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Interview – Clémentine Latron de Dessine-moi un expat

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Chaque semaine, j’ai ce petit moment d’excitation lorsque Courrier Expat et Courrier International publient en ligne le dernier dessin de Clémentine Latron, expat et illustratrice. Ses dessins font partie de ces petites choses qui rythment ma routine hebdomadaire, et qui me donnent le sourire. Dessine-moi un expat, le nom de la chronique dessinée de Clémentine, est l’un des rendez-vous les plus attendus par les lecteurs expats de ces deux magazines, et pour cause : elle y raconte la vie à l’étranger en général, ainsi que dans les pays où elle vit ou a vécus dans le passé, avec beaucoup d’humour et une sacrée dose de bonne humeur. Qu’il s’agisse des habitudes des expats lors de leurs vacances en France, des us et coutumes des British ou de sa visite chez le médecin aux Pays-Bas (“de l’eau et des Strepsils !”), Clémentine observe et restitue toutes ces choses du quotidien qui constituent sa vie à l’étranger. On s’y reconnaît avec plaisir, nous autres vivant également hors de France, qui passons constamment par des situations similaires !

J’ai eu la chance de discuter avec Clémentine de vive voix récemment. Après avoir lu ses dessins pendant longtemps, j’ai découvert que Clémentine était dans la vie comme sur la papier : sympa, drôle et pleine d’anecdotes et de réflexions intéressantes sur la vie expat. C’est donc avec un immense plaisir que je vous laisse découvrir Clémentine et ses dessins, par le biais de 10 questions spéciales “vie expat” !

Qui es-tu, d’où viens-tu ?

Je suis Clémentine, j’ai 27 ans et trois casquettes : traductrice de formation, illustratrice par passion et actuellement rédactrice pour un site de voyages. “D’où viens-tu ?” est la question que je redoute le plus parce que j’ai déménagé une bonne douzaine de fois depuis que je suis née, du coup je ne viens pas d’un endroit en particulier. Quand on me pose la question c’est ce que je réponds mais comme les gens ne sont en général pas satisfaits de cette réponse, soit je commence la litanie des endroits où j’ai vécu, soit je décide de parler de Paris, où j’ai vécu plusieurs fois et fait mes études. Mais je ne me sens pas particulièrement Parisienne !

Clémentine Latron Illustratrice - Courrier Expat

 Dans quels pays as-tu vécu, et comment y as-tu atterri ?

Toute mon enfance j’ai bougé à droite à gauche à cause (ou grâce) au métier de mon père. Mais nous sommes toujours restés en France métropolitaine ou outre-mer. Les pays étrangers où j’ai vécu, j’y suis arrivée par moi-même. Au Pays de Galles pour un Erasmus, en Angleterre et en Espagne pour des stages et enfin aux Pays-Bas pour mon poste actuel. C’est vraiment un choix : je voulais retourner à l’étranger.

3 choses qui te manquent le plus en France, et 3 choses que tu as préférées dans tes pays d’expatriation ?

Les choses qui me manquent le plus de France sont probablement ma famille et mes amis, mais je ne saurais pas forcément citer trois choses en particulier. Peut-être la météo, quand on entame notre troisième semaine de pluie en juillet (l’été néerlandais est capricieux) ou quelques spécialités gastronomiques françaises, mais je peux vivre sans. Peut-être le système de santé français aussi – ici on soigne tout à grands coups de verre d’eau et de paracétamol. J’ai la chance d’être à 3 heures de Paris en train, donc la France étant à portée de Thalys je sais que je peux y retourner assez fréquemment si je le veux. Ce que j’ai préféré dans chacun des pays où j’ai vécu, c’est leur culture de manière générale, ces petites choses rigolotes qu’on n’apprend qu’en étant plongé dedans, ou ces gestes de tous les jours un peu clichés mais qui manquent une fois qu’on n’y est plus : boire un thé beaucoup trop fort dans un pub british à Oxford, tout faire à vélo à Amsterdam, vivre de tapas et de tinto de verano frais à Madrid…

Clémentine Latron Illustratrice - Courrier International

De tous les pays où tu as vécu, y en a t-il un qui t’a plu plus que les autres ?

