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Interview – Camille Médina, illustratrice expat

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Camille Medina illustratrice expat

Je vous présente Camille Medina, l’illustratrice qui dessine pour l’Allée du monde depuis quelques semaines. J’ai rencontré Camille complètement par hasard, au détour de Twitter. Elle a commenté un article que je venais de poster, j’ai répondu, et grandes bavardes que nous sommes, nous avons commencé à papoter et nous sommes apperçues que nous vivions à 20 minutes l’une de l’autre à Leicester, en Angleterre, dans la région des Midlands. Le hasard fait parfois bien les choses ! J’ai découvert ses illustrations, et j’ai tout de suite adoré son univers. Nous nous sommes alors rencontrées pour boire un café et j’ai beaucoup aimé sa passion et sa détermination à devenir toujours meilleure dans son art : Camille est sans cesse en train de se former à une nouvelle technique, de se perfectionner, de travailler sur de nouveaux projets, dont certains pour des clients comme la BBC, rien que ça ! Camille est une fonceuse et une artiste de talent, et je me suis dit que son parcours pourrait vous intéresser et vous inspirer, si vous aussi vous souhaitez vous lancer à votre compte, créer votre affaire, ou simplement si vous aimez les jolis dessins. Découvrez sans plus attendre les questions spéciales vie expat et freelance posées à Camille, bonne lecture !

Qui es-tu, d’où viens-tu ?

Alors, la première question est facile : je suis Camille, j’ai 30 ans et je suis illustratrice. La deuxième question un peu moins. Ma famille et moi avons beaucoup déménagé quand j’étais plus jeune (au moins sept fois avant l’âge de 18 ans si je ne me trompe pas) et du coup c’est toujours une question à laquelle il est un peu difficile de répondre. Généralement je me considère du sud de la France car c’est de là que viennent mes origines et nombre de nos déménagements s’y sont déroulés. Après, je dis souvent Montpellier pour faire plus simple parce que c’est la région dans laquelle j’ai vécu le plus longtemps… avec très bientôt – en février en fait – l’exception de l’Angleterre (où j’ai aussi déménagé plusieurs fois) !

Comment as-tu atterri en Angleterre ?

C’est aussi une longue histoire (décidément !). Pour faire court, disons que je le dois un peu à Cédric Klapisch et à son film L’auberge espagnole, et plus tard à ma fac qui n’avait pas d’accords d’échanges Erasmus avec l’Irlande, découverte au cours de vacances en famille, et qui aurait été mon premier choix. Du coup j’ai choisi l’Angleterre. Je suis tombée complètement amoureuse de Londres pendant l’année que j’y ai passé, à tel point que je ne voulais pas en partir. Il a bien fallu que je parte cependant, parce qu’à l’époque je croyais que je n’aurais jamais un travail décent sans au moins un Master en poche (ahh, la mentalité française !) et à ce moment-là je me suis promis de tout faire pour revenir. Alors quand lors de ma deuxième année de Master (pro)  j’ai eu la possibilité de faire un stage en entreprise à l’étranger j’ai sauté dessus. “And the rest is history” comme ils disent ici !

Les choses qui te manquent le plus en France, et les choses que tu préfères en Angleterre ?  

J’ai remarqué que ce qui me manque le plus a trait à la famille et à la nourriture, et que ce que je préfère en Angleterre a à voir avec la mentalité et le visuel.

Ce qui me manque en France c’est ma famille, avec qui j’ai des liens très forts, et les amis que j’y ai laissés. C’est parfois difficile de ne pas les voir aussi souvent que je le voudrais. Ensuite, étant du sud de la France, forcément le soleil et la météo. Les pâtisseries. J’arrive à recréer pas mal de plats français ici, mais les pâtisseries… Genre une bonne ganache pour mon anniversaire, ou un éclair au chocolat, … Oui, je suis fan de bon chocolat, et en particulier de chocolat noir, ce qui ne se fait pas beaucoup ici. La charcuterie. Les compotes : ici, ça n’existe pas. Ou plutôt, ce n’est que pour les bébés, donc ultra moulinées et assez peu de choix. Je vous attends au tournant : oui, je pourrais en faire moi-même parce que c’est pas très compliqué, etc. mais honnêtement après une longue journée de travail ta compote tu as envie de la manger, pas de la faire ! Et les fruits aussi me manquent ! Il y a bien entendu un grand choix de fruits ici aussi, mais bien souvent ils sont cueillis et transportés avant d’être mûrs et ça veut dire qu’ils n’ont pas beaucoup de goût quand on croque dedans. Qu’est-ce que j’aimerais manger une pêche qui a le goût d’une pêche ou un abricot qui a le goût d’un abricot !

