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Conseils généraux Vivre à l'étranger

13 choses étranges que les expats font

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expat, Gabrielle Narcy, l'allée du monde

Les expats sont des créatures curieuses et sympathiques, mais étranges. Demandez à vos proches restés en France, ou à vos amis étrangers rencontrés dans votre pays d’accueil : il n’est pas toujours facile de vous cerner ! Entre les habitudes françaises que vous conservez à l’étranger, les habitudes étrangères que vous ramenez dans votre valise à chaque passage en France, et le melting pot d’habitudes qui constituent votre quotidien là où vous avez posé vos valises, vous êtes certainement le reflet de votre vie à l’étranger : riche, mais parfois étrange à observer ! Après plusieurs années de vie expat, j’ai dressé la liste des petites manies qui rythment ma vie de française à l’étranger. Et vous, vous en avez aussi, des petites habitudes étranges ?


Ils parlent bizarrement

Les expats cherchent leurs mots dans toutes les langues qu’ils parlent. Tantôt dans leur Français natal (“je ne sais plus comment on dit ça en Français”), tantôt frustré de ne se souvenir que de l’expression française en plein milieu d’une discussion dans une langue étrangère qu’ils parlent pourtant tous les jours (“comment tu dirais ça en Anglais déjà ?”), l’art de la conversation peut parfois s’avérer compliqué.
Il arrive même qu’ils inventent simplement un mot ou une expression, en faisant une traduction littérale d’une langue à l’autre, ou en s’emmêlant les pinceaux avec les faux-amis, qu’ils connaissent pourtant en théorie, ce qui n’empêche malheureusement pas leur langue de fourcher. Ils ont parfois un accent un peu étrange en Français (mes amis de France me certifient que je ne parle plus “comme avant”), après des années à pratiquer une autre langue dans la vie de tous les jours, mais ne perdront sans doute jamais non plus totalement leur accent étranger aux oreilles des gens du pays où ils vivent.
Lorsqu’ils parlent à un autre expat Français, les choses sont plus simples, car ils se comprennent en faisant leur petite cuisine linguistique : ils changent parfois de langue en pleine phrase, ou placent des mots d’une autre langue en pleine conversation en français.
Ces choses là peuvent également varier en fonction du sujet : beaucoup d’expats vous diront qu’ils ne savent pas parler de leur travail en Français (ou envoyer des emails professionnels), puisque leur carrière s’est faite presque exclusivement dans un autre pays, et une autre langue.
Bref, l’expat a quelques problèmes d’élocution !

 

Ils ont une double personnalité

Phénomène souvent lié à la langue, les expats n’ont pas la même personnalité en fonction de celle qu’ils utilisent. Il est prouvé que les personnes qui parlent différentes langues possèdent différentes personnalités, et également que l’utilisation du langage ne se fait pas de la même manière dans différentes langues parlées par la même personne. Par exemple, les gros mots / insultes ont moins d’impact lorsqu’on les dit dans une langue étrangère que dans sa langue natale. Et qui n’a pas ressenti cette frustration au début de l’apprentissage d’une langue de ne pas pouvoir complètement être soi-même, ou de donner l’impression d’être timide ou de ne pas avoir le sens de l’humour dans une langue étrangère ? Cela a certainement été mon cas, au début de mon apprentissage de l’Anglais : je passais mon temps à sourire gentiment pour camoufler le fait que je ne comprenais que la moitié de ce qui se passait autour de moi ! Et je ne parle pas de mes tentatives ratées de raconter une histoire drôle, en bafouillant et en cherchant mes mots, sans compter que les choses qui font rire dans un pays ne le font pas forcément dans un autre. L’humour est quelque chose de terriblement culturel, et une blague (ou le ton de la blague) qui fera rire un Français ne fera sans doute pas rire un Anglais ou un Allemand. A l’inverse, l’expat se sent parfois plus confiant dans une langue étrangère que dans sa langue natale dans certains domaines de sa vie : travail, relations amoureuses, éducation des enfants ou autre !

 

Ils postent des photos de leur shopping/repas français

On voit régulièrement sur les réseaux sociaux de l’expat des photos du shopping ramené de France après son séjour, ou des victuailles apportées par leur famille lorsqu’elle leur rend visite (“Visite de la famille : saucisson, Petits Beurres et Apéricubes… #FrenchFood #IloveFrance #MerciMaman !”). Ses amis en France cliquent gentiment sur “J’aime”, en se demandant pourquoi il poste une photo d’une pile d’éponges Spontex tous les 6 mois. Ils sont bizarres, ces expats ! Autre spécialité : la première photo postée par un expat de retour en France pour des vacances est souvent en rapport à la nourriture. Premier “vrai” pain au chocolat depuis Noël ou bonne menthe à l’eau Teisseire pendant les vacances d’été : l’expat est plus excité par ses premières moules frites depuis un an lorsqu’il rentre en France que par les spécialités culinaires qu’ils découvrent lors de ses vacances en Thaïlande. L’effet “madeleine de Proust”, sans doute !

 

Ils commettent quelques faux-pas

Et ces faux-pas les rendent parfois assez drôles à côtoyer. On s’habitue rapidement aux normes culturelles de son pays d’accueil, mais non sans commettre quelques erreurs durant les premiers mois de vie dans un nouveau pays. Un exemple précis : les Anglais sont très informels par email. Je me suis donc habituée, travaillant dans une entreprise anglaise, à suivre ce mode de communication assez chaleureux. Mais lorsque j’ai recommencé à communiquer avec des Français dans le cadre d’un nouveau poste, j’ai vite compris mon erreur. J’étais trop familière avec des inconnus par email (en les appelant par leur prénom, comme au Royaume-Uni), et on ne s’est pas gêné pour me remettre à ma place. Oups ! Mais j’ai remarqué que ce problème existe également lorsque l’on rentre en France : il faut parfois un ou deux jours pour se réadapter à la manière dont on y fait les choses. Je salue régulièrement les commerçants Français en Anglais lors de mon premier jour de retour en France, la honte totale lorsqu’ils comprennent tout de suite que je suis française, et que j’ai simplement parlé dans la mauvaise langue…

 

Ils ne savent pas comment dire bonjour

Doit-on faire la bise, faire un hug, serrer la main, ou simplement faire un petit “Hello !” gêné de loin ? En parlant des normes culturelles parfois difficiles à respecter, saluer figure définitivement en tête de liste. Pas de problème lorsque vous rentrez en France, là, c’est facile : vous faites la bise à tout le monde (ce qui peut vous sembler un peu étrange aussi après quelques années passées dans des contrées moins tactiles envers les inconnus !). Mais rendez-vous à une soirée pleine de gens de différentes nationalités et les ennuis commencent : entre les Italiens, les Grecs ou les Portugais qui embrassent tout le monde à tout bout de champs (même au début d’un entretien d’embauche, c’est du vécu !), les Anglais et les Allemands qui sont allergiques à la bise et les Français qui restent les bras ballants sans savoir quoi faire du tout, on ne s’en sort plus !

 

Ils sont lunatiques

En fonction de la conversation et du sujet, l’expat fait la girouette : un coup défendant son pays d’accueil, un autre son pays d’origine, on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Si vous avez le malheur de critiquer le pays dans lequel il a élu domicile, gare à vous (“Mais pas du tout, la cuisine anglaise est beaucoup plus raffinée qu’on ne pense ! Inculte !”). Mais si on critique la France devant lui/elle, cela a le chic de l’agacer également (“Non, les français ne sont pas tous des grincheux arrogants”). Cela marche aussi si quelque chose le contrarie dans son pays d’accueil (“En France, j’aurais pu voir un vrai médecin bien plus rapidement !”). Loin de vous l’idée de vous comporter comme une diva : vous souhaitez avoir la primeur des éloges ou des critiques de tous les pays avec lesquels vous possédez un lien, et avec lesquels vous entretenez une relation passionnelle.

 

Ils font courir leur famille à la Poste

Même si l’expat ne manque pas de remplir une demie valise de produits français à chaque passage en France, et connait par coeur le nom des sites qui livrent ces produits dans son pays de résidence, cela ne l’empêche pas d’avoir également recours à des envois complémentaires. Par le biais de sa famille ou de ses amis, bien entendu, qui courent à la Poste pour lui envoyer des produits français essentiels (des éponges).

 

Ils se moquent de tout le monde

Gentiment, mais au final, tout le monde en prend pour son grade : les locaux de son pays d’accueil (“Quoi ? Tu manges de la Marmite au petit déjeuner ? Pouah !”), aussi bien que les Français, lorsque l’expat rentre à la maison (“C’est tellement français ce que tu fais ! Personne ne trempe sa tartine dans son café en Angleterre”). Il n’y peut rien : l’expat est simplement légèrement agaçant, mais il se soigne !

