Conseils généraux Vivre à l'étranger

8 conseils pour survivre à un retour d’expatriation (non voulu)

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L'allée du monde blog Gabrielle Narcy expatriation

Les retours d’expatriation peuvent être une délivrance pour ceux qui se languissent de leur pays d’origine et comptent les minutes jusqu’à un retour. Parce que oui, une expatriation n’est pas toujours une expérience réussie, ou si elle l’est, certain sentent parfois néanmoins que le temps est venu de tourner la page, et de rentrer. Mais pour beaucoup, pour tous ceux qui ne souhaitent pas vraiment ou ne se sentent pas prêts à rentrer, un retour d’expatriation non voulu est souvent une expérience réellement douloureuse, un genre de mauvais rêve éveillé composé d’appréhension, de peur, voire même de désespoir. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille, et il arrive que certains doivent rentrer pour des raisons indépendantes de leur volonté. La fin d’une année Erasmus, un visa qui expire et impossible à renouveler, rentrer pour s’occuper de proches malades ou en difficulté, perte d’un emploi sans pouvoir en trouver un à nouveau. Les raisons d’un retour non voulu sont multiples, et peuvent mettre votre moral à rude épreuve. Voici donc, sans plus attendre, mon petit kit de survie de l’expat qui ne veut pas vraiment rentrer au pays.


Le sentiment du retour

Avant toute chose, jaugeons l’ennemi. A quoi ressemble la bête noire, tapie dans l’ombre, qui vous rend si malheureux à partir du moment où votre avion décolle du pays que vous ne vouliez pas vraiment quitter ? J’ai vécu deux fois des retours d’expatriation des Etats-Unis vers la France lorsque j’étais étudiante, après plusieurs mois passés à Boston et à San Francisco, et ils n’étaient pas vraiment voulus (c’est le moins qu’on puisse dire : je me serais enchaînée à un arbre pour continuer ma vie américaine, si cela m’avait permis d’obtenir un visa !). Je me rappelle du sentiment éprouvé à mon retour comme si c’était hier : savoir que j’étais rentrée “chez moi”, à l’époque chez mes parents, dans une maison que j’adorais, avec ma soeur, mon chat et mes amis à portée de main, et avoir l’impression de flotter comme un fantôme dans une vie qui fut, encore quelques mois auparavant, la mienne, mais qui me semblait à présent sonner faux. C’est le sentiment inexplicable qui survient chez ceux qui ont vécu plusieurs semaines, mois ou années à l’étranger, et qui s’y sentaient bien (et souvent mieux) dans leurs baskets. Chaque retour d’expatriation est différent, mais ces quelques conseils, tirés de mon expérience personnelle et de celles des nombreuses personnes vivant à l’étranger cotoyées ces dernières années, devraient vous aider à voir que ce sentiment qui vous tenaille est tout naturel, et aussi qu’il y a des choses à faire pour se sentir mieux, et de la lumière au bout du tunnel. Si si, je vous le promets !

1.Encaissez

Il est utile de savoir que quoiqu’il arrive, les premières semaines peuvent être désagréables, voire carrément déprimantes, le degré de difficulté variant en fonction de votre état d’esprit face à votre retour. Ce que vous vivez est finalement le deuil d’une vie que vous ne vouliez pas vraiment quitter, un peu comme muer et changer de peau. Pas très jovial, mais réconfortant de savoir que toutes les personnes dans votre situation ressentent la même chose, et qu’il va falloir faire avec. Le sentiment de flotter dans une vie étrange qui n’était pas la mienne avait duré, pour moi, à peu près un mois.

2.Entourez-vous de personnes internationales et d’étrangers

Le conseil de vos proches démunis face à votre déprime inexplicable sera souvent de vous dire : “Mais sors, vois du monde !”. Ils ont raison, mais j’ai personnellement remarqué que cela me faisait beaucoup de bien de sortir et de fréquenter des personnes dans ma situation (ex expats) ou des étrangers (vivant en France, donc dans votre situation juste avant votre retour en France, où que vous viviez à l’époque). Attention : je ne vous dis pas de laisser tomber vos amis “d’avant” comme des vieilles chaussettes, loin de moi cette idée ! Il est important de préserver vos vraies amitiés de toujours, mais aussi de faire de nouvelles rencontres de personnes correspondant également à votre vie d’expat, qui sont ou ont été, dans le passé, dans une situation de vie à l’étranger.

3.Rendez-vous aux bons évènements

Comment rencontrer ces personnes au profil international ? Ce ne sont pas les options qui manquent ! Les meet-ups Couch Surfing m’ont sauvé la vie au plus dur de ma déprime post-Amérique : je m’y rendais chaque semaine après mon retour à Paris, pour rencontrer des français férus de voyage, ou des étrangers vivant ou étant de passage à Paris. J’organisais également des visites guidées gratuites dans Paris pour les étrangers (toujours par la biais du forum de voyageurs de Couch Surfing), car l’entrain des étrangers heureux de découvrir la France est contagieux et excellent pour le moral ! Les sites du type Inter Nations ou les tandems de type “language exchange” pour continuer à pratiquer cette langue du pays où vous viviez et aider des étrangers à apprendre le français sont également à recommander. Si vous êtes étudiants, inscrivez-vous dans les associations Erasmus type ESN (Erasmus Student Network), présentes dans toutes les grandes et moyennes villes de France. Vous pourrez parrainer un étudiant étranger en échange en France, et participer à leurs évènements et activités.

4.Laissez le temps faire son travail

Attendez quelques mois avant de décider que votre retour est une catastrophe. N’oubliez pas que, surtout dans le cas d’un retour après une très longue expatriation, il vous faut réapprendre complètement la manière dont fonctionne votre pays d’origine. Vous y êtes peut-être né, mais il y a aussi des choses que vous n’y avez pas fait depuis des lustres, voire jamais : payer vos impôts, aller chez le médecin, signer un bail, j’en passe et des meilleures. Par exemple, si je me retrouvais parachutée en France demain, je serais complètement perdue sur la plupart des tâches administratives, car je n’ai vécu en France “que” 25 ans, en tant qu’enfant, adolescente, puis étudiante. Ma vie active et ma carrière s’est faite exclusivement à l’étranger. Même le simple fait d’écrire un email à ma banque ou à des collègues de travail ne m’est familier qu’en Anglais. Cependant, que vous reveniez d’une expatriation longue ou courte, vous vous adapterez peut-être mieux que vous ne pensiez. Votre moitié restée dans le pays que vous venez de quitter pourra peut-être venir s’installer en France (dans le cas de relations longue distance). Ou bien vous trouverez, dans le futur, un nouveau poste à l’étranger, ou dans une autre ville française qui vous plaira. Mon conseil : laissez passer le choc initial du retour qui brouille complètement vos émotions, et voyez comment vous vous sentez 6 mois à un an après être revenu. Puis avisez ! Et surtout : reposez-vous sur vos proches les plus positifs pour vous aider dans toutes les petites tâches administratives qui vont constituer votre retour. Un peu comme vous vous étiez appuyé sur des “locaux”, très certainement, à votre arrivée dans votre pays d’expatriation, pour vous aider dans certaines démarches, n’oubliez pas que vos proches restés en France connaissent toutes les ficelles de la bureaucratie française, et autres réjouissances. Sollicitez-les !

5.Evitez vos proches grincheux

Face à votre déprime, prenez le large face à ceux qui ne semblent absolument pas comprendre votre souffrance actuelle, voire la critique. Ce n’est jamais agréable, et vous pourrez revenir vers eux quand vous vous sentirez mieux. Entourez-vous plutôt de personnes ayant de l’empathie, même si elles n’ont pas elles-même vécues à l’étranger ni traversées de retour d’expatriation.

6.Réservez votre prochain billet

Quoiqu’il arrive, il est important de continuer à bouger et à voyager ! Laissez derrière vous la routine d’une ville que vous retrouvez pour le moment à contre coeur (ce qui peut tout à fait évoluer !) le plus souvent possible. Prévoyez sans cesse votre prochain voyage, même s’il s’agit d’une destination peu lointaine, ou que vous avez peu d’argent : réservez un voyage en train couchette qui met 20h à se rendre à Madrid, peu importe. L’essentiel est de bouger !

7.Préparez votre (nouveau) départ

Qui a dit que vous deviez à tout prix rester en France après votre retour, par exemple, d’Erasmus ou de stage à l’étranger ? Bien entendu, certaines situations sont plus complexes que d’autres (liées notamment à des problèmes de visas ou à des proches malades). Mais dans beaucoup de cas, il est possible de prévoir un nouveau départ, vers le pays que vous avez dû quitter, ou vers un autre : le monde est vaste, et si vous en avez l’énergie, repartez à l’aventure ! J’ai connu beaucoup de personnes ayant quitté le Royaume-Uni pour un temps, pour rentrer dans leur pays d’origine s’occuper de proches ou se rapprocher de leur famille, et qui sont revenues un an ou deux après, car Londres leur manquait trop. Il n’y a pas de règles, et une expatriation en cache parfois une autre !

8.Conseil bonus pour ceux qui sont dans une relation à distance

Aïe ! Laissé derrière soit la personne que l’on aime, en plus d’un retour d’exptriation pas vraiment voulu, ajoute une couche de complexité à votre situation. Le sentiment de deuil est encore plus fort, car les relations à distance ne sont jamais faciles. Mais elles peuvent fonctionner ! Je suis sur le point d’épouser mon petit-ami, avec qui j’ai vécu à distance entre l’Angleterre et le Portugal pendant plus d’un an. Lisez mon article sur les relations à distance si vous êtes dans cette situation, et bonne chance ! Mon conseil le plus important, cependant : dans la mesure du possible, ne passez pas plus de 8 semaines sans vous voir, et ne vous quittez jamais sans avoir réservé votre prochain billet pour vous retrouver. Ca aide énormément pendant les adieux tristounets (ou carrément larmoyants) à l’aéroport. Que la force soit avec vous !

L'Allée du monde Gabrielle Narcy expatriation auteur

Souvenir de mes quelques mois passés aux Etats-Unis


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Découvrez également mes récits de voyage, que j’écris depuis 7 ans, et qui évoquent tous les points mentionnés dans les différents articles présents sur l’Allée du monde.

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