oui, il y a des fois où je dois travailler 14 heures par jours tous les jours y compris le week-end, mais ça n’arrive que dans des cas assez rares, et pouvoir choisir mes horaires en fonction de la quantité de travail, pour moi, c’est le luxe ! Aller à la salle de sport hors heures de pointe, au supermarché quand il n’est pas bondé, pouvoir prendre soin de moi quand je suis malade (ce qui arrive bien moins souvent soit dit en passant !), j’ai envie de dire “What else?”. Et puis comme je dessine principalement des trucs drôles je m’amuse bien et je rigole beaucoup.

Camille Medina illustrations

Le métier que tu rêvais d’exercer étant petite ?

Hahaha ! J’ai toujours été intéressée par plein de choses alors il n’y en avait pas qu’un ! Quelques exemples d’une longue liste dressée entre l’âge de 4 et 10 ans et formulés comme à l’époque (après il y en a eu d’autres mais tu as dit “étant petite” donc ça compte plus) : “policière”, “travailleuse McDo” (oui, quand j’avais 5 ans c’était cool ; un peu moins à 19 quand j’ai finalement réalisé “mon rêve” le temps d’un été), mécanicienne, maquilleuse-coiffeuse, artiste peintre (hey, on n’est pas loin !).

Le projet pro ou l’illustration dont tu es la plus fière à ce jour ?

Ce qui est marrant quand tu fais de l’illustration et que tu regardes en arrière c’est à quel point tout ce que tu as fait jusqu’à maintenant ou presque te semble embarrassant. Je sais que je suis ponctuellement fière d’illustrations, je me dis “Wouah, c’est le meilleur truc que j’ai jamais dessiné !” et je les revois quelques mois plus tard et j’en ai presque honte. Il y a quelques exceptions, bien sûr ; généralement dans mes carnets à dessins. Par exemple j’ai l’impression que 2017 a été un grand cru. Mais redemande-moi dans 2 ans et j’aurai peut-être une réponse différente.

Ce dont je suis très fière en ce moment en revanche c’est d’avoir travaillé avec la BBC deux fois en un an. Je suis aussi ravie de l’engagement que j’ai reçu sur mon compte Instagram pendant Inktober, un défi qui a lieu au mois d’octobre et qui consiste à créer un dessin à l’encre par jour pendant un mois. Et enfin, je suis absolument ravie d’avoir eu la chance de travailler sur une collaboration avec l’Allée du monde en janvier. Oups, tu avais dit “LE projet pro ou L’illustration”…

Si tu devais n’en choisir qu’un : quel conseil aurais-tu voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger ?

Honnêtement, aucun. Je suis partie vivre à l’étranger seule et presque tête baissée, je ne connaissais personne autour de moi qui l’avait fait, et je n’ai pas recherché plus de conseils que ça sur internet avant de partir parce que je voulais partir, point. J’étais dans l’inconnu quasi complet quand je suis arrivée : j’avais un stage en entreprise mais pas d’appart (j’ai logé chez celui qui est maintenant mon petit ami pendant environ deux semaines), la majorité de mes amis d’Erasmus, qui étaient des étudiants internationaux, n’était plus là, bref je n’avais aucune idée de ce que ma vie allait être mais je savais que j’étais juste heureuse d’être là. Et je suis pleinement ravie de mon expérience telle qu’elle l’a été et de mon apprentissage. Imagine, un conseil de plus et ma vie aurait peut-être été complètement différente ! Alors non, pas de conseil en plus pour moi, merci !

Des projets à venir ou des rêves, dont tu voudrais nous parler, même fous ou lointains ?

Cette année je prévois de développer ma boutique Etsy plus avant et j’aimerais également créer un nouveau zine.

Après, je rêve d’avoir ma propre ligne de produits, en particulier dans le domaine des fournitures de bureau / papeterie et papier cadeau (c’est un domaine que j’ai toujours adoré). J’aimerais également illustrer des livres humoristiques comme Random Illustrated Facts: A Collection of Curious, Weird, and Totally Not Boring Things to Know de Mike Lowery ou The Secret Diary of Tiddles,Aged 3¾ de Gemma Correll (deux de mes héros). Et enfin, j’aimerais faire de l’illustration presse.

Si tu devais être une devise ou un dicton, lequel choisirais-tu ?

En ce moment c’est une citation de Maître Shifu tirée du film d’animation Kung Fu Panda 3 : “If you only do what you can do, you will never be better than what you are”, ce qui en français donne plus ou moins : “Si tu ne fais que ce que tu sais faire, tu ne seras jamais plus que ce que tu es maintenant.”

Camille Medina Illustratrice

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Portugal Vivre à l'étranger

Visiter l’Algarve : 5 coups de coeur conseillés par des Portugais

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Algarve Portugal L'Allée du monde Gabrielle Narcy expatriation

J’ai vécu et travaillé presque deux ans au Portugal, et lorsque j’ai annoncé un matin à mes collègues que je partais voyager 9 jours à travers l’Algarve, cette belle région située dans le sud du Portugal, et que j’avais besoin de leurs conseils, je me suis retrouvée submergée d’itinéraires, d’endroits secrets à visiter et de bonnes adresses à faire pâlir les journalistes du Routard. Je n’ai malheureusement pas pu tout voir ni tout faire, faute de temps, mais je compile dans cet article mes 5 coups de coeurs, tous découverts grâce à mes amis portugais, qui ont su me guider à merveille. A noter : j’ai effectué ce voyage au début du mois de mars, ce qui signifie que j’ai découvert l’Algarve “hors saison”, ce que l’on m’a souvent conseillé ! Nul doute qu’il existe bien d’autres endroits à visiter dans cette magnifique région aux deux visages, les côtes sud et ouest étant très différentes. Suivez le guide, et ajoutez vos conseils en commentaires de cet article !

1. Odeceixe

Odeceixe Algarve Portugal L'Allée du monde Gabrielle Narcy expatriation blog

Odeceixe se trouve sur la côte ouest du pays, juste en dessous de l’Alentejo (une autre région du Portugal). Niché sur les falaises au bord de l’océan Atlantique, Odeceixe est un petit paradis au climat plus sauvage et rugueux que celui du sud de l’Algarve. J’ai eu un véritable coup de coeur pour ce village qui montre un visage de la région que je ne soupçonnais pas, celui d’un territoire aux allures de Bretagne ou de Cornouailles, avec un climat plus clément tout de même, mais où les vagues sont hautes et fortes, ce qui explique que cette partie du pays attire de nombreux surfeurs (c’est le cas de toute la côte ouest d’Odeceixe à Sagres, à la pointe du Portugal). J’y ai fait l’une des plus belles randonnées de ma vie, le long de la côte, en suivant les falaises, avec un océan magnifique à perte de vue.

2. Tavira

Tavira figurait en tête de liste des endroits recommandés par mes amis portugais… Comme je suis d’accord ! Petite ville historique vieille de plus de 3 000 ans, Tavira possède une très belle architecture gardant les traces de l’occupation maure qui y dura plusieurs siècles. La ville se trouve sur le bord de la rivière Gilão, qui se jette dans l’océan et s’ouvre sur l’île magnifique d’Ilha de Tavira, dont les plages sont parmi les plus belles que j’ai eu la chance de découvrir au Portugal ! J’ai adoré le marché couvert, le château, les jolis ponts qui traversent la rivière et tous les petits bistrots gastronomiques qui bordent l’eau, proposant des classiques de la gastronomie portugaise revisités.

3. Olhão

Je repense souvent à la promenade à vélo depuis Olhão jusqu’à la réserve naturelle de Ria Formosa nichée au bord de l’eau, un endroit magnifique qui sent bon le pin, le sable chaud, et qui abrite des centaines d’espèces d’oiseaux. Petit village de pêcheurs situé en face des îles de Culatra, d’Armona et de Coco, Olhão possède l’un des marchés couverts au poisson les plus réputés de la région. Le village renferme de nombreux petits restaurants délicieux, qui servent des tapas portugais ou du poisson grillé. La vue sur les toits d’Olhão que l’on peut admirer de la plupart des hôtels rappelle les paysages urbains du Maroc, avec ses toits plats et ses maisons blanchies à la chaux, et la balade en bateau dans les îles est superbe. A seulement 20 minutes en voiture de Faro, j’ai adoré !

4. Lagos

Lagos Algarve Portugal L'Allée du monde Gabrielle Narcy blog expatriation

Ah, Lagos et ses falaises rouges, son océan bleu azur et ses criques paradisiaques… Vous l’aurez compris, j’ai été séduite par cette ville située non loin de la pointe sud-ouest du Portugal, à proximité de Sagres et de ses surfers. Lagos est une grande ville historique, dans laquelle on peut aussi bien profiter des restaurants et des bars que des églises et musées à visiter, et aussi de la nature environnante. J’ai adoré faire du kayak sur l’océan en m’arrêtant dans de jolies criques, et j’ai encore plus aimé cette longue randonné de Lagos à la Praia da Luz en longeant la côte : 5h de bonheur et de vues à couper le souffle ! Il existe un petit train très joli et peu cher qui fait le trajet de Lagos à Faro en s’arrêtant dans de bien beaux villages.

5. Faro… hors saison

Ne vous laissez pas décourager d’aller visiter Faro parce que “c’est trop touristique”. Mes collègues portugais m’ont dit qu’il ne fallait pas que je passe à côté, ni que je fasse l’erreur que beaucoup de touristes font : penser que Faro étant la capitale de l’Algarve, cela signifie qu’elle n’a plus rien d’authentique. Le secret, selon eux, est de s’y rendre hors saison (comprenez n’importe quand, mais pas entre juin et septembre). Je n’ai pas regretté de les avoir écouté ! Faro est une ville historique, avec un centre-ville médiéval, des bâtiments colorés, une marina, de belles églises, et des musées. Sans compter une population étudiante importante, qui donne à la ville un sacré coup de jeune ! Faro est une excellente base pour explorer le reste de l’Algarve, car la ville est connectée au reste de la région par de nombreux trains et bus. Les superbes Ilha de Faro et Ilha da Barreta sont à deux pas, avec leurs plages magnifiques (mon coup de coeur personnel !). De plus, il existe un train direct Lisbonne-Faro, rapide et moderne, un bon plan si vous souhaitez faire un tour dans l’Algarve depuis la belle capitale portugaise.

Conseils pratiques

L’Algarve étant une région très prisée, et il est facile de s’y loger, quelque soit votre budget. Que vous aimiez votre petit confort ou plutôt les voyages en mode routard, peu importe : contrairement à sa réputation, il est possible d’explorer l’Algarve sans un très gros budget (c’était mon cas). Vous pouvez faire comme moi : j’ai réservé différents types de logements. Des sites comme Voyage Privé ont régulièrement des offres intéressantes sur des hôtels de luxe, Hostelworld propose plutôt des hôtels low-cost et des auberges de jeunesse, et CouchSurfing, que j’utilise depuis des années, vous permet de séjourner “chez l’habitant”, gratuitement (mais il faut vous inscrire sur le site avant de pouvoir trouver un logement !).

En ce qui concerne les transports, vous pouvez bien entendu sillonner la région en voiture, mais sachez que le réseau de bus et de train (testé personnellement) est extrêmement peu cher, fiable et très complet. J’ai par exemple pris un bus de Lisbonne à Odeceixe, puis un bus d’Odeceixe à Lagos, puis un train (avec de très belles vues !) de Lagos à Faro, et enfin un taxi de Faro à Olhao, avant de reprendre le train de Faro à Lisbonne (vous me suivez ?). Un périple, certes, mais qui m’a permis de rencontrer beaucoup de portugais très sympa, toujours heureux de m’en dire un peu plus sur leur région !


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Découvrez également mes récits de voyage, que j’écris depuis 7 ans, et qui évoquent tous les points mentionnés dans les différents articles présents sur l’Allée du monde.

Conseils généraux Vivre à l'étranger

7 difficultés auxquelles on ne s’attend pas quand on vit à l’étranger

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vivre à l'étranger

Vivre à l’étranger ? Oui s’il vous plaît ! Expatriée depuis presque une décennie, je ne regrette pas mon choix. Mais dire que la vie dans un autre pays n’est que bonheur et paillettes n’aurait pas de sens. Des frustrations surmontables liées au fait de ne pas réussir à se faire comprendre correctement lorsque l’on commence à vivre au quotidien dans une langue étrangère à des situations plus difficiles comme la peine que l’on cause parfois à nos proches en partant loin, j’ai vécu, et vis toujours, toutes sortes de moments délicats liés à l’expatriation. Il y a les difficultées matérielles que l’on anticipe, et pour lesquelles on tente de s’organiser le mieux possible (trouver un logement, ouvrir un compte en banque, faire des virements bancaires entre deux pays). Et puis il y a les autres, ces choses pas toujours faciles auxquelles on avait vaguement pensées – ou pas – et pour lesquelles il n’existe pas de recette miracle. J’espère que cela vous fera sentir moins seul(e) dans votre propre vie à l’étranger, ou vous aidera à vous préparer si vous vous apprêtez à partir !

Les gens qui nous manquent

Vous aviez bien anticipé que la famille et les amis proches vous manqueraient, mais la réalité de ce sentiment est parfois plus forte qu’on ne pensait, surtout pour ceux qui s’expatrient sur le long terme. Le fait de rater certaines occasions comme des anniversaires ou des naissances provoque souvent un pincement au coeur. Même quand vous rentrez chez vous, c’est la course aux visites, à essayer de voir tout le monde, et, immanquablement, l’impossibilité d’y parvenir. La vie à l’étranger, surtout si elle se prolonge, “écrème”, involontairement, votre cercle d’amis : vous restez naturellement proche des quelques amis qui vous rendent visite à l’étranger ou avec qui vous êtes en contact le plus souvent, simplement parce que maintenir un lien aussi fort avec chaque personne que vous connaissiez dans votre pays d’origine est impossible. Vous avez votre nouvelle vie à l’étranger, et des amis à y voir également. Un point positif tout de même : quand vous voyez vos proches restés en France, vous en profitez pleinement !

Faire de la peine à ses proches

L’un des points les plus difficiles à gérer selon moi, mis à part pour quelques petits chanceux qui arrivent à maîtriser la situation comme des pros ou dont la famille internationale a l’habitude de vivre éloignée les uns des autres : le sentiment de culpabilité et la difficulté à accepter la peine que vous faites à certaines personnes qui sont tristes de vous voir partir. Parfois, cela s’arrange avec le temps : après quelques années, certains parents ou amis ont accepté que vous ne rentrerez surement pas. Mais ce n’est pas toujours le cas. Je ne l’ai pas vécu moi-même puisque je ne suis pas maman, mais beaucoup d’internationaux rencontrés en cours de route m’ont confié qu’ils se sentaient coupables de priver leurs parents de leurs petits enfants, ou de ne pas être proches d’eux durant leurs vieux jours, bien qu’ils sachent qu’ils ne souhaitent pas rentrer en France. Chaque situation est différente, mais beaucoup d’expats doivent gérer la peine que leur départ cause à leurs proches, et cette peine ne diminue pas toujours avec le temps.

Etre entre deux cultures

Bien entendu, se trouver entre deux pays, deux cultures et deux langues est avant tout une belle expérience. Mais il s’agit également d’une chose qui peut s’avérer difficile. Pas mal de personnes ont l’impression d’être des étrangers dans leurs pays d’accueil, et plus complètement français non plus lorsqu’ils rentrent chez eux.  Aussi, plus inattendu mais bien réel, le problème qui consiste à perdre un peu de votre français, puisqu’il ne s’agit souvent plus de la langue que vous pratiquez exclusivement au quotidien : incapacité à trouver un mot au cours d’une discussion en français et ne trouver que l’équivalent en anglais (ou dans la langue que vous parlez tous les jours), difficulté à parler de votre travail en français puisque votre vie professionnelle se fait dans une autre langue, emploi d’anglicismes qui font sourire vos amis en France… Autant de petites situations qui montrent que vous flottez un peu entre deux mondes sans appartenir à aucun à 100%, pour le pire mais aussi pour le meilleur !