Ce que j’aime en Angleterre en revanche c’est le sentiment de liberté qui est plus fort pour moi que quand j’étais en France (j’y viendrai). Je trouve qu’il y a d’abord un plus grand respect des personnes et une plus forte tolérance. Tout n’est évidemment pas rose non plus, mais c’est l’impression que j’ai de toute façon. J’aime les files d’attentes organisées et où on ne se bouscule pas. Les conversations sont plus légères : j’aime le fait que les gens ne sont pas toujours à essayer de tout tourner en débat. Je trouve ça beaucoup plus reposant. Bon, c’est à double tranchant parce que des fois on a envie de conversations un peu plus profondes, mais c’est juste une question de trouver les bonnes personnes avec qui discuter.

En tant que femme, je trouve qu’il y a aussi moins de machisme, les hommes sont moins rentre-dedans ici. Et tu peux porter ce que tu veux, tout le monde s’en fiche.

Ensuite, j’aime la mentalité anglaise. La prédominance de la pratique sur la théorie : plutôt que de philosopher pendant des heures sur la meilleure approche pour faire quelque chose ici les gens essaient et voient si ça marche ou pas. J’ai l’impression qu’il y a moins de peur de l’échec et simplement le fait d’essayer est encouragé (et apparemment récompensé à l’école !). J’aime aussi le fait qu’ici tu n’es pas scotché à la série du Bac que tu as passée, à un job ou à une carrière. Bac S ou L (ou autre), ils ne font pas la différence parce qu’ils ne savent pas ce que c’est. Pour quelqu’un qui a fait un Bac Littéraire, c’est une libération ! Et de la même manière, tu n’es pas mis dans une boîte en fonction de l’école/fac où tu as fait tes études, et tu n’es pas marié à ton boulot : si à quelque moment que ce soit tu souhaites changer de carrière, te reconvertir, tu peux et personne ne sera choqué ! En Angleterre, c’est l’ensemble de ce que tu sais faire qui compte, y compris ce qui relève de ta personnalité et de tes loisirs.

Et enfin d’un point de vue visuel, et notamment du design, le niveau est simplement supérieur (c’est juste mon avis). Je commence à voir des choses intéressantes quand je rentre en France, je ne vais pas le nier non plus, mais il y a encore du boulot, en particulier du côté de la papeterie et des cartes de voeux.

Camille Medina illustratrice

Quand as-tu commencé à dessiner ?

Comme beaucoup de personnes, dès que j’ai pu tenir un crayon à la main. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire et là où beaucoup de personnes s’arrêtent pour passer plus de temps avec leurs amis ou à d’autres loisirs j’ai continué, juste pour le plaisir. J’ai passé beaucoup de temps à dessiner au fil des années. J’aimais créer mes propres personnages et j’aimais également copier les personnages des films Disney et les personnages de mes mangas préférés. Sachant cela, quand la première vague de Pokémon est arrivée en France, mon frère m’a passé pas mal de “commandes” de posters (format A4 bien sûr !) pour afficher dans sa chambre. En plus de ça mes parents nous ont élevés mon frère, ma soeur et moi avec une règle très simple: tout cadeau (anniversaire, Noël, fête des Mères, fête des Pères) devait être fabriqué. Comme vous pouvez vous en douter, après quelques années il faut déployer des trésors d’imagination pour rester original et produire quelque chose qui ne soit pas un réchauffé d’un cadeau précédent. Donc dessin et créativité ont toujours fait partie de moi !

Vie freelance : pourquoi et comment t’es-tu lancée à ton compte ?

