7 questions à se poser avant de partir vivre à l’étranger

Partout autour de vous, vous entendez dire que partir vivre ou étudier à l’étranger est une aventure extraordinaire qui ouvre des opportunités de carrière et assure une vie palpitante, comme dans l’Auberge Espagnole. Mais comment savoir s’il s’agit de la bonne chose à faire pour vous ? Mon expérience personnelle est que oui, étudier, vivre et travailler à l’étranger a été un vrai déclic, une libération et un choix de vie que je voulais depuis de nombreuses années. Mais après chaque séjour et départ vers l’étranger, décision après décision, j’ai été confrontée à de nombreux doutes et questions. Vous pouvez en apprendre plus sur mon parcours personnel à titre de repère si cela peut vous aider à réfléchir à votre propre situation, mais le principal but de cet article est de vous aider dans cette question, simple mais parfois si compliquée : dois-je partir vivre à l’étranger ? J’espère que les 7 questions ci-dessous, basées sur mon expérience et mes rencontres avec des internationaux les 10 dernières années, vous aideront à y voir plus clair.

Partir vivre à l’étranger : les questions à se poser

1. Quelles sont mes craintes ?

Si vous êtes décidé à partir à l’étranger, et même s’il s’agit d’un rêve de toujours, vous devez bien avoir quelques inquiétudes que vous avez chassées dans un coin de votre tête. Peut-être même avez-vous de nombreux doutes. Formulez-les, car ils sont souvent spécifiques à chaque personne et varient en fonction du stade où en est votre réflexion, de votre âge ou de votre personnalité : certains sont inquiets par le fait de mal parler la langue du pays d’accueil, par le fait d’aller vivre à l’étranger avec leur conjoint sans pouvoir travailler, d’autres par le fait d’être loin de leurs proches ou bien de partir alors qu’ils ne soutiennent pas votre projet, ou encore par le fait d’avoir le mal du pays ou de se sentir seuls. Parfois, il peut simplement s’agir de la peur de l’inconnu ou de se tromper, sans pouvoir nécessairement rationaliser.

2. A qui puis-je demander conseil ? 

Une fois vos craintes identifiées, trouvez des personnes à différents stades de leur vie, qui ont vécu ou vivent encore à l’étranger. Des étudiants Erasmus, des stagiaires internationaux, des expatriés plus expérimentés qui ont vécu dans plusieurs pays, par choix ou pour suivre un conjoint, des familles, des couples, des célibataires. Demandez-leur de vous raconter leur parcours. Si vous n’avez pas de personnes comme ça dans votre entourage direct, vous pouvez les trouver dans des associations étudiantes comme ESN (Erasmus Student Network, qui organise des activités pour étudiants internationaux dans le monde entier), à des soirées entre expatriés comme Easy Expats, ou même demander conseil à des blogueurs voyage/expatriation. Ils sont tous passés par là. Il est également possible (sans vouloir faire de l’auto-promotion !), de demander conseils à des personnes qui proposent de l’accompagnement à l’expatriation.

3. Dois-je commencer par une immersion de courte durée ? 

Cela s’applique aux personnes qui souhaitent partir, mais ne sont pas réellement sûres de leur décision. Si vous êtes étudiant, pourquoi pas commencer par un stage, un cours de langue, une année de placement professionnel ou un semestre Erasmus ? C’est ce que j’ai fait pendant 6 ans avant mon expatriation « définitive » (cela fait 8 ans que je vis à l’étranger sans être retournée en France), en effectuant divers séjours à l’étranger. Cela m’a peu à peu aidé à comprendre que ce que je voulais vraiment, c’était repartir à chaque fois après mon retour en France. Un signe qui ne trompe pas. Peut-être qu’après 3 mois à Barcelone, vous n’aurez qu’une envie : rentrer en France pour de bon ! Vous serez fixé.

4. Suis-je conscient des difficultés à venir ? 

Partir vivre à l’étranger est une aventure extraordinaire et riche, mais le chemin peut également s’avérer difficile. Si vous souhaitez partir, par exemple, pour fuir des problèmes personnels ou pour faire plaisir à vos parents, cela pourrait se révéler délicat : s’installer et vivre dans un autre pays demande, dans les premiers mois, une énergie incroyable. Les situations du quotidien deviennent parfois des obstacles à surmonter, et les coups durs des tourbillons où les émotions sont décuplées. Je me souviens du jour où j’ai fondu en larmes à Boston (j’y vivais pour un stage) pendant les célébrations du 4th of July car un distributeur automatique avait avalé ma carte bancaire, et que je ne savais pas comment la récupérer, ni comment avoir de l’argent pour les deux semaines à venir (le temps pour ma banque en France de m’en envoyer une nouvelle et de l’activer), loin de mes proches. Ma colocataire m’a avancé de l’argent pendant ces deux semaines et tout s’est bien terminé, mais sur le moment cela m’a paru être la fin du monde. Cela ne doit pas vous empêcher de partir, mais sachez simplement que vous connaitrez des moments difficiles, et qu’ils auront un arrière-goût très différent si vous êtes loin de chez vous. Si vivre à l’étranger est votre rêve (le votre ou celui de votre couple), vous composerez. Si vous partez par obligation et non par choix personnel, cela pourrait s’avérer difficile, mais pas impossible non plus. Certaines personnes parties « sans conviction » ou de manière inattendue adorent vivre à l’étranger une fois sur place. Il faut, dans le cas d’une expatriation qui n’est pas réellement voulue ou rêvée à la base, faire en sorte de vous créer rapidement un réseau dans votre nouveau pays et d’être en contact très fréquent avec vos proches restés au pays.