 

Ils ne sont jamais là

Que ce soit dans le pays où ils vivent ou dans leur pays d’origine, les expats ne sont jamais là. Ils sont en vadrouille un peu plus que la moyenne : soit ils sont occupés à recevoir de la famille qui leur rend visite depuis la France (et à faire le guide touristique, en fonction de l’endroit où ils vivent !), soit ils utilisent une bonne partie de leurs vacances annuelles pour rentrer au pays, voir leur famille et leurs amis. Et quand ce n’est ni l’un ni l’autre, ils ont souvent le virus du voyage, et ne manquent pas une occasion de pouvoir partir se balader loin de chez eux. Bref, l’expat est souvent au milieu des préparatifs de son prochain séjour à l’étranger, ou de la venue de sa famille ou d’amis en visite. Vous voulez prévoir de sortir boire un verre avec un expat ? Attendez, il regarde son agenda. Il est disponible dans 6 semaines !

 

Ils ont une caverne d’Ali-Baba

Et que trouve t-on, lorsque l’on pousse la porte de cette caverne aux merveilles (qui prend souvent la forme d’une penderie, d’un placard ou d’une étagère) ? Des stocks de produits français en tout genre. Compotes, savon, éponges, moutarde, biscuits, dentifrice… Tel un écureuil avec ses noisettes, l’expat possède ses petites réserves de produits français qu’il rationne tout au long de l’année, entre deux passages en France (ou entre deux colis envoyés par ses proches, comme évoqué plus haut).

 

Ils ont une relation étrange avec les autres Français

Certains les fuient (“Tous des cons !”), ce que je trouve d’ailleurs assez typique des Français. Je ne jette pas la pierre, je suis passée par cette phase à mon arrivée au Royaume-Uni, car je voulais absolument améliorer mon Anglais. Mais j’ai cru remarquer que d’autres nationalités éprouvent plus de plaisir à se parler et à faire causette avec des personnes du même pays lorsqu’elles se croisent en voyage ou entre expats. Mettez deux Italiens ou deux Portugais dans une même pièce avec 150 autres personnes du monde entier : ils s’attireront comme des aimants et deviendront amis en quelques minutes. Faites la même expérience avec deux Français : il est plus probable qu’ils se regardent en chiens de faïence, de loin, sans vraiment se parler. Une partie des Français expats évitent donc les autres Français, mais vous croiserez toujours l’exception qui confirme la règle : certains expats sautent littéralement sur toute personne francophone pour qu’il/qu’elle devienne son meilleur ami, ravie de pouvoir parler dans sa langue maternelle, se voir tous les jours ou de se retrouver pour cuisiner des quiches lorraines ensemble. Difficile de savoir à qui vous avez affaire lorsque vous croisez d’autres Français à l’étranger, mais quoi qu’il en soit, il est fort probable que l’expat français que vous venez de rencontrer tombe dans l’une de ces deux catégories !

 

Ils essayent tous les restos français de leur quartier / ville

Et ne sont (presque) jamais satisfaits. C’est la règle d’or de l’expat ! Il commente à voix haute qu’il s’agit manifestement d’une pâle copie d’une spécialité française. Ma furie le jour où la chaîne “Pâtisserie Valérie”, en Angleterre, m’a vendu un éclair au chocolat fourré à la vanille ! No comment.

 

Ils ont des habitudes exotiques ramenées de leurs différents pays

Idée totalement inspirée d’un dessin de Clémentine Latron, qui parle de la manière dont les Français initient leurs proches à des habitudes rapportées de leur pays d’accueil en France lorsqu’ils rentrent voir leur famille. Par exemple, le fait de dîner à 17h30, tout à fait acceptable en Angleterre. Ceci étant dit, soyons positifs : l’expat ramène également des habitudes qui font le bonheur des autres. Mes parents ne pourraient plus passer un été sans Pimm’s, boisson que je leur ai fait découvrir en Angleterre, et qu’ils boivent maintenant en France ! Aussi, lorsqu’un expat a vécu dans plusieurs pays différents, il finit par piocher les choses qu’il préfère dans chacun d’entre eux : les crackers en Suède, l’huile d’olive au Portugal, les biscuits en Italie ou le thé en Angleterre. L’expat aime faire son petit shopping international lorsqu’ils se rend dans les pays où il a vécu dans le passé.


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Conseils généraux

Tabou : j’ai vécu à l’étranger sans apprendre la langue du pays

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Apprendre une langue

Partir vivre à l’étranger et voyager vous plonge parfois dans des situations inattendues qui viennent bousculer vos habitudes, et révéler des traits de votre personnalité dont vous ignoriez l’existence. C’est ce qui m’est arrivé lorsque je suis partie vivre et travailler au Portugal de manière soudaine, pendant un an et demi.

Je relate dans cet article une expérience que j’ai vécue, liée à l’expatriation, qui ne raconte ni un drame ni une situation très douloureuse, mais qui m’a suffisamment déstabilisée pour que je décide de retourner vivre en Angleterre (même s’il ne s’agissait pas de mon unique raison de quitter le Portugal, cela y a beaucoup contribué). J’ai pensé que cette anecdote pourrait être utile à ceux qui décident de partir vivre dans un pays dont ils ne parlent pas la langue.

 

Les mots et la culture

La langue (française) et les langues (vivantes en générale) sont des choses très importantes pour moi. Lorsque j’ai commencé à vivre aux Etats-Unis, puis en Angleterre, j’étais obsédée par le fait d’améliorer mon Anglais, chaque jour, par tous les moyens possibles (je partage d’ailleurs dans cet article toutes les techniques que j’ai utilisées). J’ai travaillé dur et sans relâche, pendant près de 10 ans, pour parler le meilleur Anglais possible, en comprendre la grammaire, savoir utiliser les expressions et intonations qui font de vous, même si jamais un natif, un étranger qui s’intègre plus facilement au sein de son pays d’accueil en montrant un intérêt profond pour sa culture. Cela représente beaucoup de travail, mais n’a jamais paru être une corvée, car j’ai une passion innée pour la langue anglaise. L’Allemand, appris au collège, a aussi été une langue que j’ai adoré pratiquer, et dans laquelle j’avais fini par atteindre un bon niveau à l’oral après plusieurs séjours dans le pays (avant d’en oublier la quasi totalité par manque de pratique). Lorsque j’ai déménagé au Portugal, je n’avais aucune notion de Portugais. L’Espagnol ou même l’Italien, très proches du Portugais, me sont également inconnus, car je suis plutôt naturellement attirée par les pays nordiques et anglo-saxons. Je n’ai jamais été attirée par les langues latines (à par le Français, bien entendu !), ni les pays chauds (pour rire, j’ai d’ailleurs écrit un poème à ce sujet, appelé “Fille du Nord”). Le Portugal me faisait rêver depuis des années comme une destination de vacances, mais pas comme une destination où vivre.

 

Des débuts difficiles

Moi qui me suis toujours perçue comme une voyageuse curieuse, qui aime les langues et ouverte au monde, j’ai rapidement été vue au Portugal comme une expat fainéante qui ne cherchait pas à apprendre la langue de son pays d’accueil. Cela a été une image difficile à assumer. Un peu comme de me regarder dans un miroir et de ne pas reconnaître la personne que j’y voyais. Au bout du compte, le fait que je ne parle pas le portugais et que cela aille à l’encontre de valeurs profondes que j’ai développées au cours des années a contribué au fait que je ne puisse pas me voir rester dans ce pays sur le long terme. J’ai vite compris qu’au fond de moi, je n’avais pas vraiment envie d’apprendre le Portugais. Je n’avais en rien anticipé cet élément lors de mon déménagement au Portugal, puisque le fait d’apprendre une nouvelle langue avait fait partie intégrante de ma décision de partir vivre dans ce pays. J’avais, avant mon départ, même commencé à apprendre les bases du Portugais. Mais une fois confrontée à ma nouvelle vie, à mon nouveau travail et à la langue en question, les choses ont rapidement changées.

Mon travail à Lisbonne a été très prenant dès le premier jour. J’ai été embauchée par une grosse start-up anglo-portugaise pour développer le marché français en terme de marketing. L’entreprise en question venait de décrocher un gros investissement. J’étais la seule française, sur une centaine d’employée, et avec un contrat de travail de 6 mois renouvelable autant de fois que l’entreprise continuait à recevoir des investissements conséquents, je savais dès le départ que si le marché ne fonctionnait pas, mon contrat de travail ne serait pas renouvelé. Ce types de contrats temporaires sont monnaie courante dans l’univers des start-ups, mais l’envie d’un challenge, et le poste et le secteur d’activité me plaisant beaucoup, j’avais foncé tête baissée. J’ai quitté, à Londres, un poste en CDI, pour cette aventure un peu folle que l’un de mes anciens managers londonien m’a offerte sur un plateau, ayant lui-même été embauché comme directeur du marketing pour cette start-up.