C’est arrivé un peu par hasard. J’ai commencé “ma vie d’adulte” comme chef de projet en agence de branding. J’y ai travaillé pendant quelques années, puis j’ai été licenciée pour raison économique. J’ai retrouvé du travail dans la City de Londres (mon rêve à l’époque) très vite, boulot dans lequel je ne me suis pas plu mais alors pas du tout ! J’avais le sentiment de ne pas être “à ma place”. Au début je pensais que c’était le fait de faire quelque chose de nouveau dans une nouvelle entreprise, et je me suis dis “allez, tiens le coup”. Environ trois mois plus tard c’était toujours pareil. C’est à ce moment-là que la mère de mon copain, qui est écrivain et savait que j’aimais dessiner, m’a proposé d’illustrer une histoire pour enfants qu’elle avait écrite de longues années auparavant. Le texte était très court, très simple et le but était de nous amuser et de créer un petit livre que nous allions offrir à la fille de sa nièce pour son troisième anniversaire quelques mois plus tard. J’ai commencé à travailler sur ce projet pendant mon temps libre et ça a été le déclic. Trois mois plus tard (donc au bout de six mois dans cette entreprise où j’étais malheureuse comme une pierre) le livre était fini et je me suis dit qu’il fallait que je sorte de là. Au départ l’objectif avait simplement été de tenir un an pour montrer que j’avais quand même essayé, puis changer de travail. A partir de là l’objectif est devenu : apprendre tout ce que je pouvais de ce job (on ne sait jamais ce qui va nous servir ni quand), mettre de l’argent de côté, et me lancer dans l’illustration. Comme pour le fait de partir vivre à l’étranger j’ai pas réfléchi de trop. Lorsque j’ai travaillé sur ce livre je me suis sentie vivante comme jamais je ne m’étais sentie vivante auparavant (ça fait très “cliché” mais c’est la vérité) et je me suis dit que c’était un signe et que c’était ça que j’étais censée faire. Je crois que c’est grâce au fait que j’ai été si mal au sein de cette entreprise que j’ai franchi le pas car honnêtement, je ne sais pas si j’aurais eu le courage si j’avais été dans une situation “plus confortable”. Mais au point où j’en étais, je n’avais rien à perdre et tout valait mieux que ma situation à ce moment-là. Pendant les six mois suivant ma décision je me suis remise à dessiner régulièrement, j’ai commencé à lire des livres sur l’illustration de livres jeunesse, et à me renseigner sur ce que j’allais avoir à faire pour me mettre à mon compte. Et quand la fin de l’année est arrivée, j’ai donné ma démission et je me suis lancée.

Un conseil à ceux qui souhaitent devenir freelance ?

Fais tes recherches, assure-toi d’avoir des économies ou un autre job à côté pour commencer, sois créatif quant aux moyens de gagner ta vie : il y a de fortes chances que tu te retrouves à faire plein de petits jobs un peu différents (par exemple, je travaille sur des projets pour des entreprises, je prends des commandes de particuliers, j’ai une boutique Etsy, etc.) car il n’y a pas de chèque qui tombe à la fin du mois. Entoure-toi des bonnes personnes, et par ça j’entends les personnes qui te soutiennent coûte que coûte et t’aident à te sentir bien. Et enfin, lance-toi ! N’attends pas que tout soit “prêt” parce que ça ne le sera jamais complètement. N’aies pas peur de faire des erreurs parce que tu vas faire des erreurs, invariablement ; mais tu vas aussi beaucoup apprendre ! Et le plus tôt tu te plantes, le plus près tu seras de réussir. Questionné sur le nombre d’échecs qu’il avait subi avant de parvenir à inventer l’ampoule électrique (apparemment un bon millier) Thomas Edison a répondu : “Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé un millier de façons qui ne fonctionnent pas.” Ca donne à réfléchir.

Ce qui tu aimes le plus et le moins dans ton métier de dessinatrice ?

Je vais commencer par ce que j’aime le moins.

Ce que j’aime le moins ce sont les montagnes russes émotionnelles. Je m’explique : par exemple parfois il y a tellement de travail que tu te demandes comment tu vas réussir à tout faire, et à l’inverse parfois c’est le calme plat et tu te demandes si tu vas jamais retrouver un client et s’il n’est pas temps que tu grandisses et ailles travailler dans un bureau comme tout le monde. Je dois aussi avouer que bien que j’adore mon métier l’incertitude, notamment en termes de rentrées d’argent peut être dur pour les nerfs parfois.