5. Est-ce que j’y vais à reculons ?

J’ai rencontré certaines personnes dans cette situation, dans des scénarios très différents les uns des autres. Certains étaient des étudiants dont les parents les poussaient à partir étudier à l’étranger dans l’espoir que leur CV serait plus valorisant, d’autres des conjoints ou petit(e)s-ami(e)s d’expats suivant leurs partenaires à contrecoeur. Il s’agit bien entendu de deux situations aux enjeux très différents, mais qui peuvent facilement déboucher sur des situations de souffrance. Il n’y aucune honte à être parfaitement heureux dans son pays d’origine, près de sa famille. Une vie à l’étranger n’est pas la garantie d’une vie heureuse, surtout pas si elle est vécue à reculons. Si vos parents vous poussent à partir alors que vous aimez votre douce France et être proche de vos amis les plus chers, vous risquez de déprimer à manger des crackers tout seul dans votre colocation à Londres et à ne souhaiter qu’une seule chose : rentrer au plus vite, avec un mal du pays à vous retourner le coeur. Exprimez vos doutes aux personnes concernées et expliquez leur que vivre à l’étranger n’est pas quelque chose qui vous fait envie, et trouvez un compromis. Par exemple de vous mettre d’accord avec votre conjoint sur le fait de vous donner un an pour voir si votre nouvelle vie à l’étranger vous plaît, puis après une année, de réevaluer la situation.

6. Et si j’en rêve, mais ne saute pas le pas ?

Selon moi, les personnes dans la situation la plus délicate sont ceux qui rêvent de partir, mais prennent peur et ne sautent jamais le pas pour diverses raisons : se dire que ce n’est pas raisonnable, que la vie est tout de même matériellement confortable à l’heure actuelle, que vos parents vous ont acheté un appartement et que si vous partez à l’étranger vous aurez à payer un loyer, qu’ils voient d’un mauvais oeil que vous partiez, que vous avez peur de l’inconnu. J’ai rencontré autours de moi beaucoup de personnes ayant mis en avant ces raisons pour ne pas partir. Mis à part quelques cas extrêmes que j’ai connus et où certaines situations passent parfois avant une expatriation (parent malade, personnes financièrement en charge de leur famille), la plupart des personnes n’étant pas parties malgré un désir profond ont pris cette décision pour des raisons, selon moi, difficilement valables sur le long terme, et qui risquent de créer un sentiment de regret amer. Car si il y a bien une chose dont je suis certaine, c’est que si vous avez ça dans le sang, si le fait de quitter votre pays d’origine pour vivre à l’étranger, pour de bon ou pour quelque mois, est un rêve profond et ancien, ne pas le réaliser risque d’avoir des conséquences négatives sur votre vie sur le long terme. Quand on m’a offert le poste à Lisbonne il y a quatre ans ans alors que je vivais à Londres, je me suis aperçue que la seule raison pour laquelle je pourrais dire non était par peur : je n’avais plus d’attache sentimentale à Londres, pas de famille, un job très stressant qui ne me rendais pas heureuse, et l’envie de découvrir un nouveau pays. J’étais terrifiée (je n’avais jamais visité le Portugal avant le jour de mon entretien d’embauche) mais aussi très tentée, et j’ai décidé que si seule la peur me retenait, ce n’était pas une raison valable. Je me suis dit que si je m’en étais sortie dans le passé, je pourrais m’en sortir à nouveau.

7. Qu’est-ce que je vois dans mon avenir ?

Si j’étais incapable de dire à 25 ans ce que je voulais exactement faire de ma vie (si je voulais une famille, dans quel pays je me voyais vivre sur le long terme, quelle carrière précise), je savais une chose : que je n’arrivais pas à imaginer mon avenir en France, et que ce n’était pas la manière dont je voyais mon futur. J’aime mon pays, mais je savais que je serais malheureuse si je m’y trouvais toujours dans 10 ans sans être partie vivre à l’étranger, au moins pour un temps. Une question simple, mais qui en général aide à trancher ce que l’on veut vraiment.

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4 Commentaires

  • Surtout surtout surtout ne pas y aller à reculons, ou autre version, ne pas y aller pour quelqu’un d’autre!! C’est la plus grosse erreur de l’expatriation et ça finit forcément en regrets.
    Après, pour le reste, de toute façon on peut toujours revenir en arrière, donc autant foncer!! 😀

    • Oui c’est bien vrai, partir vivre à l’étranger demande une telle énergie que si c’est fait à reculons, ça peut vite devenir très difficile !

  • Je lisai vps certains de vos articles. Le coup des moments durs c’est bien vrai. Quand je me suis rendu compte à Murcie donc tout au sud de l’Espagne que ma carte bancaire refusait le paiement, ça a été la grosse panique.

    Mais bon, 3 semaines aprés j’étais dégoûté de rentrer en France. J’ai connu des espagnols super sympa, je suis passé à la radio en espagnol et tout.
    Et je compte retourner en Espagne cet été, mais plus au nord je pense.

    • Merci pour ce commentaire et ton témoignage ! Je vois que tu as vécu des situation ssimilaires en effet ! Et pourtant, comme tu le dis, cela n’empêche pas que nous adorons notre pays d’adoption 🙂 Bon retour en Espagne, tiens moi au courant ! A bientôt, Gabrielle

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