 

Entre deux pays

J’ai pris, pendant mon premier mois à Lisbonne, des cours de Portugais le soir, que j’ai très rapidement abandonnés. Mes journées de travail se terminant à 21h et mes nombreux “voyages d’affaire” vers la France rendant impossible le fait de me rendre à ces cours de manière régulière. Au moment de mon arrivée au Portugal, j’ai également entamée une relation à distance avec quelqu’un resté en Angleterre. La relation devenant rapidement sérieuse et fusionnelle, j’ai eu l’impression que, même si j’aimais le Portugal et ma vie à Lisbonne, mon coeur se trouvait toujours à Londres. Les relations à distance, c’est bien connu, prennent beaucoup de temps et d’énergie, ce qui a contribué à un sentiment d’avoir le pied entre deux pays dès le début de mon expérience lisboète.

Globalement, déménager seule dans un pays dont la langue et la culture m’étaient totalement inconnues, avec une aide minime de la part de mon employeur pour m’assister dans les démarches administratives a représenté une situation relativement épuisante (même si incroyablement enrichissante). J’ai rapidement compris que le Portugal ne serait qu’une très belle parenthèse dans ma vie, avant de rentrer en Angleterre, où je me sentirai à nouveau chez moi.

 

Un sentiment de culpabilité

J’ai très souvent été blessée par des remarques sur le fait que je ne parlais toujours pas le Portugais après quelques mois, faites par des Portugais aussi bien que par des étrangers qui parlaient le Portugais. Je les comprends, j’aurais pensé la même chose en Angleterre quelques mois auparavant, si j’avais été confrontée à quelqu’un n’apprenant pas activement l’Anglais après plusieurs semaines dans le pays. Vu de l’extérieur, le fait que je sois toujours incapable d’avoir une discussion basique en portugais après plusieurs mois devait en effet paraître, au mieux, risible, et au pire, désolant. Certaines personnes étaient plus agressives que d’autres, les degrés de méchanceté, souvent involontaire, variant en fonction des situations et des profiles. Ma vie quotidienne était également sans cesse teintée de difficultées découlant de mon incapacité à parler le Portugais, comme le fait de ne pas pouvoir effectuer mes démarches administratives dans la langue du pays.

Aujourd’hui, je suis heureuse d’être rentrée en Angleterre, et malgré le fait que je ne parle pas le Portugais, le pays me manque beaucoup et j’aurais toujours un lien particulier avec Lisbonne. Je sais que j’ai une chance folle d’avoir vécu dans un pays aussi beau. J’ai appris pendant cette expérience que vivre et se sentir chez soi dans un pays dont la langue et la culture ne nous fait pas instinctivement rêver est difficile.

 

Jeff, l’exception qui confirme la règle ?

Cependant, une rencontre faite au Portugal reste gravée en moi, et vient chambouler toute ma théorie selon laquelle apprendre la langue du pays est une condition non négociable afin de s’intégrer et de se sentir chez soi. Lorsque je voyageais dans le sud du pays au printemps 2016, j’ai fait la connaissance de Jeff, un australien tenant un Bed & Breakfast dans la petite ville côtière d’Olhao, un vrai paradis sur terre. Jeff gérait son petit hôtel avec brio, tous les guides touristiques répétant qu’il s’agissait de l‘un des meilleurs endroits où dormir dans la ville. Au détour d’une discussion, Jeff m’a appris qu’il ne parlait pas un seul mot de Portugais, alors qu’il vivait à Olhao depuis près de 7 ans. Il aimait la ville, s’y sentait chez lui et semblait connaître les gens du quartier qui le saluaient lorsqu’ils le croisaient dans la rue. Ses employés portugais l’aidaient pour toutes les démarches administratives. Il avait l’air totalement décomplexé par le fait de ne pas parler la langue. Il était dans son élément, comme un poisson dans l’eau.

Serait-il donc possible que j’ai eu tout faux ? Peut-on se sentir heureux et intégré dans un pays dont on ne parle pas la langue ? Je suis curieuse de lire votre opinion si vous en avez une, basé sur vos valeurs ou votre expérience personnelle. Le débat est ouvert !


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Conseils généraux Vivre à l'étranger

7 difficultés auxquelles on ne s’attend pas quand on vit à l’étranger

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vivre à l'étranger

Vivre à l’étranger ? Oui s’il vous plaît ! Expatriée depuis presque une décennie, je ne regrette pas mon choix. Mais dire que la vie dans un autre pays n’est que bonheur et paillettes n’aurait pas de sens. Des frustrations surmontables liées au fait de ne pas réussir à se faire comprendre correctement lorsque l’on commence à vivre au quotidien dans une langue étrangère à des situations plus difficiles comme la peine que l’on cause parfois à nos proches en partant loin, j’ai vécu, et vis toujours, toutes sortes de moments délicats liés à l’expatriation. Il y a les difficultées matérielles que l’on anticipe, et pour lesquelles on tente de s’organiser le mieux possible (trouver un logement, ouvrir un compte en banque, faire des virements bancaires entre deux pays). Et puis il y a les autres, ces choses pas toujours faciles auxquelles on avait vaguement pensées – ou pas – et pour lesquelles il n’existe pas de recette miracle. J’espère que cela vous fera sentir moins seul(e) dans votre propre vie à l’étranger, ou vous aidera à vous préparer si vous vous apprêtez à partir !

Les gens qui nous manquent

Vous aviez bien anticipé que la famille et les amis proches vous manqueraient, mais la réalité de ce sentiment est parfois plus forte qu’on ne pensait, surtout pour ceux qui s’expatrient sur le long terme. Le fait de rater certaines occasions comme des anniversaires ou des naissances provoque souvent un pincement au coeur. Même quand vous rentrez chez vous, c’est la course aux visites, à essayer de voir tout le monde, et, immanquablement, l’impossibilité d’y parvenir. La vie à l’étranger, surtout si elle se prolonge, “écrème”, involontairement, votre cercle d’amis : vous restez naturellement proche des quelques amis qui vous rendent visite à l’étranger ou avec qui vous êtes en contact le plus souvent, simplement parce que maintenir un lien aussi fort avec chaque personne que vous connaissiez dans votre pays d’origine est impossible. Vous avez votre nouvelle vie à l’étranger, et des amis à y voir également. Un point positif tout de même : quand vous voyez vos proches restés en France, vous en profitez pleinement !

Faire de la peine à ses proches

L’un des points les plus difficiles à gérer selon moi, mis à part pour quelques petits chanceux qui arrivent à maîtriser la situation comme des pros ou dont la famille internationale a l’habitude de vivre éloignée les uns des autres : le sentiment de culpabilité et la difficulté à accepter la peine que vous faites à certaines personnes qui sont tristes de vous voir partir. Parfois, cela s’arrange avec le temps : après quelques années, certains parents ou amis ont accepté que vous ne rentrerez surement pas. Mais ce n’est pas toujours le cas. Je ne l’ai pas vécu moi-même puisque je ne suis pas maman, mais beaucoup d’internationaux rencontrés en cours de route m’ont confié qu’ils se sentaient coupables de priver leurs parents de leurs petits enfants, ou de ne pas être proches d’eux durant leurs vieux jours, bien qu’ils sachent qu’ils ne souhaitent pas rentrer en France. Chaque situation est différente, mais beaucoup d’expats doivent gérer la peine que leur départ cause à leurs proches, et cette peine ne diminue pas toujours avec le temps.

Etre entre deux cultures

Bien entendu, se trouver entre deux pays, deux cultures et deux langues est avant tout une belle expérience. Mais il s’agit également d’une chose qui peut s’avérer difficile. Pas mal de personnes ont l’impression d’être des étrangers dans leurs pays d’accueil, et plus complètement français non plus lorsqu’ils rentrent chez eux.  Aussi, plus inattendu mais bien réel, le problème qui consiste à perdre un peu de votre français, puisqu’il ne s’agit souvent plus de la langue que vous pratiquez exclusivement au quotidien : incapacité à trouver un mot au cours d’une discussion en français et ne trouver que l’équivalent en anglais (ou dans la langue que vous parlez tous les jours), difficulté à parler de votre travail en français puisque votre vie professionnelle se fait dans une autre langue, emploi d’anglicismes qui font sourire vos amis en France… Autant de petites situations qui montrent que vous flottez un peu entre deux mondes sans appartenir à aucun à 100%, pour le pire mais aussi pour le meilleur !

Organiser les retours en France

Rentrer en France voir sa famille est avant tout un plaisir, et souvent quelque chose dont on se réjouit plusieurs semaines à l’avance. Mais cela a aussi un coût : un “budget famille” conséquent (payer les billets d’avion ou de train pour rentrer chez vous plusieurs fois par an, les coûts et la régularité dépendant bien entendu de votre pays d’expatriation), et un nombre de jours de congés réduits car vous retournez en France pendant au moins la moitié de vos vacances annuelles. Vous ne changeriez vos vacances au pays pour rien au monde, mais cela laisse moins de place à d’autres types de vacances, pour découvrir de nouveaux endroits !

Le mal du pays

Le mal du pays peut prendre diverses formes, durer deux jours ou deux ans, ne provoquer qu’une brève sensation de douleur ou une vague de tristesse qui balaie tout sur son passage. Il repart parfois aussi vite qu’il était apparu, par exemple si vous êtes triste car vous venez de rater un évènement familial en France pour lequel vous n’avez pas pu vous déplacer. Mais il peut aussi vous frapper de manière plus longue et profonde, si vous n’aimez pas ou plus le pays dans lequel vous avez élu domicile, pour une raison ou pour une autre. Je suis peu sujette au mal du pays depuis mon départ de France, mais je l’ai ressenti trois fois en 7 ans : une fois après une rupture difficile loin de ma famille juste après mon arrivée dans un nouveau pays, une fois au Portugal quand je me suis heurtée à de gros problèmes administratifs sans bien parler la langue locale, et une troisième fois après le vote du Brexit en Angleterre et la vague des unes de journaux xénophobes qui a déferlée sur le pays. Des situations différentes les unes des autres que je n’avais pas anticipées, accompagnées d’une arrière pensée : “les choses seraient plus faciles pour moi en France”. Mais dans mon cas, ce sentiment ne fait jamais que passer.

Les difficultés liées à la langue

Les difficultés liées au fait de vivre dans une langue étrangère que l’on ne maîtrise pas encore bien sont variées. Au début de ma vie dans des pays anglophones, mon problème principal n’a pas été, à ma grande surprise, de ne pas avoir assez de vocabulaire pour me faire comprendre. Même si je ne connaissais pas souvent les bons mots, je pouvais toujours utiliser un dictionnaire ou me faire comprendre en m’y reprenant à plusieurs fois. Le plus difficile pour moi a été que mon niveau d’anglais médiocre m’empêchait d’être totalement moi-même et d’exprimer ma personnalité. Je n’avais pas la même assurance, ni la possibilité de faire de l’humour qui fait mouche, puisque mes blagues tombaient souvent à plat. Je souriais beaucoup pour “meubler” la conversation (à tel point que je me souviens en avoir eu des crampes aux joues !), et pour cette raison, beaucoup de personnes pensaient que j’étais timide, et certainement un peu simplette aussi. J’étais en fait incapable d’enchaîner deux phrases de manière consécutive pour avoir une discussion intéressante. Bien entendu, il y a également le problème de ne pas pouvoir suivre certaines conversations, surtout les discussions de groupes lors de dîners ou dans des bars, à cause du bruit et du fait de décrocher. Aussi, même après des années de pratique d’une langue étrangère que l’on parle au quotidien et dans laquelle on devient bilingue, vous croiserez toujours le chemin de certains natifs de votre pays d’accueil qui ne comprennent pas votre accent car ils n’ont pas l’habitude de parler à des étrangers.

–> Mon article “5 astuces pour apprendre une langue étrangère” se trouve ici !

Le sentiment d’être un étranger

Tout comme les autres points abordés dans cet article, le sentiment d’être un étranger peut couvrir toutes sortes de situations. Pas toujours négatives d’ailleurs, car il peut être sympathique d’être  “la française” au cours d’une soirée, à qui l’on pose des questions sur la culture ou les habitudes des habitants de l’hexagone. Mais ce sentiment peut aussi se décliner sous des formes moins plaisantes. Les commentaires xénophobes occasionnels, qui dans mon cas sont rares mais que j’ai bel et bien vécus, presque essentiellement depuis le vote du Brexit, et qui a été l’occasion pour moi de me frotter en Angleterre à plusieurs “plaisanteries” bien corsées : “Tu es française ? Tu vas te faire expulser de mon pays bientôt alors ?” (c’est tellement drôle ! Kill me now). Il y a aussi les quelques faux pas que l’on commet irrémédiablement dans une nouvelle culture, puisqu’on ne sait pas comment les choses fonctionnent. Je me souviens du regard choqué du premier médecin généraliste que j’ai vu à Londres il y a 6 ans : j’ai sorti ma carte bancaire pour régler la consultation, alors que celles de la NHS, l’organisme de santé national britannique, sont gratuites. On apprend vite !


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Chronique hebdo – Le mercredi, c’est papotages #2

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Gabrielle Narcy auteur chronique blog l'allée du monde expatriation voyage

Eté anglais

La période des vacances d’été s’achèvera bientôt, et je dois avouer que je reste un peu sur ma faim. Je n’ai pas vraiment eu ce sentiment d’été cette année, et on est bien loin des sacro-saintes grandes vacances à la française qui ont rythmé mon enfance. Il faut dire aussi qu’à présent que je vis en Angleterre, l’été peut sembler loin car le climat me joue parfois des tours, à en oublier dans quelle saison je me trouve ! Et dire qu’il y a un an, je vivais à Lisbonne et passait tous mes weekends à la plage (et me plaignais d’avoir trop chaud lorsque je marchais mes 20 minutes quotidiennes jusqu’au bureau tous les matins, éternelle insatisfaite). Vous parlez d’un changement de climat radical. Même si pour un été Anglais, cette année, le temps aurait pu être pire. Nous avons eu 10 jours de vague de chaleur en juin, et pas mal de journées ensoleillées depuis. Mais depuis début août, on gèle littéralement. Ce qui devait arriver arriva donc : j’ai un rhume, et j’écris cette chronique la tête au fond d’une boîte de mouchoirs. On ne peut moins glamour, mais entre les vapeurs des inhalations (remède de grand-mère testé et approuvé), j’ai quand même réussi à passer une semaine agréable. Et vous, comment s’est passé votre été ? Plutôt été anglais ou été lisboète ?

 

Cette semaine, j’ai aimé…

Retrouver mon home sweet home

Vous connaissez cette sensation lorsque, même si vous êtes triste de rentrer de vacances (même si je n’étais pas vraiment en vacances, les freelances sont plutôt en constantes “working holidays”), vous êtes quand même heureux de retrouver votre petit confort ? Voyager et voir du pays, c’est bien, mais retrouver son lit, son oreiller (je suis très attachée à mon oreiller, une histoire fusionnelle), ses livres, sa salle de bain et tous les petits produits de beauté qui la peuplent (même ce gel douche que vous utilisez une fois tous les 6 mois car il sent un peu bizarre, mais que vous gardez quand-même, un brin poussiéreux, sur le fond de votre étagère, juste au cas où), c’est aussi très agréable. Bref, retrouver ses petites habitudes, ça a du bon également. J’ai aussi adoré utiliser mon diffuseur d’huiles essentielles, qui ne me quitte plus. Où que j’aille dans l’appartement, je me déplace avec mon diffuseur sous le bras, un peu comme les stars qui ne sortent jamais sans porter leurs minuscules chihuahuas (alors que les chiens ont pourtant bien des pattes, contrairement à mon diffuseur). Offert pour mon anniversaire par mon petit ami alors que nous étions en voyage, je ne l’ai déballé et utilisé pour la première fois qu’à mon retour. Je le déplace donc de pièce en pièce en fonction de l’heure de la journée, et je change d’huile en fonction de mon humeur (bergamote, lavande, jasmin, menthe poivrée, qui dit mieux ? ). J’allume la petite lampe intégrée dans le couvercle, et je regarde la vapeur s’échapper de l’appareil avec un délicieux bruit de clapotis. Hypnotisant. Zen. Le bonheur. L’autre jour, j’ai passé plus d’une heure juste à faire du shopping d’huiles essentielles sur internet. J’avais 12 flacons différents dans mon panier. Mon petit ami m’a regardée, affolé : “J’ai créé un monstre”. Oups. Mon bureau, chez moi, où j’écris, avec sa jolie vue sur les arbres, m’avait particulièrement manqué.

Gabrielle Narcy chronique l'allée du monde blog expatriation vie à l'étranger

Je profite de mon Home sweet home, et de mon fameux diffuseur d’huiles essentielles…

Ma dose de produits français

Je reçois parfois des messages de lecteurs me disant qu’ils n’achètent aucun produit français, maintenant qu’ils vivent à l’étranger. Vous devez faire des économies folles ! J’ai passé ma commande trimestrielle sur le site d’une parapharmacie française qui livre gratuitement au Royaume-Uni. J’attends ma commande (dentifrice, tisanes bio favorites, et bien d’autres merveilles). Je trépigne d’impatience et j’aurais du mal à dormir jusqu’à réception du colis, c’est certain.

Happy birthday, petit blog adoré

En ce moment, j’ai un rythme soutenu sur le blog, je me surprends moi-même. J’ai un peu laissé de côté mes autres projets d’écriture, je compte bien m’y remettre, mais c’est très agréable de trouver un peu ma voix sur l’Allée du monde, qui souffle cette semaine ses bougies de 6 mois. Rappelez-moi de faire un voeu. Mon avant-dernier article sur les “13 choses étranges que les expats font” marche d’ailleurs du tonnerre de Dieu ! C’est l’article qui a connu le plus grand succès depuis le début de mon blog. Presque 20,000 vues en un mois, pas loin de 1000 partages sur les réseaux sociaux, et beaucoup, beaucoup de messages drôles, gentils et intéressants pour me dire dans lesquelles de mes manies d’expat vous vous reconnaissez ou pas. Un grand merci ! La semaine dernière, j’avais prévu de finir et de publier un article sur la manière dont les étrangers voient les français, mais un message très touchant d’une lectrice souffrant beaucoup d’un retour d’expatriation forcé m’a donné l’idée d’écrire et de publier mon tout dernier article, en ligne depuis hier, sur mes “8 conseils pour survivre à un retour d’expatriation non voulu“. En espérant que cela vous aide si vous vous trouvez dans cette situation !

Et sinon…

Je connais une vraie Lady : Lady Emilie of Glencoe, pour être plus précise. Emilie est une copine blogueuse rencontrée  récemment sur Twitter, suite à quoi nous nous étions donné rendez-vous à Liverpool, pour une journée de tourisme à découvrir cette ville que j’ai adorée, et à nous balader dans le musée des Beatles avec les pass presse VIP d’Emilie (une vraie Lady, je vous dis !). Pour son anniversaire, Emilie s’est offert un titre de Lady écossaise, et j’adore  ! D’ailleurs, allez voir son blog, Globe-Trottine : elle est férue d’Ecosse et d’Irlande, fait de bien belles photos et est très sympa “dans la vraie vie”.

Vu sur Netflix : je suis tout autant accro aux livres qu’aux films et aux séries télé. J’ai besoin de ma dose de fiction chaque jour, sinon je dépéris ! J’ai récemment regardé la première saison de “Friends from college“, une série produite par Netflix, qui raconte la vie de diplômés d’Harvard 15 ans après leur sortie de l’université, alors qu’ils approchent de la quarantaine. Pas sûr que la série ne soit reconduite pour une nouvelle saison car apparemment, les critiques sont moyennes, et il est vrai que les deux premiers épisodes ne sont pas exceptionnels, mais ça s’améliore un peu par la suite. Ca parle de “mid life crisis”, et comme je me rapproche de cette tranche d’âge, doucement mais sûrement, je n’ai pas pu m’empêcher de regarder toute la saison, maso que je suis. On y retrouve l’actrice qui joue Robyn and How I Met Your Mother, série culte que j’aime beaucoup. Sinon, j’ai aussi regardé un film feel good : Salmon Fishing in the Yemen, avec Ewan McGregor et Emily Blunt, un film de 2011. D’accord ça date un peu, mais c’est léger et Ewan McGregor y est excellent. On y entend son accent écossais, ce qui n’est pas toujours le cas dans ses films !

Une vidéo qui fait pleurer : impossible de vous expliquer pourquoi, mais j’ai été fascinée par cette vidéo délirante d’une food competition on ne peut plus douloureuse. Celle du mangeage des piments les plus épicés au monde. Les participants tombent tous comme des mouches, les uns après les autres. Horrible et hilarant à la fois. Incroyable, tout de même, ce que l’être humain peut s’infliger à lui-même !

Une belle histoire, pour finir, et pour vous accompagner dans votre semaine : un homme a planté un arbre tous les jours pendant 37 ans sur l’île indienne de Majuli, afin de sauver ce bout de territoire massacré par la déforestation. Aujourd’hui, l’île est luxuriante, plus verdoyante que Central Park, et les animaux sont revenus. Très émouvant !

Et vous, votre semaine ?

Pour plus de vie expat, ça se passe sur ma page Facebook, mon compte Twitter et mon Instagram. On reste connectés ?

Vous avez raté les papotages précédents ? Pas de panique, ils sont par là :

Conseils généraux Vivre à l'étranger

10 profils d’expats qu’on croise à l’étranger

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expat

Vivre à l’étranger veut souvent dire évoluer dans un environnement international, composé d’autres étrangers, expats et voyageurs au long cours. Chaque expat est différent, venant d’un chemin de vie unique, d’une vision très personnelle du mode de vie international et de motivations inhérentes à son parcours individuel. J’ai toujours trouvé ces rencontres enrichissantes, et j’aime beaucoup écouter et comprendre le parcours de chaque “international” que je rencontre. Il y a toujours une histoire différente à comprendre, parfois très proche ou à l’inverse à l’opposé de ma propre expérience.

Avec le temps, un peu pour rire mais aussi par réel intérêt pour ceux qui choisissent de vivre à l’étranger,  j’ai remarqué qu’il existait des profils distincts, que je me suis amusée à répertorier ici. Impossible bien sûr de faire rentrer les gens complètement dans des cases, je me retrouve personnellement dans plusieurs de ces profils en même temps (et non, pas toujours les plus glorieux !). J’ai aussi remarqué que je suis passée d’un profil à l’autre au cours de ma vie à l’étranger, en fonction des “phases” d’expatriation dans lesquelles je me trouvais ou le pays dans lequel je vivais. Et vous ? Vous en connaissez d’autres ? Dites-le moi en commentaire !

10 profils d’expats :

L’Hyperactif
Le Négatif
Mr ou Mme Parfait
Le Comblé
Le Caméléon
L’Inné
Le Malheureux
L’Arrogant
L’Égaré
L’Accidentel

 

 


1. L’Hyperactif

L’Expat Hyperactif bouge tout le temps. Il ou elle change de pays comme de chemise, et butine sans cesse de ville en continent. Il n’est pas toujours tombé dans le mode de vie expat étant petit (par des parents expats, par exemple). C’est plutôt une passion qui est née à un niveau individuel, et qui est devenue un choix de vie, presque une addiction. Il s’agit souvent d’une personne fascinante, pleine de bonne humeur et d’énergie, avec un petit côté hippie rafraîchissant et la capacité à voir le positif dans les situations comme dans les gens qui l’entourent. L’Expat Hyperactif n’est pas un perfectionniste, plutôt un touche-à-tout, qui parle plusieurs langues de manière approximative, car il sait faire passer les émotions par d’autres moyens et n’est pas du genre à apprendre le Bescherelle par coeur. Les quelques mois passés en sa compagnie à devenir son ami se ressentent comme une réelle chance de rencontrer quelqu’un comme lui/elle. Seulement voilà, son destin est de passer au pays suivant et de toucher la vie d’autres petits veinards, ailleurs dans le monde. On voit souvent cette personne partir le coeur lourd en sachant qu’on ne la reverra pas ou peu au cours de sa vie, mais le lien est toujours là ! D’autres contrées appellent l’Expat Hyperactif, qui a déjà vécu dans 15 pays et ne compte pas s’arrêter là.

 

2. Le Négatif

L’Expat Négatif se décrit rapidement. C’est celui que tous les vrais amoureux des voyages et de la découverte d’autres cultures fuient comme la peste. Il ou elle déteste son pays d’accueil, et s’en donne à coeur joie de communiquer cette information à qui veut l’entendre (même s’il ne laisse souvent pas le choix à ses interlocuteurs, l’Expat Négatif étant souvent bruyant). Tout, dans sa vie à l’étranger, le contrarie : il pleut trop, il fait trop chaud, trop froid, il n’aime pas la langue, la nourriture est dégoûtante, l’eau a un drôle de goût, les trottoirs ne sont pas droits, les gens sont trop ceci ou trop cela, et sa ville ou son pays natals sont les meilleurs en tout. Les commentaires vexants fusent, aussi bien pour ses compatriotes (“Les Français, tous des cons !”) que pour les natifs de son pays d’accueil. Avec l’Expat Négatif, pas de jaloux : tout le monde en prend pour son grade. On espère que ce rabat-joie trouvera meilleur pays à son pied et nous laissera rapidement profiter de notre vie à l’étranger. On lui souhaite donc bon voyage, et on oublie de lui donner notre numéro de téléphone au passage. Oups.