Si je m’écoutais je continuerais à explorer pays après pays, mais en y réfléchissant je crois que si je devais en choisir un seul parmi ceux que j’ai fait, ce serait l’Angleterre. Le Royaume-Uni de manière générale en fait. Peut-être pas le plus exotique, mais bizarrement j’ai un faible pour la culture british depuis toute petite.

Quand as-tu commencé à dessiner ?

Toute petite ! A deux ans je décorais déjà les murs de ma chambre et accusais ma petite soeur qui était encore au berceau. Ensuite j’ai continué sur des supports un peu plus traditionnels : j’ai retrouvé des cahiers où j’avais écrit des histoires illustrées vers 6-7 ans, au primaire j’étais la spécialiste des dessins de bébés (ne me demandez pas pourquoi), au collège je décorais les agendas de mes copines et au lycée/en prépa j’ai commencé à faire de vraies petites “BD” pour lesquelles j’ai fini par créer mon premier blog, A Khubette’s Life.

Le métier que tu rêvais d’exercer étant petite ?

Je crois qu’à une époque je voulais être boulangère, pour pouvoir goûter à tous mes gâteaux. 

Vivre à l’étranger : est-ce que c’était voulu, ou es-tu tombée dedans par hasard ?

C’était vraiment voulu ! Le fait de déménager sans cesse pendant mon enfance m’a donné la bougeotte. Pendant mes études de traduction j’ai privilégié les stages à l’étranger, et une fois mon diplôme en poche j’ai cherché uniquement à l’étranger.

Clémentine Latron - Illustratrice - Courrier Expat

Si tu devais n’en choisir qu’un : quel conseil aurais-tu voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger ?

Dans mon cas ç’aurait vraiment été : “Les gens partent”. Parce que quand on vit à l’étranger, on se fait très souvent des amis “expat”. Or, les amis expat, ça a une durée de vie limitée dans le sens où très souvent ça repart pour une autre destination ou ça rentre au bercail au bout d’un moment. Et ça, c’est ce qui est le plus dur pour moi : voir partir les gens les uns après les autres. Heureusement il y a aussi les amis “locaux” et ceux qui ont pris racine !

Si les questions de visa et d’argent n’étaient pas un problème, dans quel pays aimerais-tu vivre dans le futur, même brièvement ?

Si c’est brièvement, alors il y en a un paquet ! Je crois que j’aimerais vivre dans une grande ville des Etats-Unis, New-York par exemple, quelque part au fin fond du Canada ou dans un pays nordique. Récemment je suis allée à Tokyo et je me verrais aussi tout à fait y vivre quelques mois. Bref, la liste est longue !

Des projets à venir ou des rêves, dont tu voudrais nous parler, même fous ou lointains ?

J’aimerais beaucoup publier un recueil de mes dessins dans un futur proche. Et je rêve d’un jour publier mes propres guides de voyage – illustrés, bien sûr – sur les destinations où j’ai vécu. Jusqu’à l’année dernière je rêvais aussi de faire le Transsibérien qui relie Moscou à Vladivostok. C’est désormais chose faite, donc maintenant je vise la Route 66 !

Si tu devais être une devise ou un dicton, lequel choisirais-tu ?

Je ne sais pas si une citation compte comme devise ou dicton, mais j’aime beaucoup celle-ci de Mark Twain : “Twenty  years from now you will be more disappointed by the things that you didn’t do than by the ones you did do. So throw off the bowlines. Sail away from the safe harbor. Catch the trade winds in your sails. Explore. Dream. Discover.” Soit “Dans vingt ans, vous serez plus déçu par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors larguez les amarres. Mettez les voiles et sortez du port. Explorez. Rêvez. Découvrez.”

Clémentine Latron Illustratrice Expat

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