Vivre au Royaume-Uni en dehors de Londres : 10 choses que vous vivrez

Je le sais, puisque je l’ai vécu : vivre au Royaume-Uni est une expérience très différente en fonction de la ville où vous posez vos valises, comprenez Londres ou toute autre ville britannique. Vous me direz sans doute que c’est le cas dans tous les pays du monde : la vie dans une capitale est complètement différente de la vie en province. C’est vrai, mais le Royaume-Uni possède certaines particularités : c’est le 3ème pays au monde où les Français s’expatrient le plus, l’un des marchés du travail les plus dynamiques d’Europe, et Londres en particulier est un véritable aimant à Français, à tel point que l’on dit souvent qu’il s’agit de la 6ème plus grande ville de France (même si c’est faux). Mais Londres affiche également un coût de la vie exorbitant (bien plus cher que Paris, oui !), notamment à cause des prix des transports en commun et de l’immobilier. Enfin, le Royaume-Uni possède des identités régionales beaucoup plus fortes que la France : les britanniques sont capables de savoir de quelle ville vient une personne au sein d’une même région au premier mot qu’elle prononce (Leeds, Liverpool, Sheffield, Manchester : regardez sur une carte, ces villes ne sont pas si loin les unes des autres en Angleterre, mais possèdent des accents totalement différents ! Et je ne vous parle pas des accents écossais ou nord irlandais, l’Ecosse possédant d’ailleurs sa propre monnaie et son propre parlement).

Pour toutes ces raisons, il s’agit de la question que l’on me pose le plus souvent sur mon blog : “J’ai envie de partir vivre au Royaume-Uni (ou de quitter Londres), mais j’hésite entre Londres et une autre ville du pays. Où dois-je m’installer ? Puis-je y trouver un travail ? ”. Il y a une vie en dehors et après Londres, et comme toute situation, elle possède ses avantages et ses inconvénients, que j’ai résumés pour vous dans cet article. A suivre également pour vous aider à prendre votre décision : un article compilant les témoignages de 6 blogueurs expats vivant au Royaume-Uni en dehors de Londres, à Edimbourg, Glasgow, York, Cambridge, Ipswich et Belfast !

Où je vis

Note importante : cet article parle de mon expérience à Leicester, dans les Midlands, où je vis depuis un an et demi après 5 années passées à Londres, puis 2 ans au Portugal pour le travail. J’aime Londres avec passion, cette belle ville à l’énergie incroyable où j’ai vécu certaines des plus belles années de ma vie. Je ne suis, à l’origine, pas venue m’installer à Leicester par choix mais par amour (ah, l’amour !), et si je n’étais pas franchement emballée à l’idée de quitter le Portugal pour venir m’installer dans les Midlands (shocking!), j’ai rapidement appris à aimer ma ville d’adoption, et plus encore mon nouveau mode de vie. Leicester est une ville médiévale de 350 000 habitants située à 1h en train au nord de Londres, possédant deux grandes universités, un énorme stade de Rugby (Go Tigers!) et une équipe de foot championne d’Angleterre en 2015. Et beaucoup, beaucoup de restaurants indiens. Si je vous raconte tout ça, c’est parce que bien évidemment, certaines choses que je vis et ressens seraient très différentes dans une ville de “province » plus grande et plus connue (Manchester, Edimbourg…), ou plus petite et plus isolée (comme un village dans le North Yorkshire). Il s’agit de mon expérience personnelle ! Quelle est la vôtre ?


1.Vous vivez quand même à Londres

Peu importe combien de fois vous mentionnerez dans un email, une discussion ou sur votre carte de visite que vous habitez à Manchester/Birmingham/Bristol ou autre, vos interlocuteurs auront la fâcheuse tendance à vous placer à Londres quand même, par défaut. Surtout lorsqu’ils vivent en France et ne sont pas expatriés eux-mêmes au Royaume-Uni. Dans la tête des gens, vivre au Royaume-Uni = vivre à Londres. Ce n’est pas grave, me direz-vous, mais c’est comme ça !

2. Vous vous ruinez en train

Les trains coûtent (très) chers au Royaume-Uni. Du coup, lorsque vous quitterez Londres, vous direz à vos collègues lors de vos “leaving drinks” que vous vous reverrez souvent, car c’est certain, vous viendrez à Londres au moins deux fois par mois. Deux heures de train, ce n’est rien ! Sauf qu’en pratique, votre aller-retour pourra facilement vous coûter 80£, et encore, si vous vous y prenez à l’avance… Les tarifs deviennent vite fous si vous vivez plus loin, ou si vous réservez seulement quelques jours avant le départ. Morale de l’histoire : vous déplacer en train au sein du Royaume-Uni devient quelque chose qui se planifie à l’avance, tout comme vos retours en France.

