10 portraits de femmes parties seules vivre à l’étranger

Dans le cadre de ma participation au salon S’expatrier, mode d’emploi, qui traitera, entre autre, de l’expatriation des femmes en général, j’ai décidé de publier sur mon blog un article mettant en avant le profil de 10 femmes étant parties seules vivre à l’étranger. Pourquoi ? L’idée était de mettre en avant des profils de femmes qui partent aussi pour elles, car il existe peu de témoignages de ce type, contrairement aux témoignages de femmes qui suivent leur mari expatrié, sujet beaucoup plus traité sur la toile. Attention, loin de moi l’idée de dire que l’un des deux scénarios est « mieux » que l’autre ! J’ai moi même vécu les deux situations : partir seule, puis suivre mon (depuis) mari. Et je sais que les deux expériences ne sont pas les mêmes, et offrent des opportunités différentes.

Suite à cet appel à témoignages, j’ai reçu plus de 150 réponses de femmes souhaitant partager leur parcours ! Quel plaisir de lire toutes vos réponses, de découvrir vos histoires personnelles d’expatriation, et de voir que je ne suis pas la seule que ce sujet passionne. Cela ne fut pas chose aisée que de choisir 10 profils, et j’espère que cette sélection vous parlera. Il s’agit de 10 femmes de différentes tranches d’âge, vivant aux quatre coins du monde, avec des profils professionnels très différents, mais qui ont toutes une chose en commun, celui d’avoir réalisé le rêve de partir vivre à l’étranger, seules ! Dans cet article, elles expliquent leurs motivations, ce que l’expatriation leur a apporté, leurs doutes, leurs victoires. Bravo à toutes, et n’hésitez pas à laissez vos impressions en commentaire de cet article. Sans plus attendre, je laisse la parole à ces aventurières expats !


Alexia, Brésil

Il y a presque 4 ans (mai 2014), du haut de mes 30 ans, ne tenant plus de “repartir” je m’envole vers le Brésil, un rêve, une intuition… Malgré les mises en gardes et les ‘mais tu n’as plus 20 ans Alex” qu’importe, mes 2 valises en main, je m’en vais… Pour combien de temps? On verra. J’ai commencé en tant que volontaire pour la Coupe du Monde de foot à Rio avec pour objectif les JO de 2016 apprendre à parler le portugais et m’imprégner de la culture brésilienne. En attendant il fallait travailler, où, quand, comment? Je ne parlais pas encore la langue… La gérance d’un resto francais sur Copacabana, bingo! J’ai rarement autant travaillé pendant plus d’un an, pour gagner des broutilles, mais quelle experience, quel apprentissage! Jusqu’au jour où l’un des clients deviendra mon nouveau patron pour les JO!! Conclusion, quand on apprend à (vraiment) écouter son Coeur on
fait des miracles… J’y ai vécu 3 des plus belles années de ma vie, je me suis retrouvée… “Apprenez à suivre votre instinct, il sait ce que votre tête n’a pas encore compris”.

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Christelle, Singapour

Je crois que j’ai toujours voulu partir « vivre a l’étranger » un temps. De mes stages pendant mes études de Commerce International a mes petits boulots pendant les vacances d’été en Europe, la concrétisation de cet objectif de vie a pris du temps. C’est à 44 ans et après une succession d’échecs dans la dernière ligne droite de candidatures internes pour des postes à L’ile Maurice, Londres, New York, ou encore au Luxembourg, que la décision de prendre les choses en main s’est faite. J’étais prête, décidée à lâcher quelques engagements et à sortir de ma zone de confort et enfin réaliser ce rêve et vivre pour moi. Ce fut donc l’arrivée a Singapour en août 2015 avec quelques valises et sans avoir jamais mis les pieds dans cette cite-état avant. Une mission de consultante dans une banque française m’avait été proposée, je quittais donc ma situation confortable de cadre dans le domaine bancaire via un congés sans solde, histoire d’assurer un peu mes arrières au cas ou. Je n’ai jamais regretté depuis.

Tiphaine, Angleterre

Bientôt trois ans que je souffle mes bougies, ici en Angleterre. Tout plaquer à 25 ans pour partir en tant que fille au pair à Londres puis à Exeter. Quitter sa petite vie cosy, famille et amis sur un coup de tête. Envie de bouleverser une routine dans mon quotidien, envie d’expérience et surtout de faire une croix sur ce pays que je ne comprenais plus. Bref une rébellion totale. J’avais envie de me prouver que mes rêves de voyages de petite fille étaient possible. J’aime aujourd’hui dire que l’Angleterre est mon alliée. Elle m’a prouvée que j’étais plus forte que je ne le pensais,capable de réaliser des choses que je n’osais imaginer. Elle m’a réconciliée avec mon pays natal.C’est la plus belle leçon que je retiens de ma vie d’expatrié. Alors si aujourd’hui je peux donner un conseil il faut se donner par tous les moyens, la chance de voyager. Partir à l’autre bout de la planète ou à quelques centaines de kilomètres, c’est déjà une expérience en soi. Croyez moi après ça votre vie ressemblera à un feu d’artifice de saveurs, de couleurs et de savoir.

Elodie, Canada

À 25 ans et après une rupture, je voyais du gris partout : dans les rues de Paris, dans l’open-space bondé, sur mon teint, dans le RER D. Je dévalise le rayon « Développement personnel » de la FNAC, et les livres me posent cette question : Qu’est-ce que je ferais de ma vie si je savais que je ne pouvais pas échouer ?  Si je n’avais pas peur, je partirais seule à Montréal. J’y serais illustratrice, je jouerais de la batterie et je prendrais des cours de swing. À partir du moment où j’avais verbalisé mes envies, une multitude d’événements fortuits se sont mis en place comme par magie. Entre autre, je rencontrai par hasard à Gare de Lyon mon ami Adrien qui venait d’accepter un poste d’ingénieur… à Montréal, ville qu’il adorait !
Quelques semaines plus tard, je découvrais les joies de la colocation avec 8 inconnus, sur le Plateau à Montréal, j’étais à présent graphiste dans les applications mobiles et faisais de la batterie dans un groupe de rock. Je me sentais pleine de vie et fière d’avoir trouver le courage de partir goûter à une autre atmosphère, à une culture différente, à un autre rythme qui correspondait plus à mon caractère. Après 5 jolies années à Montréal, je goûte à nouveau aux joies de l’expatriation, cette fois en Californie, où le charmant Breton qui m’a mis la bague au doigt a accepté une offre d’emploi à Los Angeles. J’ai créé mon blog Goodie Mood, sur lequel je partage mes lectures sur la psychologie positive. Oser affirmer ce que je voulais pour moi et arrêter de cogiter a été le premier pas vers une nouvelle vie que je n’échangerais pour rien au monde.

Fanélie, Centrafrique

Je suis partie pour la première fois seule en juin 2014, pour la Centrafrique. J’avais 26 ans, et je vivais en couple au Bangladesh depuis deux ans. Psychologue depuis 2010, j’ai commencé à travailler dans l’humanitaire dès l’obtention de mon titre. Je suis d’abord partie en Bolivie, en couple, puis au Bangladesh. Ces départs nécessitaient que je m’adapte au parcours de mon compagnon. Faire le choix de la Centrafrique, ça a été faire le choix d’un départ pour moi, qui me permettrait de donner un élan à mon parcours professionnel. Premiers pas loin et seule, dans un pays en guerre, dans un contexte d’urgence : ce départ seule a été vecteur d’excitation et de peurs. Je travaillais pour une ONG, autour des problématiques de santé mentale des Centrafricains pris dans le conflit, et des pratiques de soins mère-enfant dans ces contextes traumatiques autour la nutrition est affectée par le stress, les deuils, les déplacements. Je me suis (re)découverte indépendante, saine dans ma gestion du stress, sociable. J’ai eu accès à des responsabilités que je n’aurais jamais imaginé avoir à 26 ans. Seule, j’ai construit des amitiés solides, porteuses, j’ai affirmé mes valeurs, et j’ai défini le socle de mes priorités professionnelles. Cette expérience a été à la fois coûteuse et fondatrice. Elle a servi de base à mes départs suivants, dans des contextes d’urgence également. J’ai aujourd’hui 30 ans et j’ai créé un site d’accompagnement psychologique. Je continue à porter le message que j’ai appris en mission et tout au long de mon parcours d’expatriée : prendre soin de soi, c’est une clé essentielle de toute expatriation réussie.

