10 témoignages de couples bi-nationaux

J’ai demandé à des lecteurs de L’Allée du monde de me parler de leurs couples bi-nationaux. C’est un sujet qui me tient à coeur, car étant moi-même mariée à un Britannique, j’ai vécu des beaux moments, et certains moments moins faciles, liés au fait de se retrouver dans une relation entre deux cultures. Je reçois de nombreux messages à ce sujet, de personnes me demandant des conseils concernant des choix difficiles liés au fait de vivre une relation bi-nationale. Chaque couple possède sa propre vérité, car la question d’une relation bi-culturelle est, d’après moi, souvent plus complexe qu’on ne le pense. Il s’agit d’une situation enrichissante, certes, mais qui possède parfois des côtés moins faciles, et qui demande à ces couples de s’ajuster, soit à cause de différences culturelles ou de language, ou d’ordre pratiques (comment savoir quand quitter son pays pour l’autre, les problèmes de visa ou l’apprentissage ou non de la langue du conjoint, par exemple).

J’ai été impressionnée par la sagesse et la profondeur des témoignages que ces 10 couples m’ont envoyés. Je sais qu’il s’agit d’un sujet relativement intime, et je les remercie de s’être livrés à moi avec autant de sincérité. De bien jolis parcours qui nous montrent avec transparence les coulisses des relations à cheval entre plusieurs cultures !

Fanny et Ibra, France-Tanzanie

J’ai rencontré Ibrahim, Massaï vivant en Tanzanie, en septembre 2012 via un chantier de volontariat international, à Zanzibar, où nous étions tous les deux volontaires. Nous nous sommes mis en couple en janvier 2013, alors que j’étais retournée lui rendre visite dans sa tribu. Après une succession d’aller-retours entre les deux continents, nous avons décidé de monter un projet de chambres d’hôtes en Tanzanie, pour proposer aux gens un accueil familial et authentique mêlant nos deux cultures. Nous avons eu un fils en octobre 2014, puis nous sommes mariés dans son village en septembre 2015.
Au quotidien, bien entendu la différence de culture se fait parfois ressentir et ce n’est pas toujours évident de se comprendre, mais l’essentiel est d’avoir assez de recul et de tolérance pour accepter des différences de vision. Nos valeurs essentielles sont les mêmes : amour, respect, liberté. Au final, bien qu’issus de deux mondes que tout semble opposer, nous avons les mêmes aspirations dans la vie. Ce qui prime dans notre couple c’est « ne pas se regarder l’un l’autre, mais regarder dans la même direction… » !

Découvrez le projet de chambres d’hôtes en Tanzanie de Fanny et Ibra à cette adresse

Julie et Amanda, France-Brésil

Moi c’est Julie, française de 25 ans née au Luxembourg, en couple avec ma chère brésilienne Amanda, 28 ans. Nous sommes ensemble depuis un peu plus de 3 ans maintenant ! Petit piège, notre histoire ne commence ni en France, ni au Brésil ! En effet, c’est une Guinness à la main, en Irlande à Dublin, que nous nous sommes rencontrées. Nous avons fait pas mal de périodes de longue-distance (Irlande-France, France-Brésil, Portugal-France) pour au final avoir emménagées ensemble au Portugal en 2017, moi pour le boulot et Amanda pour les études ! On en a profité pour parcourir le pays entier, qui est magnifique cela dit en passant, en s’offrant même quelques voyages extra de temps à autres. Un petit secret : notre projet pour 2019 est de partir au Brésil. Être un couple binational peut globalement demander beaucoup d’efforts et de compromis (langues, choix de vie géographique, rencontre entre familles, contraintes de droits liées au visa). Mais une fois que l’on a trouvé sa cadence et son mode de fonctionnement en tant que couple, ce n’est que du bonheur. Je dirais que nous avons l’opportunité de vivre de manière permanente à travers 2 cultures, voir 3 avec celle que nous créons chaque jour ensemble !

Coralie et Adam, France-Angleterre

Notre histoire est commune aujourd’hui en Europe. C’est la génération Erasmus. Deux personnes étrangères qui se rencontrent dans un pays étranger. Pour nous, tout a commencé dans une des plus belles villes du monde : Rome. Un Anglais et une Française profitant de la dolce vita. Puis, nous sommes devenus parents et nous avons repris la route. Cette fois, olé, direction l’Espagne. Nous y habitons depuis plusieurs années. Comment vit-on à l’étranger quand on est tous les deux étrangers ? Et bien, c’est simple et complexe. Chez nous, on parle italien. De vrais romantiques ! C’est aussi une langue neutre, très pratique quand on est un couple mixte. Personne ne domine l’autre si l’on peut dire. Notre futur ? Ici et mariés. Avec le Brexit, on fait tous les papiers (qui prennent trop de temps – imaginez un mariage de deux étrangers à l’étranger !). Mais on ne sait pas encore comment nous, couple mixte franco-britannique, allons être traités. En attendant, je veux continuer à aller au Royaume-Uni à Noël manger des mince pies et Adam boire du Champagne au Nouvel An en France tout en nous disant « Ti amo » avant de retourner à notre quotidien espagnol.