3. Vous marchez partout

Adieu, transports en commun, ou du moins les trajets de 3h par jour aller-retour et l’abonnement mensuel de l’Oyster Card (la carte de métro londonienne) qui coûte en moyenne 150£ (oui oui, vous avez bien lu, et même beaucoup plus si vous vivez au-delà de la zone 3). Lorsque l’on vit à Londres, on oublie vite que la vie peut-être différente et que certaines villes offrent la possibilité de tout faire à pied, ou avec de courts trajets en voiture sans embouteillages monstres.

4. Personne ne situe (ou ne connait) votre ville

Si vous vivez à Edimbourg, Manchester, Cambridge, Newcastle ou Liverpool, les gens (comprenez toute personne ne vivant pas au Royaume-Uni, ou certains Français n’ayant vécus qu’à Londres et peu voyagé dans le pays) connaitront votre ville. Si vous vivez ailleurs, non. Préparez-vous donc à devoir expliquer à chaque discussion où se trouve votre ville d’adoption sur une carte du Royaume-Uni, par rapport à Londres.

5. Des loyers moins chers

Voire beaucoup moins chers, en fonction de la ville où vous vivez, et c’est bien l’un des grands avantages de la vie en dehors de Londres, mais je ne vous apprends rien ! Faites attention tout de même : certaines villes de province sont également très chères (parfois presque aussi chères que Londres…) si vous souhaitez vivre dans le centre, et il vous faudra peut-être vous éloigner et vivre en banlieue (Oxford, Cambridge, Edimbourg ou York, par exemple). Mais certaines autres villes offrent des conditions de vie vraiment très agréables à petit prix. Pour vous donner une idée, je paye 625£ de loyer pour une jolie maison victorienne avec deux chambres et un petit jardin, en plein centre, à Leicester. Imbattable !

6. Vous rencontrez moins de Français

C’est une bonne ou une mauvaise chose, en fonction de votre personnalité : tout dépend si vous avez tendance à fuir ou plutôt rechercher le contact d’autres francophones. Dans certaines régions ou ville du Royaume-Uni, il peut-être difficile de rencontrer d’autres Français, et c’est d’ailleurs dans ces cas-là qu’ils risquent de vous manquer le plus. A Londres ou en France, vous vous entendiez dire “J’en ai marre de tous ces Français !”. Dans un coin isolé du Royaume-Uni, vous tenderez l’oreille en sautillant d’excitation dès que vous entendrez quelqu’un parler français dans la rue.

7. Des petits problèmes de communication

Simplement liés au fait que dans les plus petites villes, les gens sont moins habitués aux accents étrangers. A Londres, tout le monde vient d’ailleurs et a donc l’habitude de côtoyer des personnes aux accents venus d’autres pays. Là où je vis (350 000 habitants tout de même !), je reste, globalement, une curiosité. Cela m’arrive très (trop ?) régulièrement que les britanniques que je croise au quotidien (vendeurs ou nouveaux collègues, par exemple) me demandent de répéter car ils ne m’ont pas comprise, ou d’où je viens et depuis combien de temps je suis au Royaume-Uni (supposant que comme j’ai un accent, je suis arrivée le mois dernier et non pas il y 7 ans, comme c’est le cas). Rien d’hostile, simplement de la curiosité, mais vraiment étonnant car j’ai un accent, mais pas à couper au couteau non plus. Vous pensiez être bilingue ? Retour à la case départ, donc !

8. Vous vivez comme dans Friends

Oui, comme dans la série télé Friends, où les 6 amis vivent soit dans le même immeuble, soit à deux pâtés de maisons les uns des autres. A Leicester, où je vis, c’est exactement ça. J’ai vécu sur le même palier que des collègues et amis de mon mari, complètement par hasard. Et je vis à 15 minutes à pied de tous mes amis “locaux”. Cela dépend, encore une fois, de la ville dans laquelle vous vivez. Mais même si vous vivez dans une grande ville britannique, il est fort à parier que vous ne mettrez pas plus de 30 minutes pour vous rendre chez vos amis. Très pratique pour avoir une vie sociale facile et spontanée !