 

3. Mr ou Mme Parfait

C’est la version expat du personnage de Bree dans la série télévisée Desperate Housewives. Bree arrive toujours chez ses voisins avec des muffins faits maison dans un beau panier en osier. Toujours très sociable, l’Expat Parfait organise quant à lui régulièrement des dîners entre expats chez lui ou chez elle, en vous demandant si vous pourriez cuisiner une petite spécialité de votre pays d’origine. Quelque chose de simple, pourquoi pas des macarons à la rose, pomelos et litchis ? Il a lu que c’était une spécialité de Michel Roux Jr et ne voudrait pas rater une opportunité de goûter ce petit gâteau cuisiné par un français. L’Expat Parfait vous file des complexes incroyables, à vous flanquer des insomnies. Toutes les démarches administratives sont faites durant la première semaine suivant son déménagement, l’appartement idéal a été trouvé avant même son arrivée sur place, la langue du pays d’accueil est maîtrisée en trois semaines, tout est négocié au meilleur prix et les locaux l’acceptent comme s’il faisait partie des leurs. L’Expat Parfait aime bien, gentiment, vous donner quelques leçons sur l’importance de souscrire à une assurance habitation complémentaire pour votre logement meublé temporaire, ou vous faire les gros yeux quand vous lui dites que vous n’êtes toujours pas inscrit dans un cabinet médical après 2 mois. A côté de l’Expat Parfait, vous vous sentez comme un adolescent qui a tout faux, et vous nettoyez votre appartement de fond en comble avant chacune de ses visites chez vous. Le plus gros problème de l’Expat Parfait : il a (très) souvent raison.

 

4. Le Comblé

L’Expat Comblé est l’antagoniste de l’Expat Négatif. Il a souvent l’air d’avoir ingéré des champignons hallucinogènes qui lui font voir la vie en rose. Il aime son pays d’accueil plus que tout, il s’y sent chez lui, adore la cuisine, l’architecture, les gens, la langue. Il ne comprend pas du tout lorsque vous dites que vous avez du mal à assimiler certains traits culturels du pays, ou que vous vous faites rouler par les chauffeurs de taxi à cause de votre accent. Rien de négatif ne lui est jamais arrivé, et il documente chaque miette de crumpet sur son compte Instagram avec les hashtags #BestCrumpetCrumbEver et #IloveThisCountrySoMuchItsPerfectDontYouThink. C’est parfois le symptôme du débutant qui vient d’arriver (je plaide coupable à mon arrivée aux Etats-Unis puis en Angleterre il y a 7 ans !), et parfois, ça dure. Le côté positif : l’enthousiasme de l’Expat Comblé pourrait bien être communicatif et vous aider à remettre un peu de baume à votre coeur d’expat blasé qui se serait endurci au cours des années. Seul bémol de l’Expat Comblé : il est à éviter si vous avez un petit coup de mal du pays, et avez besoin de parler de problèmes liés à votre pays d’accueil. Il ne comprendra certainement pas de quoi vous voulez parler !

 

5. Le Caméléon️ ️

L’Expat Caméléon est tellement intégré dans sa culture d’accueil (accent, manière de vivre, conjoint du pays d’accueil) qu’on ne se rend compte qu’il ne s’agit d’un étranger qu’au moment où on l’entend parler avec d’autres personnes de son pays d’origine pour la première fois. On l’aura pris pour un natif pendant des semaines, et il est quasiment impossible de percevoir un accent. Il n’est pas né bilingue ou dans une famille bi-culturelle, il a juste complètement intégré sa culture d’accueil et a un don incroyable pour les langues, qu’il arrive à parler avec très peu – voire pas du tout – d’accent étranger. L’Expat Caméléon n’est pas peu fier de son niveau de langue, et adore que vous n’ayez pas perçu d’accent étranger en lui parlant. Il aime le petit moment d’étonnement où vous vous rendez compte qu’il est, tout comme vous, un expat. Un poil arrogant, donc, et il place la barre très haut pour nous autres, pauvres mortels. Mais on lui accorde qu’il a su tirer un maximum, et avec brio, de sa vie à l’étranger.

 

6. L’Inné

L’Expat Inné est souvent lui-même enfant d’expat, issu de familles au minimum bilingues. A l’âge de 18 ans, il ou elle a déjà vécu dans 10 pays. Il a passé sa vie dans les avions depuis la maternelle, et déménage de la France aux Etats-Unis en passant par l’Australie avec le plus grand naturel du monde. Très souvent, l’Expat Inné parle jusqu’à 5 ou 6 langues, et ceux qui n’en parlent que deux ou trois, habitués aux milieux internationaux, s’excusent d’en parler si peu. Pendant ce temps là, vous vous arrachez toujours les cheveux pour accorder les verbes irréguliers en Anglais, et vous avez encore besoin des sous-titres en Français pour regarder un film en V.O. L’Expat Inné est très bon à avoir dans ses amis puisqu’il aide à dédramatiser pas mal de situations liées à l’expatriation qui lui sont naturelles, et peut aussi donner certains conseils sur des aspects pratiques qui font partie de son quotidien depuis l’enfance. Besoin d’effectuer un virement international ou d’acheter des billets à escales multiples ? L’Expat Inné est là pour vous aider. A noter, si vous en avez l’occasion un jour : se retrouver au milieu d’un dîner de famille d’un Expat Inné est souvent spectaculaire. Les parents, grands-parents, frères, soeurs et cousins passent tous d’une langue à l’autre en pleine discussion sans même s’en apercevoir, et sans remarquer que vous avez complètement décroché.

 

7. Le Malheureux

Pas très drôle, et pourtant il ou elle existe bien. L’Expat Malheureux est celui qui se trouve coincé dans un pays contre sa volonté, alors qu’il ne souhaite qu’une seule chose : rentrer chez lui, ou du moins partir de là où il se trouve. Il peut s’agir d’étudiants envoyés à l’étranger par leurs parents pour booster leur CV, de conjoints d’expats qui suivent leur moitié de pays en pays, ou simplement de personnes qui souhaitaient réellement partir vivre à l’étranger mais qui se retrouvent à souffrir d’un mal du pays profond, pour une raison ou pour une autre. Ils ne détestent en fait pas leur pays d’accueil, mais se savent simplement au mauvais endroit. Ils ne sont pas aussi agaçants que l’Expat Négatif, juste en souffrance, et peuvent renaître une fois rentrés chez eux. Si vous en rencontrez, soutenez-les, ils en ont bien besoin !

 

8. L’Arrogant

L’Expat Arrogant ne peut pas concevoir qu’on ne veuille pas partir vivre à l’étranger. Pour lui ou pour elle, tout est tellement mieux dans les autres pays, et ceux qui ne partent pas sont – pardonnez moi l’expression – plus ou moins des bouseux. Il coupe souvent les ponts avec ceux restés dans son pays d’origine, et valorisent surtout ceux qui comme lui ont vécu dans de nombreux pays, parlent plusieurs langues et évoluent dans des cercles internationaux. Les gens qui partent vivre ailleurs sont simplement un poil supérieur, et ceux qui ne partent pas simplement moins intéressants. Ceci étant dit, l’Expat Arrogant ne se limite pas à juger les non-expats. Il aime également hiérarchiser les expats entre eux et ne fréquenter que ceux qu’ils considèrent dignes de lui. Un peu tout noir ou tout blanc, et oui, simplement arrogant !

 

9. L’Égaré

L’Expat Egaré n’est pas vraiment certain de ce qu’il fait là, car il est parti sur un coup de tête, suite à un coup dur, pour fuir un peu ses problèmes en espérant que l’herbe serait plus verte ailleurs. Vivre à l’étranger ou dans ce pays précis ne faisait pas partie de son plan de vie, mais est venu offrir une solution à un moment de vie difficile, un besoin de s’échapper ou de prendre du recul. Il rentrera peut-être dans son pays d’origine, ou bien deviendra expat sur le long terme, en ayant trouvé des réponses et un équilibre en chemin, ou pas. Il se s’identifie pas vraiment aux autres expats et on sent bien qu’il ne se voit pas rester-là sur le long terme. Ce qu’il cherche, c’est sa voie, parfois un peu de spiritualité et, au bout du compte, un peu d’isolement pour pouvoir réfléchir et repartir du bon pied.