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Hélène et Andrés, France-Mexique

Je suis en couple avec Andrés depuis presque 3 ans maintenant et nous nous sommes mariés il y a un an. Entre nous, tout a été très vite puisque Andrés m’a demandé en mariage 5 mois après notre rencontre. Nous nous sommes rencontrés dans la ville de Monterrey, au Mexique, lors de mon semestre d’échange et où nous vivons aujourd’hui. Je suis fière d’être mariée à une personne qui porte en lui une langue et une culture différentes de la mienne parce-que cela apporte sans nul doute une grande richesse dans nos échanges. Néanmoins, cela peut parfois se révéler un véritable challenge car il arrive que nos différences nous éloignent. Parfois nous ne comprenons pas certaines de nos réactions. De mon côté, il m’arrive d’être frustrée par ma vie au Mexique car j’ai dû faire beaucoup de sacrifices et il y a des choses qui me révoltent telle que l’absence de système social. A cet égard, nous ne comptons pas faire toute notre vie ici : nous envisageons un départ pour la France ou tout du moins pour l’Europe et c’est formidable car c’est aussi ça la richesse d’un couple mixte.

Découvrez le blog d’Hélène et sa vie au Mexique sur A French in Mexico.

Sabrina et Ousmane, France-Sénégal

Nous sommes un couple franco-sénégalais, ensemble depuis un peu plus de 2 ans, et nous fêterons notre 1ere année de mariage en Juillet. Nous nous sommes rencontrés au cours d’un voyage humanitaire que j’effectuais au Sénégal : j’étais bénévole dans cette association, et lui, Ousmane, y était chef de projet. Je vis actuellement à Paris, et lui au Sénégal. Je fais donc plusieurs fois par an des allers-retours. En août, ça sera le dernier voyage seule, puisque j’ai pris en aller simple pour m’installer définitivement au Sénégal. « Inchallah », comme on dit là-bas ! L’exemple le plus significatif de la différence de culture pour nous a été la question du mariage : pour moi, c’était une certaine forme d’aboutissement du couple ; pour Ousmane, c’était la condition pour officialiser notre couple et vivre ensemble. Aussi, après de longues discussions, nous nous sommes rapidement mariés, ce que je n’aurais jamais envisagé avec un Français. Ce que je retiens de notre couple bi-national, c’est la nécessité de communiquer, pour tout et sur tout. Il faut apprendre à se décaler de sa propre culture, pour comprendre celle de l’autre, et trouver comment chacun peut se satisfaire et se nourrir de l’autre, dans le respect et l’amour. Car l’amour est universel et n’a pas de frontière !

Anne-Lise et Hakim, France-Arabie Saoudite

J’ai rencontré mon copain il y a un an en Angleterre, où nous étudions, en dansant sur de la bachata. Ayant beaucoup en commun, nous nous sommes engagés dans une relation très épanouissante, mais qui pouvait s’avérer compliquée. Je suis française athée, il est musulman d’Arabie Saoudite. On s’est finalement promis de toujours respecter les croyances de chacun, sans essayer de changer l’autre. C’est un pari risqué, mais nous pensons être assez ouverts d’esprit et tolérants. Autre situation-problème qui se pose à nous concerne les voyages : le passeport saoudien étant bien plus faible que le français, il faut faire des concessions, ou être patient pour obtenir un visa. Ce que nous adorons dans notre relation, ce sont nos différences culturelles. Je découvre avec plaisir les traits cachés de son pays d’origine, souvent représenté à tort dans les médias. Nous partageons un délicieux kabssa les soirs de Ramadan avec ses amis saoudiens, repas durant lequel je m’essaye à manger avec les doigts. Les interactions en arabe et français -sous fond anglais- sont le fruit d’un apprentissage quotidien, mais ce n’est pas facile. Encore moins d’ailleurs avec les beaux-parents en France, là, c’est plutôt le franglais avec de drôles d’incompréhensions qui domine.