9. Des opportunités professionnelles plus rares

Mais ce point précis dépend énormément de votre secteur d’activité et des circonstances de votre départ ! Si vous partez sans emploi en espérant en chercher un à votre arrivée, renseignez-vous bien sur le marché du travail en amont. Londres est l’une des villes les plus dynamiques au monde pour trouver un emploi, il est donc difficile de comparer cette ville au reste du pays. Mais, bon à savoir : les grandes villes britanniques sont globalement dynamiques et vous y trouverez un poste rapidement (surtout si cela ne vous dérange pas de travailler dans un secteur qui n’est pas forcément le vôtre au début, par exemple dans des call centers, qui embauchent beaucoup de francophones !), mais cela prendra sans doute un peu plus de temps.

10. Vos amis londoniens sont divisés

Ils vous envient quand vous parlez de votre temps de transports (10 minutes à pied) ou de votre loyer puisque votre 3 pièces en centre-ville vaut moins cher qu’une chambre en colocation en zone 6 à Londres, mais ils vous prennent aussi en pitié quand vous dites que vous êtes allé AU musée, dans le sens du seul musée de la ville ou presque, ou que vous devez payer 100£ pour venir les voir en train malgré le fait que je trajet ne dure qu’une heure trente. Tout dépend de vos priorités personnelles… On ne peut pas tout avoir !


Un projet de vie expat au Royaume-Uni ? Je suis disponible pour vous aider dans votre projet de vie à l’étranger, quel qu’il soit, et propose des séances d’aide et de discussion par Skype à un prix abordable. Je peux vous aider, en une ou plusieurs séances, à répondre aux questions que vous vous posez : que sait-on du Brexit jusqu’à présent et cela affecte t-il votre départ dans le pays, comment louer un logement au Royaume-Uni (dossier, agences immobilières etc), avez-vous besoin d’un visa pour travailler au Royaume-Uni, quelles sont les démarches indispensables à prévoir avant le départ, comment s’y prendre pour trouver un travail, avez-vous besoin de souscrire à une assurance santé ? Partir vivre en Angleterre ou au Royaume-Uni, c’est souvent se poser toutes ces questions ! Je vous guide pas à pas, par le biais de discussions Skype et d’emails de suivi comprenant tous les liens importants. Je propose également des cours d’apprentissage de l’Anglais de tous les jours, ou relatif à votre domaine professionnel. Envoyez-moi un email à l’adresse gabrielle@lalleedumonde.com pour me parler de votre projet, et discutons-en. Pour en savoir plus, rendez-vous sur cette page !

Vous pourriez également aimer les articles suivants :

Découvrez également mes récits de voyage, que j’écris depuis 7 ans, et qui évoquent tous les points mentionnés dans les différents articles présents sur l’Allée du monde.

Ecrit par :
Lire la suite Gabrielle Narcy

Mes 7 conseils aux futurs expatriés

Je suis partie vivre à l’étranger “pour de bon” à l’âge de...
Lire la suite

4 Commentaires

  • souvenirs, souvenirs! Bien vu Gabrielle, j’ai aussi vécu les deux (Londres et Nottingham) .je me souviens du boucher de Victoria market à Nottingham qui s’exclamait en me voyant here comes the French woman….et pour le boulot, et bien on en était presque au début de cette fabuleuse aventure qu’on appelle l’Europe, les portes s’ouvraient…tout est à revoir aujourd’hui mais avec le digital je suppose qu’on peut presque travailler d’où on veut, une autre aventure!

    • Merci Anne, j’adore quand tu parles de tes années anglaises ! Nottingham est une ville géniale. « Here comes de French woman », c’est très drôle ! A l’époque où elles étaient encore assez rares en Angleterre, car maintenant les Français sont partout 😉 Voyons en effet ce que le Brexit aura comme conséquence sur le monde du travail britannique, en tout cas les nomades digitaux comme moi ont un bel avenir devant eux je pense aussi !

  • The other thing you should be aware of ‘en province’ away from the cosmopolitan city is that you go weeks without speaking your mother tongue. I remember vividly 18 months in Nantes when the only time I spoke English was to my daughter – 2 years old at the time! Ca te manque.

    • Very true, Frank ! It is harder to meet people from the same country/speaking your language when living in a less international city… I’m glad you had your 2 years old daughter to chat to, though! Very cute 🙂 Gabrielle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *