Premières semaines de vie à l’étranger : les choses auxquelles s’attendre

Ceux d’entre vous qui souhaitent partir vivre à l’étranger et qui se trouvent à l’aube de cette nouvelle vie me demandez régulièrement s’il existe des choses à anticiper concernant les premières semaines dans un autre pays. D’autres, un peu inquiets, me contactent quelques jours ou semaines après leur arrivée en me demandant si les choses qu’ils ressentent en ce moment sont “normales” (par exemple, une grande fatigue ou des hauts et des bas au niveau de leur moral).

Vos premières semaines de vie dans un autre pays dépendant de beaucoup de facteurs qui peuvent varier en fonction de votre situation personnelle : partez-vous seul(e) ou en couple/en famille ? Parlez-vous bien la langue de votre nouveau pays ? Avez-vous déjà un emploi à votre arrivée ou devrez-vous en chercher un ? Etes-vous aidé par une entreprise ou partez-vous par vos propres moyens ? Connaissez-vous déjà des personnes sur place ? Tout dépend également si vous êtes à l’étranger pour une durée courte avec une date de retour (Erasmus, stage en entreprise, séjour linguistique) ou si vous êtes partis sans date de retour prévue pour une durée indéterminée. Car partir s’installer de manière durable dans un nouveau pays demande plus d’investissement et d’énergie, tant au niveau émotionnel que pratique.

Le plus important à retenir, selon moi : vous risquez de passer par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel émotionnel, et c’est tout à fait normal. Vous vous “déracinez” pour partir vivre dans un autre pays, et aussi belle cette aventure soit-elle, les premières semaines sont rarement un long fleuve tranquille, mis à part pour quelques super héros de l’expatriation (mais qui, je crois, représentent plutôt une minorité de petits veinards au moral d’acier !). Cela ne veut pas dire que vous êtes négatif ou que vous regrettez votre choix. Je l’ai vécu, et malgré le tourbillon des premières semaines parfois difficile à gérer, je n’ai (presque) jamais regretté mon choix (mise à part quelques épisodes plus difficiles que d’autres, mais c’est aussi votre droit, parfois, de réaliser que finalement, le pays dans lequel vous avez atterri ne vous correspond pas totalement). Loin de moi l’idée de vous décourager à partir vivre à l’étranger ! Mon but est simplement de vous aider à anticiper les émotions que vous pourriez rencontrer.


Juste avant le départ : la période de flottement

Personnellement, je n’ai jamais vraiment aimé la période de flottement entre le moment où l’on sait que l’on part et le départ lui-même. Cela m’a toujours donné l’impression de flotter un peu entre deux mondes contradictoires : l’impatience de l’aventure à venir et aussi la tristesse de dire au revoir à ses proches.

Les montagnes russes émotionnelles

Durant vos premières semaines de vie à l’étranger, votre moral ressemble un peu à la météo  normande : grand soleil, nuages, pluie, puis ciel bleu à nouveau… Vous vivrez toutes les saisons émotionnelles dans une même semaine (et parfois journée), et c’est bien normal ! Tantôt euphorique, épuisé, heureux et découragé (quand la troisième banque vient de vous rejetez car il vous manque un document dont vous n’avez jamais entendu parlé, par exemple !), vous avancez vaille que vaille au milieu du marathon qu’est votre vie dans un nouveau pays. Vous n’êtes ni un ovni, ni une lavette, vous êtes simplement… humain.

De la paperasse, encore de la paperasse

Vous avez l’impression de devoir embaucher un employé pour gérer vos multiples rendez-vous administratifs, immobiliers et bancaires ? C’est normal. A votre arrivée, vous devrez vous créer une vie et une identité administrative complète dans un pays étranger où vous n’avez, au moment où vous posez vos valises, aucune existence légale. Pas vraiment moyen d’y échapper, et si vous le pouvez, obtenez de l’aide de Français ou personnes vivant déjà sur place, de coachs en expatriation ou de tout organisme (parfois le département des ressources humaines de votre employeur) spécialisé dans l’aide aux démarches administratives. Patience et persevérence, donc !

Fatigué… Vous avez dit fatigué ?

Il est normal de se sentir complètement épuisé le soir lorsque l’on est arrivé depuis peu dans un nouveau pays, parfois au point de vous coucher avec les poules (au lit avec une bonne tisane à 20h30 ? Ca m’est arrivé lors de mon déménagement à Londres en 2011 !). Entre l’euphorie des débuts, une nouvelle culture à déchiffrer et intégrer, les démarches administratives, souvent un nouveau poste, la recherche active de logement et – pour ceux qui partent vivre dans un pays non francophone – le fait de devoir s’exprimer dans une langue étrangère tout au long de la journée… La liste des choses qui peuvent vous faire sentir un brin fatigué (ou complètement lessivé) est longue ! Pour moi, le point le plus fatigant a réellement été de devoir m’habituer à m’exprimer uniquement en anglais tout au long de la journée, surtout dans des réunions de travail. Bien sûr, c’était aussi un plaisir car l’apprentissage de l’anglais était l’une de mes motivations premières !