Organiser les retours en France

Rentrer en France voir sa famille est avant tout un plaisir, et souvent quelque chose dont on se réjouit plusieurs semaines à l’avance. Mais cela a aussi un coût : un “budget famille” conséquent (payer les billets d’avion ou de train pour rentrer chez vous plusieurs fois par an, les coûts et la régularité dépendant bien entendu de votre pays d’expatriation), et un nombre de jours de congés réduits car vous retournez en France pendant au moins la moitié de vos vacances annuelles. Vous ne changeriez vos vacances au pays pour rien au monde, mais cela laisse moins de place à d’autres types de vacances, pour découvrir de nouveaux endroits !

Le mal du pays

Le mal du pays peut prendre diverses formes, durer deux jours ou deux ans, ne provoquer qu’une brève sensation de douleur ou une vague de tristesse qui balaie tout sur son passage. Il repart parfois aussi vite qu’il était apparu, par exemple si vous êtes triste car vous venez de rater un évènement familial en France pour lequel vous n’avez pas pu vous déplacer. Mais il peut aussi vous frapper de manière plus longue et profonde, si vous n’aimez pas ou plus le pays dans lequel vous avez élu domicile, pour une raison ou pour une autre. Je suis peu sujette au mal du pays depuis mon départ de France, mais je l’ai ressenti trois fois en 7 ans : une fois après une rupture difficile loin de ma famille juste après mon arrivée dans un nouveau pays, une fois au Portugal quand je me suis heurtée à de gros problèmes administratifs sans bien parler la langue locale, et une troisième fois après le vote du Brexit en Angleterre et la vague des unes de journaux xénophobes qui a déferlée sur le pays. Des situations différentes les unes des autres que je n’avais pas anticipées, accompagnées d’une arrière pensée : “les choses seraient plus faciles pour moi en France”. Mais dans mon cas, ce sentiment ne fait jamais que passer.

Les difficultés liées à la langue

Les difficultés liées au fait de vivre dans une langue étrangère que l’on ne maîtrise pas encore bien sont variées. Au début de ma vie dans des pays anglophones, mon problème principal n’a pas été, à ma grande surprise, de ne pas avoir assez de vocabulaire pour me faire comprendre. Même si je ne connaissais pas souvent les bons mots, je pouvais toujours utiliser un dictionnaire ou me faire comprendre en m’y reprenant à plusieurs fois. Le plus difficile pour moi a été que mon niveau d’anglais médiocre m’empêchait d’être totalement moi-même et d’exprimer ma personnalité. Je n’avais pas la même assurance, ni la possibilité de faire de l’humour qui fait mouche, puisque mes blagues tombaient souvent à plat. Je souriais beaucoup pour “meubler” la conversation (à tel point que je me souviens en avoir eu des crampes aux joues !), et pour cette raison, beaucoup de personnes pensaient que j’étais timide, et certainement un peu simplette aussi. J’étais en fait incapable d’enchaîner deux phrases de manière consécutive pour avoir une discussion intéressante. Bien entendu, il y a également le problème de ne pas pouvoir suivre certaines conversations, surtout les discussions de groupes lors de dîners ou dans des bars, à cause du bruit et du fait de décrocher. Aussi, même après des années de pratique d’une langue étrangère que l’on parle au quotidien et dans laquelle on devient bilingue, vous croiserez toujours le chemin de certains natifs de votre pays d’accueil qui ne comprennent pas votre accent car ils n’ont pas l’habitude de parler à des étrangers.

–> Mon article “5 astuces pour apprendre une langue étrangère” se trouve ici !

Le sentiment d’être un étranger

Tout comme les autres points abordés dans cet article, le sentiment d’être un étranger peut couvrir toutes sortes de situations. Pas toujours négatives d’ailleurs, car il peut être sympathique d’être  “la française” au cours d’une soirée, à qui l’on pose des questions sur la culture ou les habitudes des habitants de l’hexagone. Mais ce sentiment peut aussi se décliner sous des formes moins plaisantes. Les commentaires xénophobes occasionnels, qui dans mon cas sont rares mais que j’ai bel et bien vécus, presque essentiellement depuis le vote du Brexit, et qui a été l’occasion pour moi de me frotter en Angleterre à plusieurs “plaisanteries” bien corsées : “Tu es française ? Tu vas te faire expulser de mon pays bientôt alors ?” (c’est tellement drôle ! Kill me now). Il y a aussi les quelques faux pas que l’on commet irrémédiablement dans une nouvelle culture, puisqu’on ne sait pas comment les choses fonctionnent. Je me souviens du regard choqué du premier médecin généraliste que j’ai vu à Londres il y a 6 ans : j’ai sorti ma carte bancaire pour régler la consultation, alors que celles de la NHS, l’organisme de santé national britannique, sont gratuites. On apprend vite !


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Angleterre Vivre à l'étranger

14 erreurs que j’ai faites en arrivant en Angleterre

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Vivre en Angleterre

Partir vivre dans un nouveau pays passe immanquablement par le fait de décoder une nouvelle culture, et de commettre quelques faux pas ! Même lorsque le pays en question ne se trouve que de l’autre côté de la Manche, pas si loin de l’endroit où j’ai grandi. J’ai quitté la France pour l’Angleterre (Londres à l’époque) il y a maintenant 6 ans, mais c’est avec plaisir et, je l’espère, humour, que j’ai repensé à toutes les petites erreurs commises dans les premiers mois qui ont suivi mon arrivée sur le sol britannique. Qu’il s’agisse de la culture du pub, des sports populaires, de l’identité culturelle du pays ou des habitudes culinaires et vestimentaires, voici une liste des bourdes qui ont rythmé ma vie chez les Anglais. J’en oublie ? J’aimerais beaucoup savoir si vous vous retrouvez dans cette liste, ou si vous en ajouteriez d’autres. Keep in touch par le biais des commentaires en bas d’article, et bonne lecture !

1. Ne pas savoir comment saluer les gens

Lors de mon arrivée en Angleterre, fraîchement débarquée de France, j’avais encore le réflexe d’essayer de faire la bise à tout le monde pour dire bonjour. Je savais bien qu’elle ne faisait pas partie des moeurs du pays, mais je ne me rendais pas compte à quel point elle pouvait mettre les britanniques mal à l’aise. Très rapidement, je n’ai plus trop sû comment saluer les gens, car les étrangers ont beau se moquer de la bise, elle simplifie quand même pas mal les choses (malgré l’existence, il est vrai, de variantes régionales en France). En Angleterre, on peut saluer en serrant la main même à un dîner entre amis, en donnant un “hug”, en faisant un genre de demie bise (sur une joue, ou parfois deux, mais seulement aux personnes dont on est proche), ou en ne faisant rien du tout, les bras ballants. Une anglaise m’a confié récemment qu’elle ne savait pas comment saluer les gens dans son propre pays, car les codes ne sont pas clairs, même entre britanniques. Awkward!

2. Ne pas payer de tournée au pub

A mes débuts à Londres, lorsque je sortais au pub avec des amis ou des collègues, je payais mes verres “à la française”, c’est à dire seulement le miens. Je n’avais pas compris que les verres se payent par tournée, et que chacun doit en payer une régulièrement. L’importance de la chose m’a été révélée le jour où j’ai entendu dire d’un ami d’ami, avec un froncement de sourcil du groupe, qu’il s’arrangeait toujours pour ne pas payer de tournée. En gros, ne jamais offrir de tournée en Angleterre équivaut à “boire à l’oeil”, et est de mauvais goût. Cela peut revenir cher, mais c’est la coutume : ignorez la à vos risques et périls ! La seule exception : ceux qui ne boivent pas d’alcool peuvent à peu près passer au travers des mailles du filet, puisqu’ils sont perçus comme n’étant pas obligés de payer des bières à tout le monde s’ils ne commandent qu’un Coca (qui vaut en fait le même prix qu’une pinte en Angleterre, à peu de choses près).

3. Oublier que le cricket est un vrai sport

Avant mon arrivée chez les Anglais, je confondais vaguement croquet et cricket, et même si j’avais conscience que le second existait pour de vrai, je ne me rendais absolument pas compte qu’il s’agissait d’un sport suivi par des millions de personnes à travers plusieurs pays (surtout ceux du Commonwealth), avec des ligues, des championnats, des stars, des heures interminables de diffusion à la télévision (un match de cricket peut durer jusqu’à 5 jours, à raison de 8 heures de jeu par jour. Oui, vous avez bien lu), et des discussions enflammées au pub par des fans très investis.

4. Appeler la totalité du pays “l’Angleterre”

Comme tout le monde, j’ai appris à l’école que le Royaume-Uni était composé de 4 nations (Angleterre, Ecosse, Pays de Galles, Irlande du Nord). Mais je n’avais pas compris à quel point elles pouvaient être différentes les unes des autres par leurs accents, leurs identités culturelles, et qu’elles ne sont pas interchangeables au sein d’une discussion. J’employais parfois indifféremment le mot “Angleterre” pour désigner le Royaume-Uni, alors que l’Angleterre ne désigne que cette petite partie sud du pays, qui possède sa propre existence juridique, séparée des 3 autres nations. Beaucoup de britanniques m’ont repris, en m’expliquant gentiment que je ne pouvais pas non plus dire d’une personne qu’elle était “English” si elle était en fait “Welsh” (Galloise), et que ces 4 nations représentaient presque 4 pays indépendants, mais avec un sentiment d’identité global sous-jacent tout de même. Vous remarquerez que j’emploie les deux termes d’Angleterre et de Royaume-Uni dans cet article, mais c’est parce que techniquement, je n’ai jamais vécu qu’en Angleterre au sein du Royaume-Uni. Je ne suis donc pas en faute !

5. Monter dans le bus par la porte du milieu

En Angleterre, la règle est stricte : on monte dans le bus par la porte de devant, celle où se trouve le chauffeur, on descend par la porte du milieu, mais on ne monte jamais par cette dernière ! La seule exception étant les fauteuils roulants et les poussettes, après avoir prévenu le chauffeur. J’ai provoqué quelques petits esclandres en montant par la porte du milieu à mon arrivée en Angleterre, en toute bonne foi, en me demandant pourquoi tout le monde attendait bêtement en faisant la queue… j’ai vite compris.

6. Ne pas comprendre les “dates”

Cela ne s’applique qu’à ceux qui ont eu le plaisir d’être célibataires au Royaume-Uni, ou dans d’autres pays anglophones : réussir à établir sa vie amoureuse en suivant les règles des autochtones peut laisser, au début, légèrement perplexe. Le système des “dates”, plus particulièrement, a été difficile pour moi à comprendre, parce qu’elles sont, au Royaume-Uni, de véritables institutions. On y “date” à tout va, avec pas mal de règles, dont, pêle-mêle : se faire (très) belle pour le rencard, laisser l’homme payer (si il est Anglais cela finit souvent comme ça, mais bien sûr vous pouvez offrir de partager l’addition), accepter le “date” avant même de savoir si la personne vous plaît, et accepter le fait qu’on peut aller en “date” avec quelqu’un sans jamais avoir de nouvelle une fois le rendez-vous terminé, après avoir passé toute une soirée et parfois un ciné en plus à faire la conversation avec quelqu’un. Les “dates” sont un genre de premier entretien d’embauche avant même d’avoir regardé le CV de la personne qui postule. On décide en cours de dîner si la personne aura droit à une deuxième entrevue, et si ce n’est pas le cas, on peut prendre la liberté de disparaître en catimini. La jungle sentimentale !

7. Confondre fries, chips et crisps

Un classique, et c’est encore pire si vous avez vécu dans d’autres pays anglophones qui emploient tous ces mots différemment au sein de la langue anglaise. Au Royaume-Uni, les fries désignent les frites fines “à la française”, les chips les grosses frites épaisses à l’anglaise souvent servies par défaut au pub (mais qui sont différentes des potatoe wedges, attention), et les crisps sont des chips. Par contre, aux Etats-Unis, les chips sont des chips, comme en France, et non des chips à l’anglaise (frites épaisses). Vous êtes perdu ? C’est normal. C’est un terrain miné, alors faites attention où vous mettez les pieds quand vous commandez au restaurant : consultez mon petit lexique du débutant !

8. Vouloir dîner avant la soirée au pub

Erreur typique du Frenchy qui débarque : proposer de retrouver les collègues au pub vers 20h, après avoir dîné. Vous chamboulez les règles du jeu, qui sont très claires : on commence à boire très tôt  directement à la sortie du bureau, le vendredi soir parfois à 17h, et on dîne quand la faim nous dévore les entrailles, en général un peu éméché vers 20h30 ou 21h, dans les scénarios les plus civilisés. Dans les cas de figure plus extrêmes, on dîne au milieu de la nuit dans son kebab de quartier. Un côté positif cependant : commencer avec un apéro prolongé à 17h ou 18h signifie souvent que la soirée ne se termine pas trop tard, ce qui peut aussi être agréable pour profiter, par exemple, de son weekend.

9. Croire que la famille royale n’est pas importante

En bonne républicaine, je pensais réellement que la famille royale n’était ni populaire, ni ne faisait l’unanimité, et que les britanniques devaient globalement souhaiter passer d’une monarchie à une république. Bien entendu, la famille royale a connu quelques déboires à l’époque de Lady Di, ou face à d’autres décisions impopulaires et trop conservatrices pour son époque (qui d’autre a regardé “The Crown” ?), mais je n’ai rencontré, à ce jour, que deux Anglais dans mon cercle direct qui m’ont dit ouvertement qu’ils étaient républicains et qu’ils pensaient que la monarchie était un symbole désuet et injuste. Beaucoup de personnes, pas forcément zélées, m’ont dit que le principe d’une monarchie ne les dérangeait pas, et qu’ils préféraient que la famille royale continue à exister. Même chez les jeunes. Je ne dirais pas que cela me dérange énormément, j’ai appris à écouter les Anglais qui m’expliquent que pour eux, c’est aussi un gage de stabilité politique (bien que la famille royale n’ait aucun rôle ni pouvoir politique officiel), mais j’ai été réellement surprise de ne pas trouver plus de résistance à la monarchie. Je me dis cependant que les écossais, les irlandais ou les gallois sont peut-être moins attachés à la famille royale, mais que comme j’en côtoie moins, je ne me rends pas compte ? La question est ouverte, pour ceux qui souhaitent enrichir le débat.

10. Penser que je savais ce que cela voulait dire de s’habiller chic

Avant d’arriver au Royaume-Uni, je pensais que les françaises savaient se faire chic pour les soirées, mariages et autres évènements importants. C’était avant de me rendre aux Christmas Parties de mon entreprise, à des mariages ou à toute autre soirée officielle au Royaume-Uni. Qu’il s’agisse des faux cils, faux ongles, robes flamboyantes (et parfois extrêmement courtes), talons vertigineux, mises en pli et peaux bronzées en plein mois de décembre, ou bien des chapeaux impressionnants portés par ces dames plus âgées lors d’un mariage (on ne se peut d’être chic sans chapeau en Angleterre), les Anglaises prennent leur look de soirées très au sérieux. Cela implique, pour les plus jeunes, des heures de préparation (une collègue m’a dit se préparer pendant 3 heures pour la fête de Noël annuelle de mon entreprise de l’époque), et pour les femmes plus âgées, un couvre-chef. Toutes les Anglaises ne sont pas aussi coquettes, mais dans l’ensemble, elles mettent les petits plats dans les grands lorsqu’il s’agit de s’habiller pour sortir.

11. Penser que Londres, c’est l’Angleterre

Je plaide coupable ! Maintenant que je vis en dehors de Londres, je me rends bien compte de la différence. Londres est la ville la plus peuplée d’Europe, ce qui implique forcément qu’elle soit plus diverse, culturelle, ouverte ou avant-gardiste que les autres grandes et moyennes villes du pays. A Londres, on a l’habitude de côtoyer des gens venus du monde entier, les entreprises sont remplis d’employés venus des 5 continents, chacuns avec leur accent différent. Ce qui est moins, voire beaucoup moins, marqué dans des villes plus petites et moins internationales (à l’exception bien sûr de certaines autres villes telles qu’Oxford, Cambridge ou Edimbourg, par exemple). Il y a aussi les traits londoniens auxquels on s’habitue lorsqu’on y vit, et qui ne nous manquent pas lorsqu’on quitte Londres pour une ville de province : des loyers moins chers, une vie moins stressante comprenant moins voire pas de transports en commun, et parfois même la possibilité de marcher presque partout, même pour aller au travail.

12. Envoyer des emails très formels

Lorsque j’ai commencé à travailler en Angleterre, j’écrivais mes emails “à la française”, c’est à dire en respectant le protocole formel de salutation en utilisant les “Bonjour Mme Dupont” et “Bonjour M. Durand”. Mis à part quelques exceptions dans des situations très formelles ou officielles, tout le monde s’appelle par son prénom dans les emails, même s’il s’agit par exemple d’un client que vous n’avez jamais rencontré, ou du premier contact avec votre agent immobilier. Les formules de fin de lettre ou d’email sont aussi moins pompeuses : pas de “Je vous pris d’agréer bla bla bla…”, mais plutôt “Kind regards” ou l’une de ses variations en un seul mot.

13. Penser qu’un pub est un pub

Dis moi quelle est ta personnalité, et je te dirais dans quel type de pub tu dois te rendre. Attention, un pub n’est jamais juste un pub au Royaume-Uni, choisissez bien le type qui vous correspond ! Les gastro pubs par exemple, sont de plus en plus courants : ils sont souvent plus raffinés, avec un chef qui propose un menu étudié avec soin, cuisiné à partir de produits frais et de saison, parfois même bio, avec une déco et une ambiance assez chic. C’est le type de pub où vous emmenez vos parents lorsqu’ils vous rendent visite. Il y a les sports pubs, du type Wetherspoons (une chaîne), qui sont très peu chers, et réunissent les Anglais fans de foot et de bière bon marché, avec des matchs diffusés en fond sonore. Il y a aussi les pubs de quartier, à l’ambiance familiale, qui se trouvent un peu entre les deux types de pubs cités juste avant, et bien sûr le pub traditionnel, très vieux et possédant des tables en bois massif, d’immenses miroirs dorés au dessus du bar et des dorures un peu partout, avec des reproductions de peintures du 18ème ou 19ème siècle, souvent d’un amiral ayant vaincu les troupes françaises dans une bataille à un moment ou à un autre. Le choix des boissons est aussi un critère important : certains pubs sont connus pour leur vaste choix de bières artisanales, d’autres pour posséder également une belle carte des vins ou de cocktails.

14. Ne pas savoir quitter le pub au bon moment

Cela s’applique surtout aux soirées entre collègues, très courantes au Royaume-Uni : il y a toujours un moment, en général à partir de 22h ou 23h, où les quelques (trop) bons vivants du groupe dépassent le seuil d’alcoolémie qui les fait passer du côté obscur, ce qui entraîne un changement soudain de l’ambiance de la soirée. Entre ceux qui s’endorment simplement la tête sur la table, ceux qui deviennent bruyants et un peu lourds, et ceux qui tentent leur chance avec tout ce qui bouge, j’aime en général partir juste après la troisième tournée pour éviter des situations un peu gênantes avec des collègues qu’on devra saluer dans la cuisine le lundi matin !


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Conseils généraux Vivre à l'étranger

13 choses étranges que les expats font

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expat, Gabrielle Narcy, l'allée du monde

Les expats sont des créatures curieuses et sympathiques, mais étranges. Demandez à vos proches restés en France, ou à vos amis étrangers rencontrés dans votre pays d’accueil : il n’est pas toujours facile de vous cerner ! Entre les habitudes françaises que vous conservez à l’étranger, les habitudes étrangères que vous ramenez dans votre valise à chaque passage en France, et le melting pot d’habitudes qui constituent votre quotidien là où vous avez posé vos valises, vous êtes certainement le reflet de votre vie à l’étranger : riche, mais parfois étrange à observer ! Après plusieurs années de vie expat, j’ai dressé la liste des petites manies qui rythment ma vie de française à l’étranger. Et vous, vous en avez aussi, des petites habitudes étranges ?


Ils parlent bizarrement

Les expats cherchent leurs mots dans toutes les langues qu’ils parlent. Tantôt dans leur Français natal (“je ne sais plus comment on dit ça en Français”), tantôt frustré de ne se souvenir que de l’expression française en plein milieu d’une discussion dans une langue étrangère qu’ils parlent pourtant tous les jours (“comment tu dirais ça en Anglais déjà ?”), l’art de la conversation peut parfois s’avérer compliqué.
Il arrive même qu’ils inventent simplement un mot ou une expression, en faisant une traduction littérale d’une langue à l’autre, ou en s’emmêlant les pinceaux avec les faux-amis, qu’ils connaissent pourtant en théorie, ce qui n’empêche malheureusement pas leur langue de fourcher. Ils ont parfois un accent un peu étrange en Français (mes amis de France me certifient que je ne parle plus “comme avant”), après des années à pratiquer une autre langue dans la vie de tous les jours, mais ne perdront sans doute jamais non plus totalement leur accent étranger aux oreilles des gens du pays où ils vivent.
Lorsqu’ils parlent à un autre expat Français, les choses sont plus simples, car ils se comprennent en faisant leur petite cuisine linguistique : ils changent parfois de langue en pleine phrase, ou placent des mots d’une autre langue en pleine conversation en français.
Ces choses là peuvent également varier en fonction du sujet : beaucoup d’expats vous diront qu’ils ne savent pas parler de leur travail en Français (ou envoyer des emails professionnels), puisque leur carrière s’est faite presque exclusivement dans un autre pays, et une autre langue.
Bref, l’expat a quelques problèmes d’élocution !

 

Ils ont une double personnalité

Phénomène souvent lié à la langue, les expats n’ont pas la même personnalité en fonction de celle qu’ils utilisent. Il est prouvé que les personnes qui parlent différentes langues possèdent différentes personnalités, et également que l’utilisation du langage ne se fait pas de la même manière dans différentes langues parlées par la même personne. Par exemple, les gros mots / insultes ont moins d’impact lorsqu’on les dit dans une langue étrangère que dans sa langue natale. Et qui n’a pas ressenti cette frustration au début de l’apprentissage d’une langue de ne pas pouvoir complètement être soi-même, ou de donner l’impression d’être timide ou de ne pas avoir le sens de l’humour dans une langue étrangère ? Cela a certainement été mon cas, au début de mon apprentissage de l’Anglais : je passais mon temps à sourire gentiment pour camoufler le fait que je ne comprenais que la moitié de ce qui se passait autour de moi ! Et je ne parle pas de mes tentatives ratées de raconter une histoire drôle, en bafouillant et en cherchant mes mots, sans compter que les choses qui font rire dans un pays ne le font pas forcément dans un autre. L’humour est quelque chose de terriblement culturel, et une blague (ou le ton de la blague) qui fera rire un Français ne fera sans doute pas rire un Anglais ou un Allemand. A l’inverse, l’expat se sent parfois plus confiant dans une langue étrangère que dans sa langue natale dans certains domaines de sa vie : travail, relations amoureuses, éducation des enfants ou autre !

 

Ils postent des photos de leur shopping/repas français

On voit régulièrement sur les réseaux sociaux de l’expat des photos du shopping ramené de France après son séjour, ou des victuailles apportées par leur famille lorsqu’elle leur rend visite (“Visite de la famille : saucisson, Petits Beurres et Apéricubes… #FrenchFood #IloveFrance #MerciMaman !”). Ses amis en France cliquent gentiment sur “J’aime”, en se demandant pourquoi il poste une photo d’une pile d’éponges Spontex tous les 6 mois. Ils sont bizarres, ces expats ! Autre spécialité : la première photo postée par un expat de retour en France pour des vacances est souvent en rapport à la nourriture. Premier “vrai” pain au chocolat depuis Noël ou bonne menthe à l’eau Teisseire pendant les vacances d’été : l’expat est plus excité par ses premières moules frites depuis un an lorsqu’il rentre en France que par les spécialités culinaires qu’ils découvrent lors de ses vacances en Thaïlande. L’effet “madeleine de Proust”, sans doute !

 

Ils commettent quelques faux-pas

Et ces faux-pas les rendent parfois assez drôles à côtoyer. On s’habitue rapidement aux normes culturelles de son pays d’accueil, mais non sans commettre quelques erreurs durant les premiers mois de vie dans un nouveau pays. Un exemple précis : les Anglais sont très informels par email. Je me suis donc habituée, travaillant dans une entreprise anglaise, à suivre ce mode de communication assez chaleureux. Mais lorsque j’ai recommencé à communiquer avec des Français dans le cadre d’un nouveau poste, j’ai vite compris mon erreur. J’étais trop familière avec des inconnus par email (en les appelant par leur prénom, comme au Royaume-Uni), et on ne s’est pas gêné pour me remettre à ma place. Oups ! Mais j’ai remarqué que ce problème existe également lorsque l’on rentre en France : il faut parfois un ou deux jours pour se réadapter à la manière dont on y fait les choses. Je salue régulièrement les commerçants Français en Anglais lors de mon premier jour de retour en France, la honte totale lorsqu’ils comprennent tout de suite que je suis française, et que j’ai simplement parlé dans la mauvaise langue…

 

Ils ne savent pas comment dire bonjour

Doit-on faire la bise, faire un hug, serrer la main, ou simplement faire un petit “Hello !” gêné de loin ? En parlant des normes culturelles parfois difficiles à respecter, saluer figure définitivement en tête de liste. Pas de problème lorsque vous rentrez en France, là, c’est facile : vous faites la bise à tout le monde (ce qui peut vous sembler un peu étrange aussi après quelques années passées dans des contrées moins tactiles envers les inconnus !). Mais rendez-vous à une soirée pleine de gens de différentes nationalités et les ennuis commencent : entre les Italiens, les Grecs ou les Portugais qui embrassent tout le monde à tout bout de champs (même au début d’un entretien d’embauche, c’est du vécu !), les Anglais et les Allemands qui sont allergiques à la bise et les Français qui restent les bras ballants sans savoir quoi faire du tout, on ne s’en sort plus !

 

Ils sont lunatiques

En fonction de la conversation et du sujet, l’expat fait la girouette : un coup défendant son pays d’accueil, un autre son pays d’origine, on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Si vous avez le malheur de critiquer le pays dans lequel il a élu domicile, gare à vous (“Mais pas du tout, la cuisine anglaise est beaucoup plus raffinée qu’on ne pense ! Inculte !”). Mais si on critique la France devant lui/elle, cela a le chic de l’agacer également (“Non, les français ne sont pas tous des grincheux arrogants”). Cela marche aussi si quelque chose le contrarie dans son pays d’accueil (“En France, j’aurais pu voir un vrai médecin bien plus rapidement !”). Loin de vous l’idée de vous comporter comme une diva : vous souhaitez avoir la primeur des éloges ou des critiques de tous les pays avec lesquels vous possédez un lien, et avec lesquels vous entretenez une relation passionnelle.

 

Ils font courir leur famille à la Poste

Même si l’expat ne manque pas de remplir une demie valise de produits français à chaque passage en France, et connait par coeur le nom des sites qui livrent ces produits dans son pays de résidence, cela ne l’empêche pas d’avoir également recours à des envois complémentaires. Par le biais de sa famille ou de ses amis, bien entendu, qui courent à la Poste pour lui envoyer des produits français essentiels (des éponges).

 

Ils se moquent de tout le monde

Gentiment, mais au final, tout le monde en prend pour son grade : les locaux de son pays d’accueil (“Quoi ? Tu manges de la Marmite au petit déjeuner ? Pouah !”), aussi bien que les Français, lorsque l’expat rentre à la maison (“C’est tellement français ce que tu fais ! Personne ne trempe sa tartine dans son café en Angleterre”). Il n’y peut rien : l’expat est simplement légèrement agaçant, mais il se soigne !

 

Ils ne sont jamais là

Que ce soit dans le pays où ils vivent ou dans leur pays d’origine, les expats ne sont jamais là. Ils sont en vadrouille un peu plus que la moyenne : soit ils sont occupés à recevoir de la famille qui leur rend visite depuis la France (et à faire le guide touristique, en fonction de l’endroit où ils vivent !), soit ils utilisent une bonne partie de leurs vacances annuelles pour rentrer au pays, voir leur famille et leurs amis. Et quand ce n’est ni l’un ni l’autre, ils ont souvent le virus du voyage, et ne manquent pas une occasion de pouvoir partir se balader loin de chez eux. Bref, l’expat est souvent au milieu des préparatifs de son prochain séjour à l’étranger, ou de la venue de sa famille ou d’amis en visite. Vous voulez prévoir de sortir boire un verre avec un expat ? Attendez, il regarde son agenda. Il est disponible dans 6 semaines !

 

Ils ont une caverne d’Ali-Baba

Et que trouve t-on, lorsque l’on pousse la porte de cette caverne aux merveilles (qui prend souvent la forme d’une penderie, d’un placard ou d’une étagère) ? Des stocks de produits français en tout genre. Compotes, savon, éponges, moutarde, biscuits, dentifrice… Tel un écureuil avec ses noisettes, l’expat possède ses petites réserves de produits français qu’il rationne tout au long de l’année, entre deux passages en France (ou entre deux colis envoyés par ses proches, comme évoqué plus haut).

 

Ils ont une relation étrange avec les autres Français

Certains les fuient (“Tous des cons !”), ce que je trouve d’ailleurs assez typique des Français. Je ne jette pas la pierre, je suis passée par cette phase à mon arrivée au Royaume-Uni, car je voulais absolument améliorer mon Anglais. Mais j’ai cru remarquer que d’autres nationalités éprouvent plus de plaisir à se parler et à faire causette avec des personnes du même pays lorsqu’elles se croisent en voyage ou entre expats. Mettez deux Italiens ou deux Portugais dans une même pièce avec 150 autres personnes du monde entier : ils s’attireront comme des aimants et deviendront amis en quelques minutes. Faites la même expérience avec deux Français : il est plus probable qu’ils se regardent en chiens de faïence, de loin, sans vraiment se parler. Une partie des Français expats évitent donc les autres Français, mais vous croiserez toujours l’exception qui confirme la règle : certains expats sautent littéralement sur toute personne francophone pour qu’il/qu’elle devienne son meilleur ami, ravie de pouvoir parler dans sa langue maternelle, se voir tous les jours ou de se retrouver pour cuisiner des quiches lorraines ensemble. Difficile de savoir à qui vous avez affaire lorsque vous croisez d’autres Français à l’étranger, mais quoi qu’il en soit, il est fort probable que l’expat français que vous venez de rencontrer tombe dans l’une de ces deux catégories !

 

Ils essayent tous les restos français de leur quartier / ville

Et ne sont (presque) jamais satisfaits. C’est la règle d’or de l’expat ! Il commente à voix haute qu’il s’agit manifestement d’une pâle copie d’une spécialité française. Ma furie le jour où la chaîne “Pâtisserie Valérie”, en Angleterre, m’a vendu un éclair au chocolat fourré à la vanille ! No comment.

 

Ils ont des habitudes exotiques ramenées de leurs différents pays

Idée totalement inspirée d’un dessin de Clémentine Latron, qui parle de la manière dont les Français initient leurs proches à des habitudes rapportées de leur pays d’accueil en France lorsqu’ils rentrent voir leur famille. Par exemple, le fait de dîner à 17h30, tout à fait acceptable en Angleterre. Ceci étant dit, soyons positifs : l’expat ramène également des habitudes qui font le bonheur des autres. Mes parents ne pourraient plus passer un été sans Pimm’s, boisson que je leur ai fait découvrir en Angleterre, et qu’ils boivent maintenant en France ! Aussi, lorsqu’un expat a vécu dans plusieurs pays différents, il finit par piocher les choses qu’il préfère dans chacun d’entre eux : les crackers en Suède, l’huile d’olive au Portugal, les biscuits en Italie ou le thé en Angleterre. L’expat aime faire son petit shopping international lorsqu’ils se rend dans les pays où il a vécu dans le passé.


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Conseils généraux Vivre à l'étranger

[Chronique expat] Mal du pays et rapport à la France : cette chose qui évolue au fil de ma vie d’expat

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Une chronique qui cette semaine se penche sur une question cruciale de la vie à l’étranger, et ce quel que soit son parcours ou son ressenti sur la question : celui du mal du pays et du rapport que l’on entretien avec les autres francophones expatriés, que l’on recherche leur contact, qu’on les évite, ou que l’on s’en fiche comme de l’an 40. Une question qui évolue au fil du temps, du moins pour moi.

Un steak-frites, s’il vous plaît !

Vendredi dernier, je suis allée dîner au restaurant avec mon amie Laure, angevine de naissance, elle aussi française expatriée au Royaume-Uni. Nous sommes allées dans un restaurant français de Leicester – Bistrot Pierre, vive les clichés ! – pour manger un steak-frites et boire un petit verre de rouge entre copines. Nous sommes restées plus de 5 heures à papoter. Nous avions réservé une table à 18h30 pour profiter du menu “early diner” (je sais ce que vous pensez… So British, dîner avant 19h ! ), et avons été les dernières clientes à quitter le restaurant, juste avant minuit. Laure et moi ne pouvions plus nous lâcher, deux françaises indéboulonnables que nous étions, à discuter de la vie, de notre travail, de notre vie d’expat, de la France, et du fait que, de plus en plus, nous recherchons le contact d’autres francophones.

Ce dîner avec Laure est venu clôturer une semaine très tricolore pour moi, puisque le mardi, je passais l’après-midi à travailler avec Camille, une illustratrice très talentueuse, expatriée française en Angleterre elle aussi (vous allez en entendre parler à nouveau, car nous vous concoctons ensemble un joli projet pour l’Allée du monde !). Le mardi soir, je passais la soirée autour d’un apéro dinatoire chez moi avec une collègue française de mon mari, qui, pour mon plus grand plaisir, est arrivée avec un grosse boîte variété de thés Lipton, rapportée de France la veille. Le jeudi, j’ai pris le train jusqu’à Birmingham pour discuter avec Cristina d’Expat Heroes (à surveiller également, elle m’a interviewée il y a quelques semaines dans le cadre de ses podcasts expats, et nous nous verrions bien travailler ensemble à nouveau), une autre expat française de talent expatriée dans mon coin d’Angleterre. La semaine dernière, je me suis donc volontairement jetée dans un tourbillon français, et en repensant à la Gabrielle d’il y a 7 ans, qui discutait avec Laure de ses vues sur le fait de fréquenter d’autres Français, je ne peux pas m’empêcher de remarquer un contraste pour le moins… saisissant. Une discussion très intéressante à avoir avec Laure en particulier, puisqu’au moment de notre rencontre, je lui tenais le discours exactement inverse sur mon rapport à la France, aux autres Français et au mal du pays.

Jeunes années expats

Je me souviens très bien de la première fois que j’ai rencontré Laure à Londres, au moment où je m’installais au Royaume-Uni et commençais mon premier poste dans le marketing. Laure rentrait tout juste de lune de miel. Elle avait une bonne longueur d’avance sur moi dans sa vie en Grande-Bretagne, puisqu’elle venait de se marier avec un Anglais, 6 ans après être arrivée en Angleterre pour ses études. J’étais quant à moi fraîchement débarquée de France, et entamait ma première vraie expatriation sur le long terme. Ma seule vraie expérience de vie à l’étranger se résumait jusqu’alors à des voyages effectués à travers l’Europe ou au Canada pendant les vacances universitaires, et deux séjours de quelques mois aux Etats-Unis. Cette fois-ci, je posais mes valises pour de bon à Londres, et Laure y a été ma première amie française.

Je me souviens clairement d’une discussion que nous avons eu pendant l’une de nos premières pauses-déjeuner, attablées dans la cuisine de notre entreprise. Laure, toujours à l’écoute et ouverte, m’avait demandé combien de temps je comptais rester à Londres, et si je pensais rentrer en France un jour. Je me souviens clairement de ma réponse : “Je ne sais pas encore combien de temps je resterai au Royaume-Uni, mais je sais que je ne rentrerai jamais en France”. Laure m’expliqua alors que la France lui manquait souvent, et que même si elle comptait bien faire sa vie ici, au Royaume-Uni, côtoyer davantage de Français lui ferait plaisir. Je me souviens du sentiment d’étonnement que j’ai ressenti, répondant du tac au tac que je fuyais plutôt les autres Français, et que j’étais là pour m’intégrer, et améliorer mon niveau d’anglais. Ce dont je me souviens en fait le plus concernant cette discussion, c’est de la conviction profonde que de ne pas vouloir côtoyer d’autres francophones était la bonne chose à faire pour tout expat qui se respecte, et, je dois l’avouer, que j’éprouvais une pointe de supériorité. Aujourd’hui, 7 ans après cette discussion, je comprends que pour certains, comme moi, le rapport au mal du pays et à la France est une chose qui évolue, avec l’âge et avec le temps. Comme Laure, je n’ai pas pour projet de retourner en France, mais nous sommes maintenant sur la même longueur d’onde concernant un autre aspect : celui des expats qui sont ravies à chaque fois qu’elles croisent un francophone dans leur pays d’accueil, et qui complotent autours de leur steak-frites sur le meilleur moyen de créer le groupe Facebook des Français de Là-Où-Nous-Vivons. Pour preuve, la discussion de 15 minutes que nous avons eu ce soir là au restaurant avec Audrey, la serveuse française du Bistrot Pierre, débarquée de Troyes il y a 20 ans. Nous avons papoté avec Audrey toutes les trois, comme si nous étions de vieilles copines, simplement parce qu’elle était française aussi.

Retour aux sources

Je ne dis pas que toute personne qui vit à l’étranger ressent cette envie, à un tournant de sa vie expat, de côtoyer d’autres francophones. Chacun est différent. Aussi, Laure et moi avons toutes les deux des amis non francophones dans nos vies à l’étranger. Ce n’est pas que nous refusions activement de nous lier d’amitié avec des non français, c’est simplement que souvent, les rapport me semblent un peu plus profonds avec des gens qui parlent ma langue maternelle. Je pense aussi que Laure et moi éprouvons ce sentiment de manière un peu plus exacerbé parce que nous vivons en dehors de Londres (oui, le hasard a voulu que nous déménagions toutes les deux à Leicester à deux ans d’intervalle. Je sais, what were the chances comme diraient les Anglais !), dans une ville où les autres Français se font plus rares que dans la capitale. N’empêche que, au même titre que le steak-frites ou le verre de Merlot, le fait de pouvoir passer une soirée à discuter en français me fait, de plus en plus, me sentir chez moi, et me donne le sentiment de me trouver sur un petit ilôt familier. Il y a quelques semaines, je me suis remise à lire en Français, chose que j’avais abandonnée depuis bien des années, et à réécouter de la chanson française également. Vous croyez que c’est l’âge ? La nostalgie d’un pays que j’ai quitté car, je l’admets, il m’agaçait fortement par certains aspects, et avec lequel je me réconcilie grâce à la distance ? Ou bien l’habitude de la vie expat qui après quelques années devient “la vie de tous les jours”, avec sa routine, loin de l’effet de nouveauté et des émois des premières années d’installation ? Mon mal du pays, mon rapport à la France, cette chose qui évolue au fil du temps, et qui n’a pas fini de me surprendre, je crois.

Et vous, votre semaine ?

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Conseils généraux Vivre à l'étranger

Boire et manger : 10 traditions françaises que les étrangers ne comprennent pas

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Disons-le sans détour : les Français sont, à quelques exceptions près, un peuple de ventres à pattes, qui ne pensent qu’à manger, et qui ne parlent d’ailleurs que de ça. Au prochain repas de famille, alors que vous serez en train d’engloutir un demi gigot, tout ça après l’apéro, et avant le fromage et le dessert, un sujet de conversation abordé autour de la table sera certainement : “Qu’est-ce qu’on va manger ce soir ?”. Les Français aiment boire et manger, bons vivants qu’ils sont. Ils sont aussi très fiers de leur gastronomie, qu’ils considèrent souvent comme la meilleure au monde. Beaucoup d’étrangers sont d’accord sur ce point (mais pas tous non plus, demandez son opinion à un italien ou à un espagnol…), sauf qu’en réalité, il existe également plusieurs traditions culinaires françaises qui les laissent relativement perplexes. Voici la liste de 10 choses que j’ai dû expliquer à des étrangers concernant boire et manger “à la française” depuis le début de ma vie d’expat, quand je suis devenue, un peu malgré moi, ambassadrice de la culture française. Je suis certaine que vous vous reconnaitrez dans cette situation !

Après la première partie de l’article sur le thème “culture et langage” publié la semaine dernière, voici donc la suite sur le thème “boire et manger”. Certains de ces points ont été abordés par mon oncle Charles Timoney, Anglais expatrié en France depuis 30 ans qui observe les Français comme moi j’observe les Britanniques, et qui parle de la culture française dans ses livres, notamment dans “Pardon my French”. Etudier les différences culturelles dans son pays d’expatriation est donc une tradition familiale !


1. Tremper sa tartine dans le café

Un must absolu de la culture française, et, même si ce n’est pas très chic, je l’avoue… Je suis une grande adepte du trempage de tartine, à tel point que même maintenant que j’ai posé mes valises en Angleterre, je trempe mes crumpets dans mon café, sous le regard ébahi de mon mari British. Enfin, ébahi la première fois, interloqué la seconde, très amusé la troisième (le jour où il a réalisé que c’était une habitude bien ancrée), et complètement habitué depuis. A sa question “Pourquoi trempes-tu ta tartine dans ton café ?”, j’ai répondu “Parce que c’est meilleur comme ça”. Un point c’est tout. Je lui en pose, moi, des questions ?

2. Les boulangeries

Il a osé ! Paul Taylor, l’un de mes humoristes préférés, British expatrié en France qui se moque allègrement et avec brio de la culture française, a touché à l’intouchable : nos boulangeries nationales (vidéo ci-dessus) ! Et pourtant, ce n’est pas la première fois qu’un étranger me dit qu’il trouve les boulangeries relativement stressantes. La faute aux files d’attente à rallonge, au personnel toujours pressé, ou aux questions pièges posées par la boulangère sur la cuisson de la baguette. Mais le plus gros problème ? La variété incompréhensible de viennoiseries, baguettes (la tradition, la campagnarde, la baguette traditionnelle, la demie baguette, la viennoise, les baguettes aux céréales, les épis, les couronnes etc, etc !) et pâtisseries. Ces dernières sont toutes plus merveilleuses les unes que les autres, mais impossible de savoir exactement à quoi ressemble leur goût, pour ceux qui ne les connaissent pas. Et je ne vous parle même pas de l’obsession des Français pour le croûton, et des bagarres qui suivent l’achat d’une baguette pour savoir qui y aura droit. Les boulangeries en France ? La croix et la bannière pour les étrangers, je vous dis !

3. “Petit” café, “petit” dessert

Mon oncle Charlie (qui en parle d’ailleurs dans son livre) adore qu’on lui propose un “petit” café ou un “petit” dessert au restaurant en France. “Pourquoi petit”, m’a demandé depuis mon mari, lui aussi interloqué ? Sans doute pour se déculpabiliser. Si c’est petit, ça ne compte pas, n’est-ce pas ? Il a également remarqué que la réponse à cette question était souvent “Allez !”, comme si le client se laissait forcer la main par le serveur, mais de bonne volonté tout de même. Ce qui se cache derrière ce “Allez !” est : “Je n’avais pas prévu de prendre un café/un dessert, mais si vous insistez, je vais me laisser tenter par une petite gourmandise, mais seulement pour vous faire plaisir”.

4. L’apéro

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D’autres pays pratiquent leur propre version de l’apéro (par exemple, l’aperitivo en Italie), mais l’apéro à la française obéit à ses propres règles. Les questions auxquelles j’ai été confrontées concernant l’apéro, souvent d’étrangers venant de pays où la notion d’apéro est inconnue, sont, pêle-mêle : pourquoi mangez-vous des tomates cerises dans un ramequin, quelle est la différence entre un apéro dinatoire et un apéro lambda, as-tu encore faim pour le dîner après un apéro, n’as-tu pas encore faim après un apéro dinatoire (une variante de l’apéro à expliquer en elle-même également), à quelle heure se boit-il, est-ce qu’on doit se faire chic, qu’est-ce qu’on y mange ? Ces questions sont bien entendu difficiles, puisque tout dépend de l’occasion, du moment de l’année, ou encore des traditions familiales. Le message que je tente de faire passer aux étrangers est : l’apéro est une institution en France, il s’agit d’un art subtil aux règles multiples, et, clairement, toute journée qui se solde par un apéro est une excellente journée.

5. Trinquer

Un peu comme la bise terrifie les étrangers qui ne savent ni comment, ni par où commencer, le fait de trinquer donne des sueurs froides à bien des non-Français. Il faut dire que les règles sont multiples, et parfois difficiles à comprendre. On ne boit pas avant d’avoir trinqué (ce point précis provoque la rage des britanniques – QUOI ? Attendre que tout le monde ait un verre avant d’attaquer sa pinte ?), il faut regarder la personne avec qui l’on trinque dans les yeux (sinon, vous connaissez la malédiction !), ne pas croiser, et bien entendu, trinquer avec la totalité des personnes présentes, dont les enfants de moins de 5 ans avec leurs gobelets de jus d’orange vacillants. Donc, 20 minutes après avoir commencé à trinquer, vous pouvez enfin boire, youpi !

6. Le Pastis / Ricard

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Ce grand classique des apéros durant l’été est très largement inconnu en dehors de nos frontières ! Souvent, j’explique que le Pastis (ou le Ricard), c’est comme la Marmite au Royaume-Uni : on aime ou on déteste. Il est très rare qu’un étranger qui goûte au Pastis pour la première fois “sur le tard” ne puisse s’habituer à la chose (bien que vous connaissiez peut-être des exceptions), mais j’ai souvent dit que pour apprécier le Pastis, il faut le boire dans les bonnes conditions, à savoir : pendant l’été dans le Sud de la France, avec les cigales en fond sonore, et l’apéro sur la terrasse, au soleil. Je n’aime pas le Pastis, mais l’odeur anisée pendant les soirées d’été reste pour moi synonyme de vacances !

7. Le temps passé à table

C’est bien dommage qu’il n’existe pas de statistiques officielles, car je suis persuadée que les Français seraient sur le podium des nationalités qui passent le plus longtemps à table ! Surtout lors des repas de famille ou de Noël. Passer 3 heures à table un dimanche pour l’anniversaire de votre grand-mère ? Rien de plus normal en France. Et encore, c’est sans compter l’apéro avant, et les digestifs après. Les étrangers qui se retrouvent dans cette situation (venus de certains pays plus que d’autres, il est vrai) ont l’impression que la chose n’en finira jamais. Bon appétit !

8. La raclette

Croyez-le ou non, la plupart des étrangers n’ont jamais entendu parler de la raclette, sauf s’ils partent chaque année skier en France, ou qu’ils ont des amis Français. Et même dans ces cas-là, il est rare qu’ils aient vécu la raclette, la vraie : celle qui se dévore entre amis, à 12 autours d’une table trop petite, chez soi, avec un appareil à raclette Téfal. Le plus difficile à expliquer aux étrangers, c’est surtout l’importance culturelle de la raclette, qui bien que d’origine suisse, soit devenue un véritable pilier de la culture française pourtant si peu connu en dehors de nos frontières. Un tel pilier en fait, que cet ami que nous avons tous et qui n’aime pas la raclette (souvent parce qu’il n’aime pas le fromage) devient le mouton noir du groupe chaque année, pendant les mois d’hiver. Il en va de même pour la tartiflette, autre grande inconnue des étrangers, qui fait pourtant frémir les papilles françaises de plaisir (du moins les miennes !).

9. Tous les Français ne sont pas experts en vin

Je vois souvent des mines déçues lorsque j’explique que non, tous les Français ne sont pas experts en vin (et je tombe dans cette catégorie, même si grande amatrice, je dois bien l’avouer). Certains n’aiment d’ailleurs pas le vin du tout, ce qui est une réalité difficile à accepter pour vos amis étrangers, qui vous demandent toujours de choisir le vin au restaurant. Voir même de le goûter ! Mais alors, pourquoi tous les Français ont une opinion sur le vin et sur le fait que la France produit le meilleur au monde, même ceux qui n’en boivent pas ? Ah, ça, c’est parce que c’est l’arrogance française qui parle !

10. La galette des rois

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Si importante en France chaque mois de janvier, elle n’est en fait pas si connue en dehors de nos frontières. Et si on en trouve dans les boulangeries françaises à l’étranger, beaucoup ignorent les règles qui régissent la galette des rois : mettre un enfant sous la table pour attribuer les parts une fois la galette coupée (et les bagarres entre enfants pour avoir l’honneur d’être en charge de cette tâche), trouver la fève, choisir son roi/sa reine, porter la couronne… Que de bonheur !


Un projet de vie expat ou un changement de vie professionelle en vue ? Je suis disponible pour vous aider dans votre projet de vie à l’étranger, quel qu’il soit, et propose des séances d’aide et de discussion par Skype. Je propose également des cours d’apprentissage de l’Anglais de tous les jours, ou relatif à votre domaine professionnel. Pour en savoir plus, rendez-vous sur ma page de contact !

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Découvrez également mes récits de voyage, que j’écris depuis 7 ans, et qui évoquent tous les points mentionnés dans les différents articles présents sur l’Allée du monde.

Angleterre Vivre à l'étranger

20 choses que les Anglais font mieux que nous… et vice versa

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Vivre en Angleterre

Aucun pays n’est parfait, mais s’immerger dans une autre culture sur le long terme veut toujours dire découvrir des choses qui nous plaisent, parfois même plus que dans notre pays d’origine. D’autres manières de vivre, de penser, de manger, de déclarer ses impôts ou même de prendre les transports en commun ! Après plusieurs années passées en Angleterre, j’ai appris à préférer certains traits de la British way of life, et à être nostalgique de certaines choses en France, grandes ou petites.

Certains des points mentionnés ci-dessous vous étonneront peut-être, d’autres pas, mais tous sont le fruit d’une expérience personnelle, la mienne. Une liste dressée surtout sur le ton de l’humour mais pas seulement, et qui met en avant certains éléments importants de la culture anglaise, parfois à contre-courant de ce que j’aurais imaginé avant de venir vivre en Angleterre.

Cliquez sur le menu ci-dessous pour être renvoyé directement à la partie correspondante :

20 choses que les Anglais font mieux que les Français

20 choses que les Français font mieux que les Anglais


20 choses que les Anglais font mieux que les Français

Vivre en Angleterre

Faire la queue

On ne peut pas enlever ça aux Anglais : ils savent comment faire la queue (queuing, en Anglais). A l’arrêt de bus, dans les magasins, sur le quai du métro, en vacances ou en se rendant au travail : les files d’attentes sont toujours parfaitement ordonnées, et se forment de manière spontanée dans toute situation qui impliquent plus d’une personne dans un espace public. Et gare à vous si vous pensiez doubler…

Le lait

L’une des choses qui rend toujours les Anglais tristes quand ils sont à l’étranger : devoir boire du lait en brique. Ici, le lait s’achète frais, directement dans les rayons réfrigérés des supermarchés. Et c’est vrai, après quelques années, je ne peux que l’admettre : le lait frais Anglais est vraiment bon.

Les impôts

Au Royaume-Uni, pas de déclaration d’impôts : ils sont prélevés à la source et une fois par an, le trésor public vous envoie un chèque créditeur si vous avez payé trop d’impôts. Pas de paperasse, pas de mauvaise surprise, le système fonctionne bien !

Les musées gratuits

Imaginez le Louvre, le Musée d’Orsay ou le centre Pompidou gratuits, 365 jours par an. Je ne me lasse pas de visiter tous les musée Anglais gratuitement, aussi grands et prestigieux soient-ils. Il existe un système de donation optionnel, où le visiteur donne ce qu’il peut / veut, ce qui signifie que ceux qui ont des moyens plus restreints peuvent se rendre dans les plus beaux musées du pays, sans avoir à payer un seul centime, grâce aux donations des autres visiteurs. L’accès à la culture pour tous, le vrai ? A noter : seules les collections permanentes sont gratuites. Les expositions temporaires sont elles, la plupart du temps, payantes.

Boots

Les Anglais se moquent de moi à chaque fois que je leur dis que j’aime Boots, mais j’adore cette chaîne de magasins : à la fois pharmacie, parapharmacie et magasin de cosmétiques, on y trouve tout au même endroit, des premiers prix aux produits hauts de gamme. Et la carte de fidélité, gratuite, est la meilleure que je connaisse. Je reste fan.

Les bus

Les bus à double étage (double decker buses) sont quand même d’une classe folle. J’adore être assise en haut et voir ce qui se passe dans la rue, comme depuis un perchoir.

La culture d’entreprise

J’aime le fait qu’en Angleterre, les hiérarchies se font moins sentir qu’en France. Pas de “Bonjour Madame Dupont” pompeux pour commencer les emails de travail (même destinés à votre supérieur ou à un client que vous n’avez jamais rencontré de votre vie). Les gens s’appellent par leur prénom, vont au pub ensemble le vendredi soir (du directeur au stagiaire) et sont plus libres sur la manière de s’habiller. Le PDG de ma première entreprise londonienne venait au travail en short et tongues l’été, et les performances de l’entreprise n’ont pas chutées. Un vrai miracle.

La télévision

Selon moi, un gros plus de la culture populaire anglaise : les programmes télé sont très bons, qu’il s’agisse de divertissements, de documentaires, des chaînes d’information ou de séries télévisées (Skins, Fresh Meat, Peep Show, The Office, House of Cards… La liste est longue !). Globalement, je trouve le niveau plus élevé, et j’aime surtout leur capacité à traiter de sujets sérieux avec moins de tabous et plus d’humour, et de manière moins ”poussiéreuse” qu’à la télévision française.

Les prêts étudiants

Il s’agit de prêts d’état (pas de banques privées, comme en France), que les étudiants ne commencent à rembourser que lorsqu’ils ont trouvé un emploi. Peu importe si cela leur prend plusieurs années après l’obtention de leur diplôme, l’état ne fixe pas de date limite pour commencer à rembourser. L’argent est pris directement à la source sur le salaire mensuel, et la somme à rembourser est calculée au prorata du salaire de l’employé. Les personnes gagnant un salaire inférieur à 21,000£ par an ne remboursent rien, et si l’on gagne soudainement moins (reconversion professionnelle par exemple), on rembourse moins. Si une personne perd son emploi ou décide de démissionner, l’état arrête les prélèvements immédiatement, et ce aussi longtemps qu’il faut à la personne pour retrouver un emploi. Simple, humain et logique. Bien entendu, les études supérieures publiques coûtent moins chères en France, mais c’est un point que j’aborde plus loin (et de nombreuses écoles privées en France coûtent aussi chères, voir plus, qu’en Angleterre). Un système aux antipodes des prêts étudiants français, qui étouffent les jeunes et me mettent très en colère.

Les pubs

J’adore l’atmosphère chaleureuse des pubs, et le fait que l’ambiance y est tout le temps informelle et change du tout au tout en fonction du moment de la semaine où vous vous y rendez. Le vendredi, c’est plutôt les weekly drinks entre collègues ou entre amis. Mais si vous êtes déjà allés dans un pub de quartier un dimanche, vous aurez sans doute remarqué que toutes les générations s’y retrouvent. L’ambiance y est familiale, et tout le monde y est le bienvenue. On peut y rester des heures, on ne vous chassera pas pour libérer la table entre deux services.

Louer un logement

Louer un logement en France relève du parcours du combattant, et demande des locataires des niveaux de garantie que l’on ne trouve pratiquement dans aucun autre pays au monde (je travaille comme consultante pour un fournisseur européen de logements étudiants qui a fermé le marché français pour cause de régulations trop strictes, qui bloquent l’accès au logement à une trop grande partie de la population). Gagner au moins 4 fois le montant de son loyer, des garants, des mois de loyer d’avance, des cautions qui n’en finissent pas d’augmenter… En Angleterre, le marché est beaucoup plus fluide (il protège moins le locataire, c’est vrai, mais incite les propriétaires à baisser les garanties exigées, ce qui permet à plus de personnes de trouver un logement), et je n’ai jamais mis plus de quelques jours à trouver un appartement, où je voulais. Le fameux dossier à la française n’existe pas pour louer un logement en Angleterre (ou il est extrêmement simplifié).

Le métro

Le tube londonien est propre, sûr, et fonctionne globalement mieux que le métro parisien. Je ne me suis jamais faite agressée par des pervers en 4 ans de trajets quotidiens. Les femmes qui prennent le métro à Paris sauront de quoi je parle. Par contre, cela a un prix : il coûte environ 40% plus cher pour un abonnement mensuel (mais il couvre aussi beaucoup plus de territoire, Londres étant géographiquement 10 fois plus grande que Paris).

Les régimes alimentaires

Les vegans, végétariens ou autres personnes avec des allergies alimentaires vivent globalement plus confortablement en Angleterre. Les aliments vendus en grandes surfaces sont clairement étiquetés “Gluten Free”, “Suitable for Vegans”, et les restaurants sont habitués à adapter leur menu dans ce sens. Il paraît que cette ouverture d’esprit viendrait, entre autre, d’une particularité génétique : la population d’origine irlandaise est très présente au Royaume-Uni, et les gènes irlandais sont enclins à développer des allergies alimentaires, notamment au gluten, à cause de plusieurs siècles d’un régime peu varié principalement à base de pommes de terre, ce qui aurait rendu les populations intolérantes au blé.

Le service client

L’accueil dans les magasins britanniques est globalement meilleur, de même que les échanges ou remboursements d’articles, qui ne sont jamais un problème. On fait rarement la queue plus de quelques minutes puisque dès que la file d’attente s’allonge, un autre employé est appelé à la rescousse pour ouvrir une caisse supplémentaire, même dans les petits supermarchés de quartier.

La bière

En France nous avons le vin, mais les Anglais ont la bière ! Le choix disponible est impressionnant et les bières artisanales (IPA par exemple) fleurissent aux quatre coins du pays. La bière est une telle institution en Angleterre qu’elle est également peu chère, même dans les pubs en plein Covent Garden, on peut boire une pinte pour 3£ ou 4£ (ça change des pintes à 10€ des Grands Boulevards).

Le choix des études

Les Anglais sont plus ouverts d’esprit en ce qui concerne les filières d’études en général. La suprématie des maths n’existe pas, ni le cloisonnement des bacs L, S et ES, et il n’est pas plus prestigieux d’étudier les sciences que les langues ou la littérature. Les étudiants en histoire, sciences humaines et sociales ou en zoologie trouvent de très bons postes en entreprise (je connais ces personnes dans la vie réelle, et elles ne sont en rien des cas isolés), et font de belles carrières dans le privé, si c’est ce qu’ils désirent. Mes deux Masters, en sociologie et en relations internationales, qui ne valaient rien en France sur le marché du travail, se sont soldés à Londres par un emploi en marketing qui me passionnait moins de 24h après avoir posé le pied sur le territoire britannique, en CDI, et avec un responsable qui pensait que mon diplôme en sciences humaines était un atout. Sans aucune exagération (je le jure), c’est littéralement ce qui m’est arrivé. Je raconte d’ailleurs cet épisode de mon entretien d’embauche dans l’un de mes récits de voyage intitulé “Working Girl“. La suprématie des études scientifiques et la voie royale des écoles de commerce sont une norme culturelle française, qui n’est pas valable en dehors de nos frontières. Expliquer la domination du bac S (et son concept même) et des écoles de commerce dans l’ancien pays des Lumières à un Anglais, et vous verrez bien sa réaction. Vous pensez que la réaction des Anglais n’est qu’une exception ? La Finlande, dont le système éducatif est officiellement l’un des meilleurs au monde, vient d’annoncer qu’elle supprimait toutes les matières scolaires de son programme. Ca fait réfléchir.

Les cuisines du monde

Les britanniques sont friands de cuisines “exotiques” (comprenez non-anglaises), bien au-delà des cuisines italiennes, indiennes ou françaises (dont ils raffolent également). Des chaînes abordables ouvrent partout pour proposer de la cuisine mexicaine, turque, japonaise, chinoise, libanaise et plus encore. Il est plus facile, je trouve, de manger une “cuisine du monde” grand public, abordable et savoureuse.

Les crackers

Très bons avec le fromage, la variété de crackers proposés au Royaume-Uni est impressionnante, et ils sont souvent délicieux, avec de nombreuses saveurs intéressantes. Ils sont une alternative plus légère au pain (j’espère que je ne viens pas de perdre ma nationalité française en écrivant ces mots ? J’aime toujours la baguette, mais j’aime AUSSI les crackers !).

Leur capitale

J’aime Paris, mais vraiment, Londres est une ville incroyable, qui respire la joie de vivre et l’avant-gardisme (c’était du moins le cas pré-Brexit). Je trouve Londres plus sûre, propre et dynamique que Paris. Détail intéressant : l’un de mes oncles Anglais qui vivait à Londres dans les années 70 m’a appris récemment qu’à l’époque, la réputation des deux villes était inversée. Paris était la capitale belle et branchée, tandis que Londres avait la réputation d’être sale et dangereuse. Les temps changent !

La campagne

C’est peut-être seulement une question d’être meilleur en marketing, et donc de savoir mieux “vendre” leurs pâturages, mais la campagne anglaise (English countryside) est réputée dans le monde entier. Les séries télévisées du type Miss Marple, Downton Abbey ou les romans d’Agatha Christie y sont également certainement pour quelque chose.


20 choses que les Français font mieux que les Anglais

Vivre en Angleterre

La moutarde

La moutarde de Dijon sera, pour moi, toujours la meilleure. Je n’ai jamais pu me faire à la moutarde jaune fluo anglaise. Je passe mon tour.

L’enseignement supérieur public et (presque) gratuit

Si l’enseignement supérieur privé est hors de prix dans les deux pays, les universités publiques françaises, elles, ne coûtent que quelques centaines d’euros par an en frais d’inscription, ce qui rend les Anglais très envieux lorsqu’ils apprennent cela. Depuis la réforme de l’éducation opérée en 2011, ils doivent payer 9,000£ par année académique (au lieu de 3,000£ avant cela, sacrée augmentation), et ce quelle que soit l’université en question ou la discipline étudiée. Imaginez la taille du prêt étudiant moyen pour ceux qui souhaitent faire un Master (fort heureusement pour eux, comme discuté plus haut, le système des prêts étudiants est bien meilleur en Angleterre qu’en France).

Les repas

Les Anglais sont les rois du repas avalé en 20 minutes (surtout le midi) en marchant dans la rue ou vissés devant leur écran d’ordinateur. J’aime bien la tradition, plus courante en France, de s’asseoir pour prendre le temps d’un bon repas. Globalement, les Français prennent plus le temps de manger, quelque soit le repas de la journée.

L’égalité

Le Royaume Uni est un pays démocratique, mais pas avec une république : avec une monarchie, un symbole que j’ai du mal à accepter car il remet en cause l’égalité de tous les citoyens. A ceux qui sortent du chapeau l’argument économique que la famille royale rapporte en tourisme plus qu’elle ne coûte au pays, sachez que c’est un mythe : elle coûte en fait 3 fois plus que ce qu’elle génère. Versailles, le Louvre ou les châteaux de la Loire attirent chaque année des millions de touristes, ce qui signifie que les simples vestiges de la monarchie suffisent à générer du profit… sans imposer aux citoyens un symbole profond d’injustice, totalement désuet au 21ème siècle.

La culture de l’alcool

J’ai assisté, en Angleterre, à des scènes franchement choquantes, d’Anglais complètement saouls en public, hommes ou femmes. J’ai souvent vu des femmes pleurer dans la rue et vomir à 4 pattes sur le trottoir à 23h, la mini jupe remontée jusqu’au nombril, et, un classique, des couples s’insulter en titubant. Chaque Christmas Party à laquelle je suis allée a dégénéré à un moment ou à un autre, avec des employés hurlant des horreurs à leurs responsables ou tripotant leurs collègues de travail. Ces choses-là peuvent arriver partout, mais j’ai l’impression qu’en Angleterre, elles sont socialement plus acceptées et font, en quelque sorte, partie de la fête.

Les trains

Je parle ici des trains longue distance, pas des trains de banlieue. Pardon my French, mais prendre le train en Angleterre est un bordel sans nom. A chaque fois, j’assiste à un drame, à des disputes entre passagers pour savoir qui a volé le siège réservé de qui. C’est la situation du quotidien où j’ai vu le plus d’Anglais perdre leur sang-froid, eux qui ont la réputation d’être si polis. On ne manque pas de ressentir que les trains sont privatisés : les infrastructures datent, il y a donc constamment des erreurs d’affichage sur les réservations, et très souvent une panne générale de l’affichage, avec 500 voyageurs et leurs grosses valises qui se retrouvent avec un numéro de siège qui ne vaut rien. Dans ces cas-là, c’est chacun pour soi, et dieu pour tous.  Les compagnies de train vendent sans cesse bien plus de sièges qu’il n’en existent dans une rame. Vous pouvez donc facilement faire l’équivalent d’un Paris-Marseille assis par terre alors que vous avez payé 150£ pour votre billet. A noter, ce qui relève quasiment de l’exploit au 21ème siècle, qu’il est impossible d’imprimer vos billets de train de chez-vous : il faut les imprimer en gare à une borne (et parfois faire la queue 20 minutes aux 2 machines sur 5 qui fonctionnent – heureusement, vous l’aurez lu plus haut, que les Anglais savent faire la queue comme des chefs), ou payer pour se les faire livrer chez-soi par courrier.

Le prix des transports en commun

Si vous trouvez que votre abonnement mensuel est cher, pensez à ce que payent les Anglais, surtout les londoniens : 150£ par mois pour 2 zones (sur 9). Les personnes vivant en zone 7 à 9 payent jusqu’à 400£ de transports en commun par mois. Les trains grandes lignes sont eux aussi globalement plus chers en Angleterre qu’en France.

Le fromage

J’aime beaucoup le fromage anglais, mais la France possède un éventail de fromages beaucoup plus varié, avec d’interminables variations autour d’un même fromage (pensez simplement à la variété de fromages de chèvre disponibles!).

Le vin

Comme pour le fromage, la variété de vin que l’on trouve au sein de la production française est remarquable, et surtout, puisqu’il s’agit d’un produit “local”, il y est beaucoup moins cher qu’en Angleterre. Outre Manche, il est difficile de trouver une bouteille correcte à moins de 7£ ou 8£.

La santé

La NHS, le service de santé publique en Angleterre, est bon, puisqu’une fois inscrit dans votre cabinet médical de rattachement, vous n’avez pas à débourser un centime pour voir un médecin. Aussi, pour toute maladie grave ou nécessitant une intervention chirurgicale, vous serez traité rapidement et gratuitement. Par contre, réussir à prendre rendez-vous avec un simple généraliste relève du parcours du combattant. Il faut parfois attendre 10 jours pour un rendez-vous de routine, ou bien essayer de décrocher un rendez-vous d’urgence le matin même, mais très souvent, cela s’avère impossible. De plus, les médecins Anglais sont très réticents à prescrire quoi que ce soit en dehors du paracétamol et des anti douleurs, ce qui est bien pour limiter l’addiction aux antibiotiques, mais peut aussi vite devenir complètement contre productif. On se retrouve souvent à traîner une grippe pendant 3 semaines ou à développer des sur-infections à cause d’un généraliste refusant de prescrire quoi que ce soit. Aussi, les généralistes britanniques ne donnent presque jamais d’arrêts maladie. A vous de vous débattre avec votre employeur si vous avez 40° de fièvre et ne pouvez pas venir au travail (oui, même dans ces cas-là, le généraliste ne vous arrêtera pas, mais vous dira de rester chez vous).

Les restos en terrasse

Pour moi, l’essence du mode de vie à la française : prendre un verre avec des amis en terrasse d’un café, et discuter de tout et de rien. Le mieux : lorsque les soirées d’été sont chaudes, et que l’on dîne à la lumière des lampadaires, à l’extérieur.

Les yaourts

Les rayons yaourts des supermarchés français regorgent de centaines de produits différents, ce que je n’ai remarqué qu’après avoir déménagé en Angleterre, et que j’ai trouvé les yaourts bien tristounets.

Les pâtisseries

J’ai tendance à trouver les gâteaux anglais très sucrés, peu savoureux et plein de colorants artificiels, ou fourrés à la crême, quelque soit le parfum. A l’inverse, j’aime beaucoup la variété des pâtisseries françaises : babas au rhum, mille-feuilles, macarons ou religieuses… Ils sont tous différents, mais tous délicieux !

La purée mousseline

Les Anglais raffolent des mashed potatoes, la purée maison qu’ils consomment souvent avec des saucisses, plat traditionnel à consommer au pub qu’ils appellent “Bangers & Mash”. Mais je préfère la purée “à la française”, plus veloutée et douce. J’en mets toujours un paquet dans mon chariot à mon retour en France, ce qui fait rarement l’unanimité auprès de mes amis et de ma famille, qui désapprouvent mon péché mignon pour la purée Mousseline. Peu importe, je persévère.

Les congés payés

Le nombre minimum de congés payés en Angleterre est de 20 jours par an, soit 4 semaines. Beaucoup d’employeurs en offrent entre 21 et 24 à l’embauche, avec parfois un jour supplémentaire à gagner avec chaque année d’ancienneté (avec un plafond tout de même , généralement compris entre 25 et 28 jours). Il a été prouvé que plus de vacances signifie une meilleure productivité en général, et même si les Anglais se moquent souvent des français qui sont “toujours en vacances”, il paraîtrait que nous sommes plus productifs au travail, malgré le nombre plus élevé de congés… Alors pourquoi s’en priver !

Les éponges

Je ne vais pas commencer un débat, mais je tenais à le signaler : les éponges anglaises ne sont pas de la même qualité. A chaque passage en France, j’achète mon lot de Spontex, et j’assume ma honte à la douane.

Picard

Picard n’a pas son égal, et Iceland, l’équivalent anglais, est plutôt bas de gamme. J’attends avec impatience que Picard ne fasse son entrée sur le marché anglais (c’est déjà la cas, très doucement, chez Waitrose).

L’Europe

Même si un référendum organisé en France sur une sortie potentielle de l’Union Européenne aurait sans doute des résultats serrés tout comme Angleterre, l’idée que nous faisons partie de l’Europe est, me semble t-il, beaucoup plus intégrée par les Français que par les Anglais. Même avant le Brexit, j’entendais souvent des Anglais (surtout plus âgés) dire : “Vous en Europe, vous faites les choses de telle manière”, s’excluant du lot. J’ai déjà entendu des Français critiquer l’Europe, mais jamais dire “Eux, en Europe…”. En France, j’ai l’impression que même ceux qui n’aiment pas l’Europe ont conscience d’en faire partie.

Les volets

En Angleterre, peu importe que vous soyez dans une maison victorienne ou un immeuble récent, les bâtiments sont construits sans volets, c’est la règle. Cela fait des années que je dors moins bien qu’en France, car j’ai été habituée depuis mon enfance à une obscurité totale la nuit.

Le climat (mais à peine)

On se moque souvent du climat anglais, mais le Nord de la France, la Bretagne et la Normandie possèdent un climat très similaire, et Paris un climat à peine plus clément que Londres ! Cependant, la totalité du Royaume-Uni possède un climat humide et froid (à différents degrés, il est vrai), tandis qu’en France, on peut bénéficier d’une météo méditerranéenne en allant vers le sud. On y trouve globalement des climats plus variés au sein d’un même pays, ce qui est appréciable.


Un projet de vie expat ou un changement de vie professionelle en vue ? Je suis disponible pour vous aider dans votre projet de vie à l’étranger, quel qu’il soit, et propose des séances d’aide et de discussion par Skype. Je propose également des cours d’apprentissage de l’Anglais de tous les jours, ou relatif à votre domaine professionnel. Pour en savoir plus, rendez-vous sur ma page de contact !

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Conseils généraux Vivre à l'étranger

10 profils d’expats qu’on croise à l’étranger

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expat

Vivre à l’étranger veut souvent dire évoluer dans un environnement international, composé d’autres étrangers, expats et voyageurs au long cours. Chaque expat est différent, venant d’un chemin de vie unique, d’une vision très personnelle du mode de vie international et de motivations inhérentes à son parcours individuel. J’ai toujours trouvé ces rencontres enrichissantes, et j’aime beaucoup écouter et comprendre le parcours de chaque “international” que je rencontre. Il y a toujours une histoire différente à comprendre, parfois très proche ou à l’inverse à l’opposé de ma propre expérience.

Avec le temps, un peu pour rire mais aussi par réel intérêt pour ceux qui choisissent de vivre à l’étranger,  j’ai remarqué qu’il existait des profils distincts, que je me suis amusée à répertorier ici. Impossible bien sûr de faire rentrer les gens complètement dans des cases, je me retrouve personnellement dans plusieurs de ces profils en même temps (et non, pas toujours les plus glorieux !). J’ai aussi remarqué que je suis passée d’un profil à l’autre au cours de ma vie à l’étranger, en fonction des “phases” d’expatriation dans lesquelles je me trouvais ou le pays dans lequel je vivais. Et vous ? Vous en connaissez d’autres ? Dites-le moi en commentaire !

10 profils d’expats :

L’Hyperactif
Le Négatif
Mr ou Mme Parfait
Le Comblé
Le Caméléon
L’Inné
Le Malheureux
L’Arrogant
L’Égaré
L’Accidentel

 

 


1. L’Hyperactif

L’Expat Hyperactif bouge tout le temps. Il ou elle change de pays comme de chemise, et butine sans cesse de ville en continent. Il n’est pas toujours tombé dans le mode de vie expat étant petit (par des parents expats, par exemple). C’est plutôt une passion qui est née à un niveau individuel, et qui est devenue un choix de vie, presque une addiction. Il s’agit souvent d’une personne fascinante, pleine de bonne humeur et d’énergie, avec un petit côté hippie rafraîchissant et la capacité à voir le positif dans les situations comme dans les gens qui l’entourent. L’Expat Hyperactif n’est pas un perfectionniste, plutôt un touche-à-tout, qui parle plusieurs langues de manière approximative, car il sait faire passer les émotions par d’autres moyens et n’est pas du genre à apprendre le Bescherelle par coeur. Les quelques mois passés en sa compagnie à devenir son ami se ressentent comme une réelle chance de rencontrer quelqu’un comme lui/elle. Seulement voilà, son destin est de passer au pays suivant et de toucher la vie d’autres petits veinards, ailleurs dans le monde. On voit souvent cette personne partir le coeur lourd en sachant qu’on ne la reverra pas ou peu au cours de sa vie, mais le lien est toujours là ! D’autres contrées appellent l’Expat Hyperactif, qui a déjà vécu dans 15 pays et ne compte pas s’arrêter là.

 

2. Le Négatif

L’Expat Négatif se décrit rapidement. C’est celui que tous les vrais amoureux des voyages et de la découverte d’autres cultures fuient comme la peste. Il ou elle déteste son pays d’accueil, et s’en donne à coeur joie de communiquer cette information à qui veut l’entendre (même s’il ne laisse souvent pas le choix à ses interlocuteurs, l’Expat Négatif étant souvent bruyant). Tout, dans sa vie à l’étranger, le contrarie : il pleut trop, il fait trop chaud, trop froid, il n’aime pas la langue, la nourriture est dégoûtante, l’eau a un drôle de goût, les trottoirs ne sont pas droits, les gens sont trop ceci ou trop cela, et sa ville ou son pays natals sont les meilleurs en tout. Les commentaires vexants fusent, aussi bien pour ses compatriotes (“Les Français, tous des cons !”) que pour les natifs de son pays d’accueil. Avec l’Expat Négatif, pas de jaloux : tout le monde en prend pour son grade. On espère que ce rabat-joie trouvera meilleur pays à son pied et nous laissera rapidement profiter de notre vie à l’étranger. On lui souhaite donc bon voyage, et on oublie de lui donner notre numéro de téléphone au passage. Oups.

 

3. Mr ou Mme Parfait

C’est la version expat du personnage de Bree dans la série télévisée Desperate Housewives. Bree arrive toujours chez ses voisins avec des muffins faits maison dans un beau panier en osier. Toujours très sociable, l’Expat Parfait organise quant à lui régulièrement des dîners entre expats chez lui ou chez elle, en vous demandant si vous pourriez cuisiner une petite spécialité de votre pays d’origine. Quelque chose de simple, pourquoi pas des macarons à la rose, pomelos et litchis ? Il a lu que c’était une spécialité de Michel Roux Jr et ne voudrait pas rater une opportunité de goûter ce petit gâteau cuisiné par un français. L’Expat Parfait vous file des complexes incroyables, à vous flanquer des insomnies. Toutes les démarches administratives sont faites durant la première semaine suivant son déménagement, l’appartement idéal a été trouvé avant même son arrivée sur place, la langue du pays d’accueil est maîtrisée en trois semaines, tout est négocié au meilleur prix et les locaux l’acceptent comme s’il faisait partie des leurs. L’Expat Parfait aime bien, gentiment, vous donner quelques leçons sur l’importance de souscrire à une assurance habitation complémentaire pour votre logement meublé temporaire, ou vous faire les gros yeux quand vous lui dites que vous n’êtes toujours pas inscrit dans un cabinet médical après 2 mois. A côté de l’Expat Parfait, vous vous sentez comme un adolescent qui a tout faux, et vous nettoyez votre appartement de fond en comble avant chacune de ses visites chez vous. Le plus gros problème de l’Expat Parfait : il a (très) souvent raison.