Louise, Ecosse

Il y a 1 an, le 5 mars 2017, alors que j’avais 25 ans et que je venais tout juste de terminer mes études de sociologie en Belgique, je suis partie habiter à Édimbourg. Mon séjour devait initialement se limiter à quelques semaines (le temps d’une courte session de cours d’anglais), histoire de faire un « break » avant de me plonger dans le monde très sérieux (et effrayant) du travail. Petit à petit lors de ce voyage, la perspective de rester vivre en Écosse s’est imposée à moi assez naturellement et est ainsi venue concrétiser ce rêve audacieux que je n’osais pas trop avouer (surtout à moi-même). En effet, j’avais avant tout un désir impérieux de retrouver cette ville pour laquelle j’avais eu un véritable coup de foudre trois années plus tôt lors d’un premier séjour linguistique. J’ai mis mes attentes et ambitions professionnelles de côté pour le moment (je travaille comme femme de ménage à temps partiel) afin de vivre ce voyage qui m’épanouit pleinement sur un plan plus personnel. Je ne sais pas encore quand est-ce que l’aventure s’arrêtera mais, bien que je traverse des périodes plus difficiles loin de ma famille, je n’écarte pas la possibilité de vivre plus durablement à l’étranger.

Séverine, Australie

Je m’appelle Séverine, j’ai 44 ans, je suis bretonne et rien ne me prédestinait à vivre et travailler à l’étranger. Mon éducation n’est pas celle d’un enfant d’expatrié. Plutôt réservée, orthopédiste de métier possédant mon propre cabinet, rien ne me prédestinait à partir à l’étranger ! Et pourtant, à force d’être bonne élève et de ne pas savoir dire non, il arrive un jour où l’on se réveille en s’apercevant que la vie que l’on mène n’est pas celle que l’on a construite, mais celle que l’on attend de vous. A ce stade, le burn out était inévitable , mais après un petit requinquage, j’ai décidé que la seule solution était d’aller de l’avant. Ma raison me disait non, mais mon corps et mon instinct criaient « oui ! ».
C’était donc décidé, puisque j’avais toujours voulu faire ça : je serais Chef Pâtissière ! Pour plusieurs raison, et même si cela paraît incroyable, je n’ai pas pu avoir accès à la formation en France, il a donc été plus simple de partir à Hong Kong apprendre la pâtisserie avec un chef Australien, qui lui avait appris en France. 10 ans plus tard, me voilà aujourd’hui en Australie entre le Bush et l’océan, entourée de kangourous. Je ne sais toujours pas si l’herbe et plus verte ailleurs, mais cette vie là est moins effrayante que la précédente !

Angélique, Allemagne

2009. J’ai 29 ans et je vis seule avec ma fille de 5 ans. Au travail, je me sens comme une marmite, prête à exploser. Il FAUT que je change d’air. Mon métier me convient : l’aéronautique, ça ne fait « que » 4 ans que je travaille dans ce domaine, j’ai encore des choses à apprendre. C’est alors qu’on me propose un poste à l’étranger. J’ai une semaine pour prendre ma décision, faire mes valises et nous préparer ma fille et moi à partir à l’aventure, à Hambourg.
En l’espace de quelques semaines, je prépare un déménagement, une formation dans un nouveau job, une recherche d’appartement. J’arrive à Hambourg en novembre, j’affronte la neige, des démarches administratives dans une langue jamais pratiquée, encore de la neige, des trajets domicile-école-travail interminables, des nuits qui tombent à 15h30, de nouveau de la neige, je cherche une voiture, je subis des -14° … pfiou ! Et puis la neige fini par fondre, les barbecues dans les parcs remplacent les températures glaciales. Une nounou extra s’occupe de la sortie de classe et nous avons trouvé notre rythme là-haut. J’aurais bien signé pour une année de plus, mais j’ai dû rentrer pour des raisons familiales. Mais j’y reviendrai 5 ans plus tard. Avec ma fille devenue grande soeur depuis et mon amoureux rencontré cette année-là dans ce grand Nord. Et désormais, je ris quand la neige tombe. J’ai appris à l’aimer, depuis !

Découvrez le site d’Angélique, qui propose des kits DIY et des ateliers live pour les expatriés, ainsi que sa page Facebook.