Joie et énergie

Au milieu de ce tumulte de tâches à effectuer et de fatigue parfois extrême, et surtout si vous êtes parti vivre dans un pays qui vous attire vraiment, vous ressentirez aussi une grande joie à l’idée de ce que vous venez d’accomplir et de l’énergie positive pour organiser votre nouvelle vie. Vous avez envie de faire de nouvelles rencontres, d’élargir votre horizon. Avoir eu le courage de dire oui à cette belle aventure, d’apprendre une nouvelle langue, une nouvelle culture, et d’en prendre plein les yeux. Parfois, vous regardez autours de vous dans la rue, et vous ressentez une réelle joie à l’idée d’être ici, dans cette ville étrangère qui va tant vous apprendre. Si vous êtes parti sans conviction (cela arrive, par exemple pour suivre votre conjoint dans un pays où vous n’auriez jamais pensé vivre un jour), vous pourrez quand même ressentir ces petits moments de fierté et de joie, mais ils peuvent mettre un peu plus de temps à pointer le bout de leur nez. C’est la récompense pour ces quelques semaines difficiles (ou mois) du début !

La barrière de la langue

Si vous partez dans un pays non francophone, vous pourrez ressentir quelques difficultées à vous faire comprendre. Soit dans situations administratives (vous rendre par exemple à l’équivalent de la sécurité sociale de votre nouveau pays sans très bien en parler la langue parce qu’il y a une erreur dans votre dossier est une expérience pour le moins intéressante !). Au-delà de ce types de situations, l’incapacité à vous exprimer dans la nuance simplement parce que vous ne possédez pas tout le vocabulaire peut être source de petites frustrations. Car cela rend très difficile la possibilité d’être “vous-même”. Cela viendra, et en attendant vous pouvez lire cet article sur 5 moyens gratuits et faciles d’améliorer votre niveau de langue au plus vite !

Se sentir étranger

L’une des plus belles choses concernant le fait de vivre dans un autre pays : vous apprenez à connaître une autre culture, une autre manière de penser, et cela va énormément vous apporter et vous permettre de créer votre patchwork culturel personnel. Mais, lorsque parfois vous vous heurtez à aspects difficiles de votre nouvelle culture, cela peut aussi soudainement vous faire sentir réellement étranger, dans le sens le plus difficile du terme. Par exemple, le fait de faire un faux-pas dans un pays dont on connaît encore mal la culture. Ou se sentir démuni face à un fonctionnaire, serveur ou toute autre personne mal lunée qui vous manque particulièrement de respect en profitant un peu du fait que vous êtes étranger, mais à qui vous ne pouvez pas vraiment répondre, faute de pouvoir bien vous exprimer.

Coup de blues et solitude

Cela arrive : si vous n’aimez pas votre nouveau travail ou si vous rencontrez de grosses difficultés administratives, il peut arriver que vous ressentiez un coup de blues plus profond que ceux que vous ressentiriez dans votre pays d’origine. Même si vos amis et votre famille sont joignables à tout moment par téléphone ou par Skype, ils ne sont pas là avec vous, et vous devez souvent puisez dans vos ressources d’énergie et de motivation de manière plus profonde qu’en France. Aussi, au début, vous ne serez entouré que de “connaissances” et non de vrais amis, parce que bien entendu, il faut un peu temps pour que de vraies amitiés se forment. Besoin de conseils urgents pour chasser les idées noires et vous sentir chez vous plus rapidement ? Lisez mon article sur mes 7 conseils aux futurs expatriés !

Le bonheur d’une nouvelle vie

Une fois le premier mois passé, votre travail et appartement trouvé et les démarches administratives les plus urgentes effectuées se met en place un bel aspect de la vie à l’étranger : vous recréez une routine quotidienne, des habitudes, parfois aux saveurs bien différentes de celles que vous aviez auparavant ! Lorsque j’ai déménagé à Lisbonne, j’étais heureuse de pouvoir passer mes week-ends au bord de la mer et de marcher au travail. Finis, les transports en commun parisiens ! Lors de mon arrivée à Londres, j’adorais passer des soirées au pub en bas de mon bureau avec mes collègues. Vous commencez à rencontrer des gens, vous apprenez à connaître de nouvelles personnes, langue et culture, et cela ouvre vos horizons. Sans compter les anges-gardiens semés sur votre route qui vous rendent la vie plus facile (et qui contrebalancent les expériences moins positives que vous avez peut-être eu avec d’autres personnes) : un collègue bienveillant qui vous aide dans vos démarches, un nouvel ami rencontré à une meet-up ou toute autre personne qui est là pour vous aider, même de manière minime !


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Un projet de vie expat ou un changement de vie professionelle en vue ? Je suis disponible pour vous aider dans votre projet de vie à l’étranger, quel qu’il soit, et propose des séances d’aide et de discussion par Skype. Je propose également des cours d’apprentissage de l’Anglais de tous les jours, ou relatif à votre domaine professionnel. Pour en savoir plus, rendez-vous sur cette page !

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