Ce que j’aime le plus dans mon métier en revanche c’est la liberté des horaires. Oui, il y a des fois où je dois travailler 14 heures par jours tous les jours y compris le week-end, mais ça n’arrive que dans des cas assez rares, et pouvoir choisir mes horaires en fonction de la quantité de travail, pour moi, c’est le luxe ! Aller à la salle de sport hors heures de pointe, au supermarché quand il n’est pas bondé, pouvoir prendre soin de moi quand je suis malade (ce qui arrive bien moins souvent soit dit en passant !), j’ai envie de dire “What else?”. Et puis comme je dessine principalement des trucs drôles je m’amuse bien et je rigole beaucoup.

Camille Medina illustrations

Le métier que tu rêvais d’exercer étant petite ?

Hahaha ! J’ai toujours été intéressée par plein de choses alors il n’y en avait pas qu’un ! Quelques exemples d’une longue liste dressée entre l’âge de 4 et 10 ans et formulés comme à l’époque (après il y en a eu d’autres mais tu as dit “étant petite” donc ça compte plus) : “policière”, “travailleuse McDo” (oui, quand j’avais 5 ans c’était cool ; un peu moins à 19 quand j’ai finalement réalisé “mon rêve” le temps d’un été), mécanicienne, maquilleuse-coiffeuse, artiste peintre (hey, on n’est pas loin !).

Le projet pro ou l’illustration dont tu es la plus fière à ce jour ?

Ce qui est marrant quand tu fais de l’illustration et que tu regardes en arrière c’est à quel point tout ce que tu as fait jusqu’à maintenant ou presque te semble embarrassant. Je sais que je suis ponctuellement fière d’illustrations, je me dis “Wouah, c’est le meilleur truc que j’ai jamais dessiné !” et je les revois quelques mois plus tard et j’en ai presque honte. Il y a quelques exceptions, bien sûr ; généralement dans mes carnets à dessins. Par exemple j’ai l’impression que 2017 a été un grand cru. Mais redemande-moi dans 2 ans et j’aurai peut-être une réponse différente.

Ce dont je suis très fière en ce moment en revanche c’est d’avoir travaillé avec la BBC deux fois en un an. Je suis aussi ravie de l’engagement que j’ai reçu sur mon compte Instagram pendant Inktober, un défi qui a lieu au mois d’octobre et qui consiste à créer un dessin à l’encre par jour pendant un mois. Et enfin, je suis absolument ravie d’avoir eu la chance de travailler sur une collaboration avec l’Allée du monde en janvier. Oups, tu avais dit “LE projet pro ou L’illustration”…

Si tu devais n’en choisir qu’un : quel conseil aurais-tu voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger ?

Honnêtement, aucun. Je suis partie vivre à l’étranger seule et presque tête baissée, je ne connaissais personne autour de moi qui l’avait fait, et je n’ai pas recherché plus de conseils que ça sur internet avant de partir parce que je voulais partir, point. J’étais dans l’inconnu quasi complet quand je suis arrivée : j’avais un stage en entreprise mais pas d’appart (j’ai logé chez celui qui est maintenant mon petit ami pendant environ deux semaines), la majorité de mes amis d’Erasmus, qui étaient des étudiants internationaux, n’était plus là, bref je n’avais aucune idée de ce que ma vie allait être mais je savais que j’étais juste heureuse d’être là. Et je suis pleinement ravie de mon expérience telle qu’elle l’a été et de mon apprentissage. Imagine, un conseil de plus et ma vie aurait peut-être été complètement différente ! Alors non, pas de conseil en plus pour moi, merci !

Des projets à venir ou des rêves, dont tu voudrais nous parler, même fous ou lointains ?

Cette année je prévois de développer ma boutique Etsy plus avant et j’aimerais également créer un nouveau zine.

Après, je rêve d’avoir ma propre ligne de produits, en particulier dans le domaine des fournitures de bureau / papeterie et papier cadeau (c’est un domaine que j’ai toujours adoré). J’aimerais également illustrer des livres humoristiques comme Random Illustrated Facts: A Collection of Curious, Weird, and Totally Not Boring Things to Know de Mike Lowery ou The Secret Diary of Tiddles,Aged 3¾ de Gemma Correll (deux de mes héros). Et enfin, j’aimerais faire de l’illustration presse.