Amélie, Italie

Je m’appelle Amélie, j’ai 27 ans et je suis belge. Lors de vacances en Italie en 2011, j’y suis tombée amoureuse du village de Rapallo, qui se trouve juste au bord de la mer entre Gènes et les Cinque Terre. J’ai décidé de partir y vivre dans le cadre du programme de stage Leonardo da Vinci, pour découvrir la « vraie vie » sur place. Le stage m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes, de commencer à apprendre l’italien (ce ne fût pas chose facile au début, mais j’ai tenu bon !) et d’apprendre à apprécier la vie là-bas (le petit espresso du matin, la plage à deux pas, l’apéritif entre amis, l’importance de la bonne nourriture, etc).  J’ai donc déménagé officiellement à Rapallo en avril 2013, j’y ai enchaîné différents petits boulots (serveuse, caissière), en passant par la femme de chambre dans un hôtel. J’ai suivi des cours d’italien pour étrangers qui m’ont permis de recevoir mon attestation de niveau C1 (utilisateur expérimenté) après quelques mois. En décembre, le cyclone Cléopâtre s’est abattu sur le Nord de la Sardaigne, étant alors sans travail, j’ai décidé d’y aller pour donner un coup de main. Je suis arrivée dans un centre de récolte, tri et distribution de biens de première nécessité pour venir en aide aux personnes touchées par la catastrophe. J’ai eu la chance d’y rencontrer des personnes merveilleuses, dont mon copain, Francesco, un Sarde très attaché à sa terre et à ses compatriotes. Un mois plus tard, j’ai déménagé à Olbia pour vivre avec lui et 4 ans après, j’y suis toujours !

Alexandrine, Madagascar

A l’âge de 29 ans, enseignante en SVT, je pars 7 mois voyager seule autour du Pacifique  dans le cadre d’un bénévolat au Samoa. A mon retour en France, un sentiment de manque se fait ressentir. 6 mois plus tard, je décide donc de repartir, mais cette fois à Antananarivo, la capitale de Madagascar, où je n’étais jamais allée. Je suis partie dans le cadre d’un contrat local pour enseigner dans des écoles privés Malgache qui suivent le programme français. Cette fois-ci, je suis une expat. Je ne suis pas fan du terme, comme une étiquette collée sur les « vazaha » (les étrangers, les blancs). Ici, difficile de se défaire de cette image qu’ils se font de nous les « expats ». S’immerger et tisser des liens avec les locaux s’avèrent plus difficile que durant mon voyage. Ma double culture franco-asiatique m’a pourtant toujours aidé ! Une histoire, une situation politico-économique et un fossé au sein des habitants expliquent beaucoup de choses.
L’installation  à Antananarivo a été comme une gifle ! L’insécurité et une nouvelle relation de couple me donnent l’impression de perdre cette liberté que j’avais tant recherchée. 2 ans plus tard, je suis toujours à Tana, et ce que je retiens : voyager  est plus simple que de vivre à l’étranger. Mais quand ça ne va pas, je pense aux raisons de mon départ : sortir de ma zone de confort pour me sentir vivante. Ici, tous les jours, un instant de vie m’émerveille, me surprend et surtout me rappelle que j’ai eu une chance incroyable, celle d’être née dans un pays de droits des femmes et des hommes : la France.


Rendez-vous sur la page « Services » de mon blog pour tout savoir sur mes séances d’aide à l’expatriation

Un projet de vie expat ou un changement de vie professionelle en vue ? Je suis disponible pour vous aider dans votre projet de vie à l’étranger, quel qu’il soit, et propose des séances d’aide et de discussion par Skype. Je propose également des cours d’apprentissage de l’Anglais de tous les jours. Pour en savoir plus, rendez-vous sur cette page !

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4 Commentaires

  • Témoignage de Severine en Australie « Et pourtant, à force d’être bonne élève et de ne pas savoir dire non, il arrive un jour où l’on se réveille en s’apercevant que la vie que l’on mène n’est pas celle que l’on a construite, mais celle que l’on attend de vous. »
    Très forte cette phrase. Même étant déjà expatriée, j’ai parfois l’impression que ce n’est pas encore suffisant et qu’il encore plus d’aventure…. Mais je n’ai pas dis mon dernier mot !

    • Merci Julie pour ce commentaire ! Oui, tout à fait, le témoignage de Séverine est hyper inspirant je trouve ! Quelle force, toutes ces femmes sont au top 🙂 L’aventure ne fait que commencer pour toi… Maintenant je gte suis sur Instagram alors je pourrais voir ça aux premières loges, vive le voyage ! A bientôt, Gabrielle

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