 

4. Le Comblé

L’Expat Comblé est l’antagoniste de l’Expat Négatif. Il a souvent l’air d’avoir ingéré des champignons hallucinogènes qui lui font voir la vie en rose. Il aime son pays d’accueil plus que tout, il s’y sent chez lui, adore la cuisine, l’architecture, les gens, la langue. Il ne comprend pas du tout lorsque vous dites que vous avez du mal à assimiler certains traits culturels du pays, ou que vous vous faites rouler par les chauffeurs de taxi à cause de votre accent. Rien de négatif ne lui est jamais arrivé, et il documente chaque miette de crumpet sur son compte Instagram avec les hashtags #BestCrumpetCrumbEver et #IloveThisCountrySoMuchItsPerfectDontYouThink. C’est parfois le symptôme du débutant qui vient d’arriver (je plaide coupable à mon arrivée aux Etats-Unis puis en Angleterre il y a 7 ans !), et parfois, ça dure. Le côté positif : l’enthousiasme de l’Expat Comblé pourrait bien être communicatif et vous aider à remettre un peu de baume à votre coeur d’expat blasé qui se serait endurci au cours des années. Seul bémol de l’Expat Comblé : il est à éviter si vous avez un petit coup de mal du pays, et avez besoin de parler de problèmes liés à votre pays d’accueil. Il ne comprendra certainement pas de quoi vous voulez parler !

 

5. Le Caméléon️ ️

L’Expat Caméléon est tellement intégré dans sa culture d’accueil (accent, manière de vivre, conjoint du pays d’accueil) qu’on ne se rend compte qu’il ne s’agit d’un étranger qu’au moment où on l’entend parler avec d’autres personnes de son pays d’origine pour la première fois. On l’aura pris pour un natif pendant des semaines, et il est quasiment impossible de percevoir un accent. Il n’est pas né bilingue ou dans une famille bi-culturelle, il a juste complètement intégré sa culture d’accueil et a un don incroyable pour les langues, qu’il arrive à parler avec très peu – voire pas du tout – d’accent étranger. L’Expat Caméléon n’est pas peu fier de son niveau de langue, et adore que vous n’ayez pas perçu d’accent étranger en lui parlant. Il aime le petit moment d’étonnement où vous vous rendez compte qu’il est, tout comme vous, un expat. Un poil arrogant, donc, et il place la barre très haut pour nous autres, pauvres mortels. Mais on lui accorde qu’il a su tirer un maximum, et avec brio, de sa vie à l’étranger.

 

6. L’Inné

L’Expat Inné est souvent lui-même enfant d’expat, issu de familles au minimum bilingues. A l’âge de 18 ans, il ou elle a déjà vécu dans 10 pays. Il a passé sa vie dans les avions depuis la maternelle, et déménage de la France aux Etats-Unis en passant par l’Australie avec le plus grand naturel du monde. Très souvent, l’Expat Inné parle jusqu’à 5 ou 6 langues, et ceux qui n’en parlent que deux ou trois, habitués aux milieux internationaux, s’excusent d’en parler si peu. Pendant ce temps là, vous vous arrachez toujours les cheveux pour accorder les verbes irréguliers en Anglais, et vous avez encore besoin des sous-titres en Français pour regarder un film en V.O. L’Expat Inné est très bon à avoir dans ses amis puisqu’il aide à dédramatiser pas mal de situations liées à l’expatriation qui lui sont naturelles, et peut aussi donner certains conseils sur des aspects pratiques qui font partie de son quotidien depuis l’enfance. Besoin d’effectuer un virement international ou d’acheter des billets à escales multiples ? L’Expat Inné est là pour vous aider. A noter, si vous en avez l’occasion un jour : se retrouver au milieu d’un dîner de famille d’un Expat Inné est souvent spectaculaire. Les parents, grands-parents, frères, soeurs et cousins passent tous d’une langue à l’autre en pleine discussion sans même s’en apercevoir, et sans remarquer que vous avez complètement décroché.

 

7. Le Malheureux

Pas très drôle, et pourtant il ou elle existe bien. L’Expat Malheureux est celui qui se trouve coincé dans un pays contre sa volonté, alors qu’il ne souhaite qu’une seule chose : rentrer chez lui, ou du moins partir de là où il se trouve. Il peut s’agir d’étudiants envoyés à l’étranger par leurs parents pour booster leur CV, de conjoints d’expats qui suivent leur moitié de pays en pays, ou simplement de personnes qui souhaitaient réellement partir vivre à l’étranger mais qui se retrouvent à souffrir d’un mal du pays profond, pour une raison ou pour une autre. Ils ne détestent en fait pas leur pays d’accueil, mais se savent simplement au mauvais endroit. Ils ne sont pas aussi agaçants que l’Expat Négatif, juste en souffrance, et peuvent renaître une fois rentrés chez eux. Si vous en rencontrez, soutenez-les, ils en ont bien besoin !

 

8. L’Arrogant

L’Expat Arrogant ne peut pas concevoir qu’on ne veuille pas partir vivre à l’étranger. Pour lui ou pour elle, tout est tellement mieux dans les autres pays, et ceux qui ne partent pas sont – pardonnez moi l’expression – plus ou moins des bouseux. Il coupe souvent les ponts avec ceux restés dans son pays d’origine, et valorisent surtout ceux qui comme lui ont vécu dans de nombreux pays, parlent plusieurs langues et évoluent dans des cercles internationaux. Les gens qui partent vivre ailleurs sont simplement un poil supérieur, et ceux qui ne partent pas simplement moins intéressants. Ceci étant dit, l’Expat Arrogant ne se limite pas à juger les non-expats. Il aime également hiérarchiser les expats entre eux et ne fréquenter que ceux qu’ils considèrent dignes de lui. Un peu tout noir ou tout blanc, et oui, simplement arrogant !

 

9. L’Égaré

L’Expat Egaré n’est pas vraiment certain de ce qu’il fait là, car il est parti sur un coup de tête, suite à un coup dur, pour fuir un peu ses problèmes en espérant que l’herbe serait plus verte ailleurs. Vivre à l’étranger ou dans ce pays précis ne faisait pas partie de son plan de vie, mais est venu offrir une solution à un moment de vie difficile, un besoin de s’échapper ou de prendre du recul. Il rentrera peut-être dans son pays d’origine, ou bien deviendra expat sur le long terme, en ayant trouvé des réponses et un équilibre en chemin, ou pas. Il se s’identifie pas vraiment aux autres expats et on sent bien qu’il ne se voit pas rester-là sur le long terme. Ce qu’il cherche, c’est sa voie, parfois un peu de spiritualité et, au bout du compte, un peu d’isolement pour pouvoir réfléchir et repartir du bon pied.

 

10. L’Accidentel

A l’inverse d’Obélix, cet expat là n’est pas tombé dedans quand il était petit, mais beaucoup plus tard, complètement par hasard. L’Expat Accidentel est parti vivre à l’étranger au gré de circonstances inattendues, souvent par une proposition extérieure qu’il n’attendait pas, parfois pour suivre un conjoint, ou grâce à une proposition de poste sortie du chapeau. Il ou elle n’était à l’origine pas spécialement baroudeur ni grand voyageur, mais c’est arrivé, et il a inspiré un grand coup, pris son courage à deux mains, et sauter dans le vide. L’Expat Accidentel n’a pas vraiment eu l’occasion de se poser les questions existentielles liées à l’expatriation que ressassent souvent ceux qui ont le projet de partir depuis longtemps, et découvre les aléas, émotions et avantages qui constituent une vie d’expat au fur et à mesure qu’ils se présentent à lui. L’Expat Accidentel a souvent besoin d’un peu plus de conseils et de discussions avec d’autres expats au début, et s’adaptent parfois très bien, même si le premier contact avec les cercles d’expats est parfois difficile, car il n’a pas vraiment l’impression d’appartenir à cette communauté dont il ne connaît pas les codes. Certains Expats Accidentels deviennent expats sur le long terme, d’autres rentrent au pays avec soulagement… ou avec la volonté de repartir le plus tôt possible. Tomber dedans tard ne veut pas dire qu’on y prendra pas goût !

Et vous, quel profil êtes-vous, et lesquels avez-vous croisés ? Laissez un commentaire pour contribuer !


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Culture et langage : 10 choses françaises que les étrangers ne comprennent pas

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Ah, les Français… Des créatures rigolotes ! Vivre à l’étranger, c’est aussi devenir, malgré soi, ambassadeur de la culture française dans son pays d’accueil. Lorsque l’on confronte sa culture d’origine au regard d’étrangers, on se rend compte avec amusement que les choses que nous prenons pour acquises sont perçues comme des bizarreries pour des non-Français. J’ai dû, au cours de ma vie à l’étranger ces dernières années, expliquer toutes les choses mentionnées dans cet article à un étranger au moins une fois (mais souvent plus que ça), après que l’on m’ait demandé des explications concernant ces choses so French.

Découvrez cette première partie d’article sur le thème “culture et langage”, et préparez-vous à la seconde partie à venir qui parlera des catégories “boire et manger”, et qui sera publiée la semaine prochaine. Beaucoup de ces points ont été abordés par mon oncle Charles Timoney, Anglais expatrié en France depuis 30 ans qui observe les Français comme moi j’observe les Britanniques, et qui parle de la culture française dans ses livres, notamment dans “Pardon my French”. L’observation anthropologique de son pays d’expatriation ? Une histoire de famille !


1. La bise

Avant même de commencer à lire cet article, vous saviez que la bise y figurerait. Dans les pays où elle n’est pas pratiquée (la France n’ayant pas non plus le monopole de la bise), elle est perçue comme quelque chose de très français, et fait l’objet de sentiments complexes chez les étrangers. Certains la redoutent (contact physique, my god!), d’autres la trouvent rigolote (une habitude exotique !), tandis que d’autres s’en servent comme excuse pour embrasser tout le monde à tout va avec entrain. Le problème, c’est que l’on me demande souvent quelles sont les règles qui s’appliquent à la bise. Comment savoir à qui, et comment faire la bise ? Aux femmes, aux hommes, aux personnes que l’on connaît déjà ou aux inconnus, lors de la première rencontre ? Combien de bises, commence t-on à gauche ou à droite ? Vous le savez aussi bien que moi, vous qui lisez cet article : il n’existe pas de réponse toute faite. Tout dépend de la région de France dans laquelle vous vous trouvez, du degré d’intimité entre personnes ou des habitudes familiales (pour la bise entre hommes surtout). Mon conseil aux étrangers : suivre le mouvement, faire la bise aux femmes, tenter de serrer la main aux hommes, sauf si ces derniers initient la chose… Et tout se passera bien ! Les Français entre eux s’emmêlent parfois les pinceaux avec la bise, alors  les étrangers peuvent se détendre. Sur ces bonnes paroles, je vous laisse avec une vidéo dont je ne me lâsse pas, même après l’avoir regardée 122 fois : celle de l’humouriste britannique Paul Taylor, expatrié en France, qui décrit les méandres de la bise à la française !

2. Tu ou vous ?

Un grand classique des questions que les étrangers posent aux Français : comment savoir si l’on doit tutoyer ou vouvoyer quelqu’un ? Mon oncle Charlie a dédié un chapitre entier à ce sujet dans son livre, en expliquant à quel point cette question représente un terrain miné. Ma réponse, vous vous en doutez, est qu’il existe une zone de flou, même pour les Français eux-mêmes ! Car mis à part les situations évidentes, comme les entretiens d’embauche, les rencontres avec son banquier ou s’adresser à un inconnu, certaines personnes ont le tutoiement très facile (“On se dit “tu” ?”), tandis que d’autres aiment le côté formel que le vouvoiement instaure. La rencontre avec les beaux-parents Français est un classique : Français ou étranger, on est jamais certain de la manière dont il faut procéder ! Un problème concret difficile à comprendre et à jauger notamment pour les anglophones, puisqu’en anglais, tout le monde est “you”. Facile ! Ils ont bien de la chance…

3. La marinière

Pourquoi les Français portent-ils très souvent des marinières ? Parce que c’est chic, simple et distingué, et que ça va avec tout. Et parce que la marinière à porter dans la vie de tous les jours a été inventée par Coco Chanel, qui s’est inspirée des tenues des matelots de la marine nationale lors d’un séjour sur les belles plages normandes en 1916. Elle est devenue un classique indispensable de toute garde-robe ! Cet article donne toutes les explications nécessaires pour la prochaine fois que vous aurez à répondre à cette question, et à parler de l’origine historique de la marinière. Vous me remercierez plus tard !

4. Les vaches dans la langue française

La présence récurrente de vaches dans les insultes et expressions françaises a étonné plusieurs de mes proches britanniques, qui parlent ou apprennent le français : “oh la vache”, “peau de vache”, “vachement”, “coup de vache”, “être une vache à lait”, “il pleut comme vache qui pisse”, “parler français comme une vache espagnole”, et j’en oublie très certainement ! Même l’un des fromages à tartiner les plus vendus en France montre une vache hilare sur son packaging depuis environ un siècle (“La vache qui rit”, pardis !). En France, on aime simplement vachement les vaches.

5. Le réveillon du 24 décembre

Ceci ne s’applique qu’à ceux d’entre vous qui vivent dans des pays où le réveillon du 24 décembre n’est pas important, comme moi au Royaume-Uni. Ici, il ne se passe pas grand chose, voire rien du tout, le 24 au soir. Quand j’explique que dans certaines familles françaises, et très certainement dans la mienne, le moment le plus important de Noël est le 24 au soir, cela laisse souvent les britanniques bouché bée. Sans compter que certaines familles françaises ouvrent même leurs cadeaux le soir du réveillon, ce qui représente un tabou absolu chez les britanniques, où les cadeaux ne s’ouvrent que le jour de Noël. “Et le 25 décembre, vous ne faites rien ?”, m’a t-on demandé, des trémolos dans la voix. “Si : on recommence !”. C’est ça, les festivités à la française : toujours une bonne excuse pour manger autant que possible et passer des heures à table !

6. Le shrug

Peut-être n’aviez-vous même pas conscience qu’il existe ce que les anglophones appellent le “French shrug”… Vous trouverez pourtant une batterie impressionnante d’articles à ce sujet ! Le “shrug”, c’est ce petit haussement d’épaules que font les Français, qui peut signifier, entre autres : “je ne sais pas”, “je m’en fiche”, “ce n’est pas de ma faute” (liste non exhaustive). Le haussement d’épaule s’accompagne en général d’un mouvement de sourcil et de bras/mains qui peut varier en fonction du contexte et de l’émotion exprimée (colère, désintérêt, autre). Vous ne vous rendez pas compte que ce haussement d’épaule est typiquement Français ? Demandez à un étranger de l’imiter, le résultat est souvent très drôle, car il ne saura souvent pas par où commencer : lever les épaules, les avants bras, bouger les sourcils ou faire la moue avec la bouche ? Help ! Les étrangers ne sont d’ailleurs pas interloqués que par le shrug, mais par toutes nos mimiques et gestuelles en général, en effet très importantes pour comprendre une conversation non verbale avec un Français.