 

10. L’Accidentel

A l’inverse d’Obélix, cet expat là n’est pas tombé dedans quand il était petit, mais beaucoup plus tard, complètement par hasard. L’Expat Accidentel est parti vivre à l’étranger au gré de circonstances inattendues, souvent par une proposition extérieure qu’il n’attendait pas, parfois pour suivre un conjoint, ou grâce à une proposition de poste sortie du chapeau. Il ou elle n’était à l’origine pas spécialement baroudeur ni grand voyageur, mais c’est arrivé, et il a inspiré un grand coup, pris son courage à deux mains, et sauter dans le vide. L’Expat Accidentel n’a pas vraiment eu l’occasion de se poser les questions existentielles liées à l’expatriation que ressassent souvent ceux qui ont le projet de partir depuis longtemps, et découvre les aléas, émotions et avantages qui constituent une vie d’expat au fur et à mesure qu’ils se présentent à lui. L’Expat Accidentel a souvent besoin d’un peu plus de conseils et de discussions avec d’autres expats au début, et s’adaptent parfois très bien, même si le premier contact avec les cercles d’expats est parfois difficile, car il n’a pas vraiment l’impression d’appartenir à cette communauté dont il ne connaît pas les codes. Certains Expats Accidentels deviennent expats sur le long terme, d’autres rentrent au pays avec soulagement… ou avec la volonté de repartir le plus tôt possible. Tomber dedans tard ne veut pas dire qu’on y prendra pas goût !

Et vous, quel profil êtes-vous, et lesquels avez-vous croisés ? Laissez un commentaire pour contribuer !


Un projet de vie expat ou un changement de vie professionelle en vue ? Je suis disponible pour vous aider dans votre projet de vie à l’étranger, quel qu’il soit, et propose des séances d’aide et de discussion par Skype. Je propose également des cours d’apprentissage de l’Anglais de tous les jours, ou relatif à votre domaine professionnel. Pour en savoir plus, rendez-vous sur ma page de contact !

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Découvrez également mes récits de voyage, que j’écris depuis 7 ans, et qui évoquent tous les points mentionnés dans les différents articles présents sur l’Allée du monde.

Conseils généraux Vivre à l'étranger

Chronique hebdo – Le mercredi, c’est papotages #1

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Gabrielle Narcy - L'Allée du monde blog chronique papotages

Paranthèse italienne

Lecteurs, lectrices, je souffre d’une pathologie handicapante : la bavardise aigue. J’aime tellement parler, discuter ou poser des questions que, parfois, lorsque je suis vraiment en manque de discussions et des impressions des autres sur tout et n’importe quoi, je passe 20 minutes à lire des avis clients sur Amazon, juste pour avoir ma dose. Sans mentir.

Bref, les papotages, c’est mon truc, et pour fêter ça, je lance ma chronique hebdo : “Papotages”, chaque mercredi. Pourquoi le mercredi ? Une personne qui m’est très chère me répète sans cesse que le mercredi, c’est le jour de la communication, le jour où les beaux projets s’ammorcent ou aboutissent, le jour où le contact passe le mieux entre homo sapiens. Et dieu sait que parfois, nous avons bien besoin d’un petit coup de pouce au rayon “communication”. Le mercredi serait donc le jour sacré des papoteuses comme moi. L’occasion aussi de vous divertir et de partager avec vous ce qui m’a stimulé lors de la semaine écoulée, et bien sûr d’avoir votre avis ! C’est parti, pêle-mêle. Vous me suivez ?


Cat-sitter chez les British

Je vous écris d’Oxford, l’une de mes villes préférées en Angleterre. L’un des avantages de mon statut de freelance (même s’il possède également des inconvénients) est que je suis devenue une travailleuse nomade. Pouquoi Oxford ? J’y fais du cat et house sitting pour des collègues de mon petit-ami, dans le charmant quartier de Jericho, un vrai petit village à l’anglaise, parsemé de coffee shops et de boutiques adorables. La petite chatte tigrée que je garde s’appelle Maddie (photo ci-dessous). Elle et moi, ça a été le coup de foudre humain-félin au premier regard. Elle a même bavé de plaisir sur mon clavier d’ordinateur hier matin, alors qu’elle était venue me faire des câlins sur mon bureau, la tête en plein milieu de mon ordinateur portable. Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, c’est bien connu ! Cette paranthèse oxfordienne de 2 semaines tombe à pic, puisque je m’y marie cette année… Timing idéal pour un peu de “wedding planning” estival !

Meet Maddie, le chat oxfordien de cet été !

Récemment, j’ai aimé : l’Italie

Quelques jours à Rome puis à Florence, villes que je visitais pour la première fois. J’y ai mangé comme une déesse trois fois par jour. Que c’était bon, et beau ! Aussi, casser sa routine a un effet incroyable sur le moral, et j’ai redécouvert des sensations oubliées liées au fait d’explorer des endroits inconnus. L’année écoulée a marqué pour moi un retour de Lisbonne en Angleterre, et peu de voyages dans de nouvelles destinations.  Beaucoup d’heures passées à travailler, à écrire, à m’adapter et à organiser ma nouvelle vie de consultante à domicile, et peu de distractions ! La semaine dernière, j’étais donc en Italie pour un working holiday, car mon historien de fiancé y travaillait sur un projet avec la British School of Rome, où nous avons séjourné. Je me serais presque prise pour Hemingmay dans sa retraite de Key West (mais en plus suante, 40° tout de même et pas de clim dans le bâtiment. Pas facile d’écrire avec les doigts collés au clavier !) dans ce bâtiment énorme avec façade à colonnade de temple grec et sa petite cour intérieure, avec fontaine, pins parasols et bruits de clapotis en fond sonore. Pendant que mon petit-ami travaillait, je suis partie explorer le parc de la Villa Borghese, et j’ai passé quelques heures à la Villa Médicis, épicentre de la culture française à Rome, avec une visite guidée et un incroyable déjeuner composé d’eau glaciale (de rigueur en pleine canicule), d’une salade de steak de thon cru et d’un espresso italien corsé à souhait. Un délice ! Le tout dans une grande salle aux plafonds voutés décorée de scultpures centenaires. J’ai eu l’impression d’être une version européenne (et bien moins sophistiquée, Birkenstock obligent) de Carrie Bradshaw. J’ai redécouvert la sensation de voyager et d’explorer seule, et cela a provoqué comme une petite renaissance personnelle et intellectuelle. J’ai eu, entre autres, l’impression de revivre mes premiers mois à Lisbonne, lorsque j’y ai démémnagé il y a quelques années pour le travail : flâner seule dans une ville embrasée par les fortes chaleurs estivales, un peu perdue mais ravie, et les yeux plein d’étoiles pastelles venues des crépits des jolis édifices locaux. Point fort de mon séjour en Italie : Rome, colossale et majestueuse, qui transpire l’histoire et l’architecture démesurée à chaque pavé. Et vous, quel pays avez-vous découvert récemment, et qu’est ce que cela vous a fait ressentir, de partir voyager ? Est-ce que vous aimez voyager seuls, ou c’est plutôt quelque chose qui vous pèse ?

Récemment, j’ai beaucoup moins aimé : la chasse à la wedding dress

Je me marie à l’automne à Oxford, au milieu des feuillages d’octobre et des ruelles pavées. Vous trouvez ça romantique ? Les essayages de robes de mariées me ramènent à la réalité de ma triste condition de bride to be légèrement paniquée, que j’avais jusque là évité avec brio (et une pointe d’arrogance, je l’avoue). Help ! Sueurs froides. Loin de ma famille et de mes meilleurs amis (tous en France ou dans d’autres coins de l’Angleterre !), c’est plutôt une épreuve qu’un plaisir, surtout quand la première question qui revient sans cesse lorsque j’annonce aux gens que je vais me marier est “Est-ce que tu as trouvé ta robe ?” (vous devinerez bien la réponse !). Les couturières me font peur (comment garantir le résultat final ?), les boutiques de robes me mettent mal à l’aise, et les prix s’envolent. Savez-vous que la plupart des robes proposées dans des boutiques lambda frisent les 2000£ ? Encore une de ces petites choses qui fait que parfois, être loin de sa famille n’est pas une chose facile. Retours d’expériences de fiancées expats les bienvenus ! Pour se détendre un peu les nerfs avec le futur marié, nous avons quand même trouvé le temps de boire une coupe de champagne dans un magnifique jardin au coeur d’Oxford, histoire de ne pas perdre de vue que cet évènement qui se profile à l’horizon est tout de même des plus heureux !