Violette et Federico, France-Italie

Federico et moi sommes deux expatriés de longue date et n’avons pas rencontré de difficulté culturelle tant que nous vivions hors de l’Europe. La France et l’Italie sont des pays voisins qui se ressemblent beaucoup. Les choses ont changées quand nous nous sommes installés au sud de l’Italie. Federico m’avait séduite avec un grand jeu galant « à l’italienne », mais j’ai aussi découvert la face B du mâle italien: une fois la parade nuptiale passée, ce dernier retourne à son véritable amour, le football, vous laissant le soin de cuisiner puis de débarrasser la table. Au risque de sembler caricaturale,  la répartition des tâches domestiques est la principale source de tension dans notre couple. Après une cohabitation houleuse, nous sommes arrivés aujourd’hui à un équilibre.
Être un couple bi-national dans un pays tiers est une chose beaucoup plus aisée que de vivre dans le pays de l’un des conjoints. Le conjoint expatrié, dans le pays de sa moitié, doit parfois lutter pour imposer sa propre culture au foyer. Aujourd’hui, je dirais que notre famille essaie de concilier les deux modèles. Federico m’aide dans beaucoup plus de choses au quotidien que la majorité de ses semblables. J’ai appris à me détendre et je me dis que même s’il ne sera jamais capable de trouver le chemin de la planche à repasser, il possède un sens de la famille et de l’engagement rare chez les Français. C’est cela que j’aime dans sa culture italienne.

Anne-Lise et Jean-Claude, France-Bénin

J’ai rencontré Jean-Claude lors d’une mission de bénévolat au Bénin. Patron d’un bar situé à côté de l’association où je travaillais, ce fut un réel coup de foudre et cela fera bientôt deux ans que nous sommes ensemble. J’ai alors tout quitté pour m’installer avec lui non loin de Cotonou. Le meilleur risque que j’ai jamais pris de toute ma vie ! Notre couple franco-béninois nous apporte une richesse inestimable chaque jour. Même si pas mal de quiproquos culturels pointaient le bout de leur nez au début de notre relation, cela nous a toujours fait rire et finalement nous a énormément soudé. Cette différence de culture nous a appris à être extrêmement tolérants et bienveillants envers nous-même. Et en dehors de ça, cela nous permet aussi d’en apprendre davantage sur la culture de chacun et de casser nos préjugés respectifs. En fin de compte je dirai que notre couple essaye de fonctionner en piochant le meilleur dans chacune de nos deux cultures, et ça c’est plutôt cool !

Découvrez le blog d’Anne-Lise, Go Benin Go.

Nathalie et César, France-Equateur

César et moi sommes ensemble depuis un peu plus de 6 ans et mariés depuis 2 ans. Il est équatorien et nous habitons à Madrid avec nos fils Leo et Gabriel. Nous sommes donc une famille bilingue (même si lui ne parle toujours pas français, je le parle le plus possible avec mes enfants). Pour moi, cette situation est source d’une grande richesse culturelle (et culinaire… on en découvre des choses ! Nous sommes tous devenus fan des bananes plantain sous toutes leurs formes !). Le fait de vivre dans un pays qui n’est pas le nôtre aide aussi, car il est plus facile de créer une « culture familiale » qui n’est ni complètement française, ni complètement équatorienne. Il y a aussi des difficultés, surtout avec les enfants (mais en fait, je pense que l’éducation des enfants est toujours difficile car chacun a reçu une éducation différente, couple bi-national ou pas). Il a été par exemple difficile pour César de comprendre que je doive (et souhaite) retourner au travail après 5 mois d’arrêt maternité car pour lui, il était évident que la maman doit rester à la maison. Ceci étant dit, il a ensuite défendu ma position quand sa maman lui a dit que son pauvre fils allait souffrir à la crèche au lieu d’être avec sa mère !

Julie et Juan, France-Espagne

En Espagne depuis presque 2 ans, j’ai rencontré mon petit ami il y a 4 mois maintenant, alors que je sortais d’une relation compliquée. On s’est rencontré à travers une application. On vit chacun dans un appartement à Valladolid, et on se voit le week-end. Pour ma part, mon expérience (petite), de couple bi-national, c’est à la fois une richesse mais aussi une grande peur. Une richesse parce qu’on partage une double culture, quand l’un dit quelque chose, l’autre renchérit sur son pays. Ce qui me fascine chez lui, c’est aussi cette volonté à vouloir apprendre le français. Quelques petits mots qui te donnent tout de suite le sourire, et pas seulement  pour son accent. Toutefois, il y a cette peur qui t’envahit quand il ne comprend pas ce que tu lui dis, ou les messages qui portent à confusion. Cette peur d’être vu comme une petite française qui pourrait un jour repartir et qu’il se lasse de cette difficulté qui est la barrière de la langue et de la culture.


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Ecrit par :
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