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7. Fake English words

Ce paragraphe concerne surtout ceux qui vivent dans des pays anglophones. L’idée est que les Français emploient beaucoup de ce que mon oncle Charlie appelle dans son livre des Fake English words, comprenez des mots anglais, mais qui ne sont pas du tout employés de la bonne manière en français, voire n’existe simplement pas en anglais. Au choix : un parking, un tennis man, faire un footing, un Frenchy (seuls les Français se décrivent comme des “Frenchy”), “so British” (on trouve cette expression partout dans les magazines et les émissions de télé françaises, alors qu’elle n’est pas utilisée au Royaume-Uni). Employer des “Fake English words”, c’est so French !

8. Le doublage et les titres de films

Le doublage fait bien rire les étrangers qui viennent de pays où tout passe à la télévision et au cinéma en version originale avec sous-titres ! Bien entendu, certains cinémas en France et certaines chaînes télévisées diffusent en V.O., mais c’est loin d’être une majorité. Le doublage fait partie intégrante de la culture télévisuelle et cinématographique française. Ma surprise lorsque j’ai commencé à regarder des films et séries en V.O. et que j’ai découvert les vraies voix d’acteurs que je voyais dans des films depuis mon enfance (Bruce Willis, Robin Williams, Peter Falk dans Colombo !). J’ai pu constater que le choc est le même pour les étrangers qui découvrent leur premier film doublé. Dans la même catégorie, cela fait beaucoup rire les anglophones que certains pays, dont la France, changent les titres de films, très souvent en beaucoup plus long que le titre original, et encore plus souvent toujours en anglais, mais avec des mots plus simples. Mes préférés ? “The Hangover” devient “Very Bad Trip”, “As good as it gets” devient “Pour le pire et pour le meilleur”, ou encore “Junior” qui devient “Un flic à la maternelle”.

9. Oh la la, zut, eh ben, hop, heu, bof

Vous avez dit drôles de locutions ? Très certainement, surtout quand un étranger qui apprend le français vous demande comment utiliser “Eh ben”, “Zut”, “Hop”, “Heu” “Bof” ou encore “Oh la la”. Pas si facile ! Pour moi, tout est dans l’intonation : on peut les utiliser dans différents contextes, tout dépend de la manière dont on les dit. Tout un art, qui repose sur une pratique régulière et appliquée.

10. Les congés

Mais comment les français travaillent-ils si ils sont tout le temps en vacances ? Nos 5 semaines de congés payés minimum font rêver bien des étrangers, surtout quand on leur explique que certaines entreprises offrent bien plus que 5 semaines… Ma réponse est toujours que les acquis sociaux sont très forts en France, et aussi qu’il a été prouvé que les Français sont parmis les travailleurs les plus productifs d’Europe, malgré tous leurs congés. Il semblerait que le fait de toujours avoir des vacances à l’horizon aide à rester plus productif… Je vote pour !


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Vivre au Portugal : 15 choses inattendues que j’ai adorées

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Vivre au Portugal, Lisbonne, l'allée du monde, Gabrielle Narcy

J’ai eu la chance de vivre presque deux ans au Portugal, et personne n’est jamais surpris lorsque je dis que c’est un pays magnifique, où il fait bon vivre. Oui mais attention, le Portugal est bien plus qu’un joli pays de carte postale, et m’a réellement surprise, parfois là où je ne l’attendais pas !

J’ai déménagé au Portugal un peu par hasard, grâce à une offre de poste à Lisbonne, et je dois dire que même si j’y ai vécu deux ans, j’ai l’impression de ne toujours pas avoir fait le tour de sa culture, de ses régions et de ses spécialités locales. On prend souvent Lisbonne pour une destination de city break, mais le pays tout entier mérite qu’on s’y attarde bien plus longtemps, pour faire le tour de ses merveilles et se laisser surprendre par toutes les choses inattendues qu’il a à offrir. Le Portugal est un petit pays, certes (10 millions d’habitants), mais il regorge de surprises. Et s’il y a bien une chose que j’adore dans la vie, c’est qu’on me surprenne. Le Portugal et moi étions fait pour tomber amoureux.

Voici donc, sans plus attendre, ma liste (non exhaustive, ajoutez tout ce que j’ai pu oublier en commentaire !) des choses que je ne m’attendais pas à adorer au Portugal, et qui me manquent maintenant que je n’y vis plus.


Les tapas / petiscos

Vivre au Portugal, Lisbonne, l'Allée du monde, Gabrielle Narcy

Dans ma tête, les tapas étaient surtout espagnols. C’est donc avec plaisir que j’ai découvert leur équivalent portugais, les petiscos, qui sont un grand classique de la gastronomie locale. Beaucoup de chefs et de restaurants innovent et proposent des petiscas originaux, qui mélangent les saveurs et les traditions. Les tapas à base de fruits de mer ou de poulpe sont un grand classique, et ne ratez pas non plus les délicieux fromages portugais, ainsi que la charcuterie (on mange beaucoup de chorizo grillé au Portugal !), qui sont également très bons. Alors n’hésitez pas à manger des petiscos lors de votre séjour au Portugal, il y a peu de chance que vous soyez déçus.

 

Le vin

Ma découverte du vin portugais a été un véritable coup de foudre. Je suis une grande amatrice de vin, et donc très curieuse de goûter des vins du monde entier, mais les vins portugais n’avaient simplement jamais croisés mon chemin. Nous nous sommes, depuis, rattrapés très largement, grâce à des amis portugais à Lisbonne qui ont entrepris de m’éduquer un peu à leurs trésors viticoles. Le Douro (au bord du fleuve du même nom, dans le nord du Portugal) ou l’Alentejo (dans le sud du pays, entre Lisbonne et l’Algarve) produisent de vrais petits trésors, et certains à moindre coût. Le Papa Figos (rouge, Douro) et le Monte Velho (rouge et blanc, Alentejo) sont de très bonnes options pour un excellent rapport qualité-prix. Il existe des centaines de vins, certains plus raffinés et plus coûteux, alors la prochaine fois que vous serez au Portugal, rentrez chez un caviste d’un pas décidé et demandez à goûter aux trésors cachés du Portugal. Seul problème : maintenant que je n’y vis plus, les délicieux vins portugais me manquent énormément, et ils ne sont pas si faciles à trouver à l’étranger.

 

L’huile d’olive

L’huile d’olive portugaise est excellente, et coûte moitié moins chère que n’importe où ailleurs en Europe. Même les huiles vendues au supermarché à 5€ le litre sont exceptionnelles, et vous pouvez vous offrir une bouteille d’une qualité remarquable pour environ 10€, certaines même bio. C’est l’une des spécialités du pays, à ne surtout pas manquer, et à glisser absolument dans votre valise avant de rentrer chez vous. Petit conseil en prime : elle fait un joli souvenir à ramener à vos proches, qui sont en général conquis par la qualité du produit et la beauté des bouteilles. Vous m’en direz des nouvelles !

 

Les centres commerciaux

Au Portugal, certains centres commerciaux sont tout simplement incroyables : ultra modernes, très propres, avec un espace restauration qui propose des cuisines du monde entier et ouverts jusqu’à minuit, tous les jours de la semaine.

 

Les Gin & Tonic

Vivre au Portugal, Lisbonne, l'allée du monde, Gabrielle Narcy

Le Portugal est connu pour le Porto, bien sûr, et maintenant, vous savez que c’est aussi le paradis des amateurs de vin. Mais tenez-vous bien : le dernier péché mignon, du moins des lisboètes, est une boisson inattendue. Le very british Gin & Tonic ! Les portugais en raffolent, et ne plaisantent pas avec ça : ils sont le plus souvent servis dans des verres ballons gigantesques, et peuvent facilement vous durer une partie de la soirée. De nombreux bars proposent des menus de Gin & Tonic tous plus délicieux et sophistiqués les uns que les autres, certains d’ailleurs de production locale. A ne surtout pas manquer.

 

Le niveau d’Anglais

Le niveau d’Anglais moyen est bien plus élevé au Portugal qu’en France, en Italie ou en Espagne. J’ai été très impressionnée, surtout parmi la “jeune” génération active (la trentaine et en dessous), que tout le monde semble parler l’Anglais plus ou moins couramment sans avoir forcément vécu dans un pays anglophone. Les portugais sont de grands voyageurs depuis des générations, s’expatrient beaucoup, et la télévision et les cinémas ne doublent pas les films et les émissions de télé étrangères… Tout s’explique.

 

Les trains

Les trains régionaux portugais sont propres, peu chers, très modernes et possèdent le Wifi. Ils traversent la totalité du pays en environ 3h, dans un confort total. La ligne appelée “Alfa pendular” (elle se rend de Braga, au nord de Porto, jusqu’à Faro en passant par Coimbra et Lisbonne) est très pratique pour voyager au sein du Portugal, et d’un excellent rapport qualité-prix. Tout est dit.

 

Le café

Vivre au Portugal, Lisbonne, l'allée du monde, Gabrielle Narcy

Tout comme, pour moi, les tapas étaient espagnols, les puristes du café se trouvaient plutôt en Italie. Je ne m’attendais pas à ce que le Portugal soit si friand de café, à tel point qu’il en existe des dizaines de différents à commander au comptoir… Un vrai casse-tête pour ceux qui débarquent ! Beaucoup le boivent court et fort (de type espresso, “um cafè”). Le café au lait (uma meia de leite) n’est pas pareil qu’une noisette (um pingado), qui n’est lui-même pas la même chose qu’un “garotto” (une noisette avec plus de lait). Et encore, je vous décris ici la version courte de la carte impressionnante de cafés qui peuvent être commandés, et qui sont, la plupart du temps, délicieux.

 

La scène Tech et start-up

J’ai déménagé à Lisbonne pour développer le marché français d’une grosse start-up portugaise. Je venais d’un milieu d’entreprise assez traditionnel, Lisbonne m’a donc ouvert les portes d’un microcosme dont je ne connaissais rien, et dont je n’aurais certainement pas deviné qu’il était important au Portugal. Lisbonne accueille depuis 2016 le prestigieux Web Summit, l’événement Tech le plus connu d’Europe, et regorge d’accélérateurs à start-ups et de conditions favorables pour les entrepreneurs, qui viennent de toute l’Europe pour profiter de ce climat favorable. Développer l’entreprenariat a été l’une des manières pour tout le Portugal de faire face à la crise, avec des résultats étonnants !

 

Les deux visages de l’Algarve

J’avais entendu parler de l’Algarve bien avant d’y mettre les pieds, et je n’ai pas été déçue. J’ai adoré les petits villages dans les environs de Faro, la mer bleue, faire du kayak au large de Lagos et me reposer dans ses criques désertes. Mais je ne m’étais jamais demandé à quoi la côte ouest du pays, dont on parle beaucoup moins, pouvait bien ressembler. Beaucoup plus sauvage et plus calme que l’Algarve, elle m’a fait penser aux côtes irlandaises ou bretonnes, avec ses grandes falaises qui se jettent dans l’océan glacial (mais sous le soleil, ça reste le Portugal !). J’ai adoré cette partie de la côte, plus précisément près du petit village charmant d’Odeceixe, qui est techniquement l’Algarve, simplement du côté ouest du pays, juste sous la région de l’Alentejo. L’Algarve a donc deux visages complètement différents, que j’ai adoré découvrir !

 

Les boulangeries

Vivre au Portugal, Lisbonne, l'allée du monde, Gabrielle Narcy

Après avoir vécu aux Etats-Unis et en Angleterre, le Portugal m’a rappelé mon pays natal, la France, et ses boulangeries de quartier tous les 20 mètres. Les portugais adorent le sucré et les petites douceurs, et les boulangeries font partie intégrante de la vie de quartier. On passe y acheter son pain au lait, sa brioche, ou son croissant, et on le déguste debout au comptoir avec un petit café sur le pouce, avant de commencer sa journée de travail.

 

La modestie

Quelle est la différence entre un Français, un Italien, un Espagnol et un Portugais ? Les trois premiers vous diront toujours “nous avons le meilleur fromage / vin / charcuterie / architecture / littérature / histoire au monde. Un Portugais vous dira simplement : “tu devrais essayer ou découvrir ce fromage / vin / charcuterie / architecture / littérature / histoire. Tu verras, c’est très bon (ou beau)”. Vous essaierez, et vous rendrez compte que c’est tout aussi bon / intéressant que ce que vous pensiez jusqu’à présent être le meilleur quoique-ce-soit au monde. La différence : les portugais ne la ramènent pas !

 

Les fêtes de Santo Antonio

Vivre au Portugal, Lisbonne, l'allée du monde, Gabrielle Narcy

Avant de déménager au Portugal, je n’avais jamais entendu parler des “Festas de Lisboa”, les fêtes qui embrasent la ville durant tout le mois de juin, dont le point culminant est la fête de Santo Antonio, le saint patron de la ville. Et si vous m’en aviez parlé, j’aurais certainement dit que les bains de foule n’étaient pas trop mon truc, ni les festivals pour touristes. Mais les fêtes de Saint Antoine sont tout simplement un moment de convivialité extraordinaire à Lisbonne, où des centaines de fêtes animent les différents quartiers et rues de la ville. Il y a les gros rassemblements dans l’Alfama, qu’il faut laisser à ceux qui aiment les vrais bains de foule, puis il y a les petites célébrations de quartier où les voisins sortent les tables à tréteaux, les enceintes de leur salon et jouent du Amalia Rodriguez jusqu’au bout de la nuit, en famille (de tous les âges, des bébés aux grands-parents !) et entre amis, sur le pas de leur porte, à faire griller des sardines. J’ai adoré l’expérience !

 

Les chips et les frites

Je suis, il est vrai, une grande amatrice de frites, et donc, en toute logique, une juge sévère. Vous comprendrez donc que lorsque je dis que j’ai mangé les meilleures frites de ma vie au Portugal, il ne s’agit pas d’un jugement porté à la légère. Où que vous mangiez au Portugal, même dans les boui-bouis ou les quartiers les plus touristiques des grandes villes, les frites sont toujours ultra-fraîches, délicieuses et cuisinées à la friteuse. Les chips sont également quelque chose à ne pas manquer : les portugais substituent beaucoup de plats que nous mangerions habituellement avec des frites par des chips (par exemple, pas mal de restos à hamburgers de Lisbonne servent les burgers avec des chips, et non des frites). Mais tout comme les frites, les chips sont souvent faites maison, à la friteuse, à la commande, servies toutes chaudes et encore fumantes ! Un vrai régal.

 

La richesse littéraire

Vivre au Portugal, Lisbonne, l'allée du monde, Gabrielle Narcy

J’ai bien peur de passer pour une inculte, et j’en suis désolée, lorsque je dis que je n’ai réalisé la richesse du patrimoine littéraire portugais qu’en déménageant là-bas. Qu’il s’agisse du poète Luís de Camões, de la chanteuse de Fado Amalia Rodriguez dont les superbes paroles sont un hommage à la langue portugaise, ou du prix Nobel de littérature portugais (1998) de José Saramago, la littérature portugaise est riche, belle et se lit partout dans les noms des rues et squares des villes portugaises. Pour les amateurs de littérature, il existe un petit livre qui se vend dans toutes les boutiques souvenirs du Portugal, appelé “Lisbon Poets”, qui compile des dizaines de poèmes des hommes et femmes de lettre portugais les plus connus au travers des siècles, traduits en Anglais ou en Français. Très intéressant !


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