Si tu devais être une devise ou un dicton, lequel choisirais-tu ?

En ce moment c’est une citation de Maître Shifu tirée du film d’animation Kung Fu Panda 3 : “If you only do what you can do, you will never be better than what you are”, ce qui en français donne plus ou moins : “Si tu ne fais que ce que tu sais faire, tu ne seras jamais plus que ce que tu es maintenant.”

Camille Medina Illustratrice

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Interview – Clémentine Latron de Dessine-moi un expat

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Chaque semaine, j’ai ce petit moment d’excitation lorsque Courrier Expat et Courrier International publient en ligne le dernier dessin de Clémentine Latron, expat et illustratrice. Ses dessins font partie de ces petites choses qui rythment ma routine hebdomadaire, et qui me donnent le sourire. Dessine-moi un expat, le nom de la chronique dessinée de Clémentine, est l’un des rendez-vous les plus attendus par les lecteurs expats de ces deux magazines, et pour cause : elle y raconte la vie à l’étranger en général, ainsi que dans les pays où elle vit ou a vécus dans le passé, avec beaucoup d’humour et une sacrée dose de bonne humeur. Qu’il s’agisse des habitudes des expats lors de leurs vacances en France, des us et coutumes des British ou de sa visite chez le médecin aux Pays-Bas (“de l’eau et des Strepsils !”), Clémentine observe et restitue toutes ces choses du quotidien qui constituent sa vie à l’étranger. On s’y reconnaît avec plaisir, nous autres vivant également hors de France, qui passons constamment par des situations similaires !

J’ai eu la chance de discuter avec Clémentine de vive voix récemment. Après avoir lu ses dessins pendant longtemps, j’ai découvert que Clémentine était dans la vie comme sur la papier : sympa, drôle et pleine d’anecdotes et de réflexions intéressantes sur la vie expat. C’est donc avec un immense plaisir que je vous laisse découvrir Clémentine et ses dessins, par le biais de 10 questions spéciales “vie expat” !

Qui es-tu, d’où viens-tu ?

Je suis Clémentine, j’ai 27 ans et trois casquettes : traductrice de formation, illustratrice par passion et actuellement rédactrice pour un site de voyages. “D’où viens-tu ?” est la question que je redoute le plus parce que j’ai déménagé une bonne douzaine de fois depuis que je suis née, du coup je ne viens pas d’un endroit en particulier. Quand on me pose la question c’est ce que je réponds mais comme les gens ne sont en général pas satisfaits de cette réponse, soit je commence la litanie des endroits où j’ai vécu, soit je décide de parler de Paris, où j’ai vécu plusieurs fois et fait mes études. Mais je ne me sens pas particulièrement Parisienne !

Clémentine Latron Illustratrice - Courrier Expat

 Dans quels pays as-tu vécu, et comment y as-tu atterri ?

Toute mon enfance j’ai bougé à droite à gauche à cause (ou grâce) au métier de mon père. Mais nous sommes toujours restés en France métropolitaine ou outre-mer. Les pays étrangers où j’ai vécu, j’y suis arrivée par moi-même. Au Pays de Galles pour un Erasmus, en Angleterre et en Espagne pour des stages et enfin aux Pays-Bas pour mon poste actuel. C’est vraiment un choix : je voulais retourner à l’étranger.

3 choses qui te manquent le plus en France, et 3 choses que tu as préférées dans tes pays d’expatriation ?

Les choses qui me manquent le plus de France sont probablement ma famille et mes amis, mais je ne saurais pas forcément citer trois choses en particulier. Peut-être la météo, quand on entame notre troisième semaine de pluie en juillet (l’été néerlandais est capricieux) ou quelques spécialités gastronomiques françaises, mais je peux vivre sans. Peut-être le système de santé français aussi – ici on soigne tout à grands coups de verre d’eau et de paracétamol. J’ai la chance d’être à 3 heures de Paris en train, donc la France étant à portée de Thalys je sais que je peux y retourner assez fréquemment si je le veux. Ce que j’ai préféré dans chacun des pays où j’ai vécu, c’est leur culture de manière générale, ces petites choses rigolotes qu’on n’apprend qu’en étant plongé dedans, ou ces gestes de tous les jours un peu clichés mais qui manquent une fois qu’on n’y est plus : boire un thé beaucoup trop fort dans un pub british à Oxford, tout faire à vélo à Amsterdam, vivre de tapas et de tinto de verano frais à Madrid…

Clémentine Latron Illustratrice - Courrier International

De tous les pays où tu as vécu, y en a t-il un qui t’a plu plus que les autres ?

Si je m’écoutais je continuerais à explorer pays après pays, mais en y réfléchissant je crois que si je devais en choisir un seul parmi ceux que j’ai fait, ce serait l’Angleterre. Le Royaume-Uni de manière générale en fait. Peut-être pas le plus exotique, mais bizarrement j’ai un faible pour la culture british depuis toute petite.

Quand as-tu commencé à dessiner ?

Toute petite ! A deux ans je décorais déjà les murs de ma chambre et accusais ma petite soeur qui était encore au berceau. Ensuite j’ai continué sur des supports un peu plus traditionnels : j’ai retrouvé des cahiers où j’avais écrit des histoires illustrées vers 6-7 ans, au primaire j’étais la spécialiste des dessins de bébés (ne me demandez pas pourquoi), au collège je décorais les agendas de mes copines et au lycée/en prépa j’ai commencé à faire de vraies petites “BD” pour lesquelles j’ai fini par créer mon premier blog, A Khubette’s Life.

Le métier que tu rêvais d’exercer étant petite ?

Je crois qu’à une époque je voulais être boulangère, pour pouvoir goûter à tous mes gâteaux. 

Vivre à l’étranger : est-ce que c’était voulu, ou es-tu tombée dedans par hasard ?

C’était vraiment voulu ! Le fait de déménager sans cesse pendant mon enfance m’a donné la bougeotte. Pendant mes études de traduction j’ai privilégié les stages à l’étranger, et une fois mon diplôme en poche j’ai cherché uniquement à l’étranger.

Clémentine Latron - Illustratrice - Courrier Expat

Si tu devais n’en choisir qu’un : quel conseil aurais-tu voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger ?

Dans mon cas ç’aurait vraiment été : “Les gens partent”. Parce que quand on vit à l’étranger, on se fait très souvent des amis “expat”. Or, les amis expat, ça a une durée de vie limitée dans le sens où très souvent ça repart pour une autre destination ou ça rentre au bercail au bout d’un moment. Et ça, c’est ce qui est le plus dur pour moi : voir partir les gens les uns après les autres. Heureusement il y a aussi les amis “locaux” et ceux qui ont pris racine !

Si les questions de visa et d’argent n’étaient pas un problème, dans quel pays aimerais-tu vivre dans le futur, même brièvement ?

Si c’est brièvement, alors il y en a un paquet ! Je crois que j’aimerais vivre dans une grande ville des Etats-Unis, New-York par exemple, quelque part au fin fond du Canada ou dans un pays nordique. Récemment je suis allée à Tokyo et je me verrais aussi tout à fait y vivre quelques mois. Bref, la liste est longue !

Des projets à venir ou des rêves, dont tu voudrais nous parler, même fous ou lointains ?

J’aimerais beaucoup publier un recueil de mes dessins dans un futur proche. Et je rêve d’un jour publier mes propres guides de voyage – illustrés, bien sûr – sur les destinations où j’ai vécu. Jusqu’à l’année dernière je rêvais aussi de faire le Transsibérien qui relie Moscou à Vladivostok. C’est désormais chose faite, donc maintenant je vise la Route 66 !

Si tu devais être une devise ou un dicton, lequel choisirais-tu ?

Je ne sais pas si une citation compte comme devise ou dicton, mais j’aime beaucoup celle-ci de Mark Twain : “Twenty  years from now you will be more disappointed by the things that you didn’t do than by the ones you did do. So throw off the bowlines. Sail away from the safe harbor. Catch the trade winds in your sails. Explore. Dream. Discover.” Soit “Dans vingt ans, vous serez plus déçu par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors larguez les amarres. Mettez les voiles et sortez du port. Explorez. Rêvez. Découvrez.”

Clémentine Latron Illustratrice Expat

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