En ce moment, je lis… 

Toujours trop de choses en même temps, dont le livre de Yuval Noah Harari dont tout le monde parlait il y a deux ans à sa sortie (oui, j’ai quelques wagons de retard ) : “Sapiens”. Fascinant ! Il retrace l’histoire de l’humanité depuis l’apparation des premiers homo sapiens il y a environ 100 000 ans. Il parle, entre autre, des migrations des premiers hommes vers des territoires hostiles, comme en Australie, où les premiers sapiens débarqués se sont retrouvés confrontés à une “méga faune” pleine d’animaux absolument gigantesques, comme des lézards carnivores de plus de deux mètres de long, ou des kangourous de plusieurs tonnes. Les dents de la mer version terrestre et préhistorique. Imaginez un peu l’expérience d’expatriation en Australie à cette époque là ! On est bien loin des visas working holiday. Sur le feu également, avec commentaires à venir : “Big Magic” d’Elizabeth Gilbert, l’auteure de Eat, Pray, Love (sur la créativité), “Blitzed” de Norman Ohler (sur les drogues dures utilisées par les Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale pour booster leurs troupes) et enfin “Abandoning America”, de Susan Hardman Moore, qui parle des premiers colons Anglais partis pour l’Amérique au 17ème siècle, qui ne sont, pour beaucoup d’entres eux, pas restés, et ont choisi de rentrer dans leur pays d’origine.

Et sinon…

Articles en préparation pour le blog : oui, un article assez drôle à écrire sur la manière dont les étrangers voient les Français.

Le Brexit me déprime : les choses se précisent, et pas dans le bon sens (enfin, pour des gens comme moi, tout est une question de point de vue, me direz vous). Le Royaume-Uni quitte officiellement l’UE en mars 2019. Snif snif !

Les années Trump, ou le retour du Ku Klux Klan et des “white supremacists” aux Etats-Unis : on nage en plein cauchemar, ou c’est juste moi ? Très belle lettre du père de l’un de ces supporters Nazi à son fils. Il y a quelques années, alors que je vivais aux Etats-Unis juste après l’élection d’Obama, j’ai écrit un récit de voyage à propos de la politique américaine, et des Républicains américains…

Pour égayer un peu la journée : cet article de Bored Panda sur les chiens qui se prênent pour des chats, incontournable !

Projets en cours : un récit de voyage sur l’Italie qui s’appelle “Paranthèse italienne”. A suivre !

Et vous, à quoi ressemble votre semaine ?

Conseils généraux Vivre à l'étranger

5 conseils que j’aurais voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger

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Ceux qui me suivent régulièrement savent que parler d’expatriation et de vie à l’étranger est l’un de mes sujets préférés. C’est parceque pas une expérience de vie dans un autre pays n’est la même ! J’ai demandé à 5 de mes blogueurs de voyage préférés, dont j’admire particulièrement le travail et le parcours dans différentes parties du monde, de me parler de leur expérience d’expatriation. A tous, j’ai demandé de répondre plus spécifiquement à une question, toujours la même : si vous deviez n’en choisir qu’un, quel conseil auriez-vous voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger ? J’ai posé cette question car en maintenant 7 années de vie à l’étranger, j’ai parcouru un long chemin composé de différentes phases et étapes, qui auraient peut-être été plus faciles si j’avais été consciente de certaines choses.

Ces blogueurs ont vécu ou vivent au Maroc, au Japon, aux Etats-Unis, au Canada, en Suède ou en Argentine, et partagent ici avec vous et moi leurs conseils et parcours, avec sincérité et bienveillance. Merci à eux d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions, qui, je l’espère, vous inspireront dans votre propre parcours de vie à l’étranger, que vous y viviez déjà, planifiez de partir, ou soyez rentrés dans votre pays d’origine !

Et vous, avec le recul, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui s’apprête à partir vivre dans un autre pays ?


Audrey et Mickael, du blog Refuse to hibernate

Leur conseil : N’ayez pas peur, il y a une grosse communauté de Français à l’étranger pour vous soutenir

Audrey et Mickael du blog Refuse to Hibernate au Canada

Audrey et Mickael du blog Refuse to Hibernate au Canada

A propos du blog : “Refuse to hibernate”, c’est notre recueil de souvenirs. Nous l’avons commencé en juillet 2015 lorsque nous étions à Paris et notre but premier était de tenir au courant famille et amis de nos aventures au Canada.

Endroits où vous avez vécu et pour combien de temps : nous sommes français, Audrey est parti 9 mois en Angleterre pour être au pair et nous vivons actuellement à Montréal au Canada depuis bientôt un an et demi.

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? De rentrer bredouille ! Nous avions peur de ne pas trouver de travail dans notre domaine, d’épuiser nos économies et de devoir rentrer en France sans avoir pleinement tenter cette aventure de PVT au Canada. Ce que nous aurions vécu comme un échec. Résultat : nous avons tous les deux trouvé un travail dans notre domaine rapidement.

Le conseil que vous auriez voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : n’ayez pas peur ! C’est facile à dire mais honnêtement ce n’est pas si dure de tout quitter et de recommencer ailleurs. Il y a peut être le facteur couple qui fait que nous ne nous sommes jamais senti seul mais il y a une grosse communauté d’expat français partout dans le monde. C’est simple de faire de belles rencontres qui nous mettent du baume au coeur quand la France nous manque. Le plus dure, lorsque l’on est très famille, c’est d’accepter de vivre loin de ses proches et de “louper” des moments importants : anniversaires, naissances…

 

Lucie, du blog Voyages et Vagabondages

Son conseil : ne pas tout vouloir planifier à l’avance et éviter les agences d’expatriation

Lucie du blog Voyages et Vagabondages ay Japon

Lucie du blog Voyages et Vagabondages au Japon

A propos du blog : Voyages et Vagabondages est un blog de voyage sur le voyage en solo et au féminin, sur le nomadisme digital et sur mes aventures autour du monde, évoluant selon mon profil de voyageuse au cours de ces 6 dernières années.

Endroits où tu as vécu et pour combien de temps : un an Erasmus en Suède, un stage de six mois à Montréal, trois ans d’expatriation à Londres, un an de PVT en Argentine et je suis actuellement en PVT au Japon. Je suis partie vivre en Suède à 19 ans, il y a 11 ans, mais j’ai vécu et voyagé à l’étranger en tout six ans dans les dix dernières années.

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Je ne suis pas quelqu’un de stressé et pour être honnête, je n’étais pas inquiète du tout…

Le conseil que tu aurais voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : de ne pas stresser, de ne pas se faire une montagne de l’expatriation et de ne pas tout vouloir planifier à l’avance, notamment trouver son logement avant d’arriver. Ce n’est pas comme cela que l’on fonctionne en France et c’est la même chose à l’étranger. De même de passer par une agence d’expatriation, c’est la porte aux arnaques. Mieux vaut tout faire tout seul et y aller tranquillement, une chose à la fois! Bons préparatifs!

 

Andrea et Adeline, du blog Map & Fork

Leur conseil : se renseigner à l’avance sur les questions de visas et de couverture santé

Map & Fork

Andrea et Adeline du blog Map & Fork au Maroc

A propos du blog : Nous sommes Andrea et Adeline, un couple franco-italien expatrié au Maroc. La particularité de notre blog est qu’il est bilingue, nous écrivons en français et en italien. Nous avons commencé à bloguer pour raconter nos voyages et partager quelques recettes et y avons pris goût. Nous partageons aujourd’hui nos photos, anecdotes de voyages et conseils, mais aussi notre expérience d’expatriés sur les différences culturelles, les questions pratiques et administratives, les destinations touristiques et les spécialités gastronomiques.

Endroits où vous avez vécu et pour combien de temps : Nous avons vécu à Trieste, en Italie, puis sommes partis en Angleterre, dans le Yorkshire. Après une étape en France, nous nous sommes installés au Maroc il y a quelques mois. Concernant la durée, tout dépend ce qu’on appelle « à l’étranger » car Andrea est italien et Adeline française, mais considérons que l’Europe est un grand pays…. Cela fait 5 mois maintenant que nous avons fait nos valises pour le Maroc.

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Nous n’avions pas particulièrement peur, en réalité nous étions plutôt excités à l’idée de changer de décor et attendions avec impatience de savoir ce qui nous attendait. Notre inquiétude concernait donc surtout les questions d’organisation car nous avons eu 15 jours pour vider notre appartement et organiser notre départ, le tout en pleines fêtes de fin d’année.

Le conseil que vous auriez voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : dans l’ensemble nous étions plutôt bien informés, mais il y a des informations qu’on aurait bien voulu connaître à l’avance. Ce qui nous a surpris, causé des difficultés voire contraints à changer de pays, c’est le manque d’information sur :

  1. la possibilité d’obtenir un visa ou de le renouveler, notamment qu’il faut parfois disposer d’un certain contrat de travail, avec une durée spécifique, pour pouvoir être résident officiellement
  2. la couverture maladie. En effet, c’est assez compliqué de se voir refuser une couverture santé par son pays d’accueil d’une part et d’être radié et totalement ignoré par son pays d’origine d’autre part. Celui-ci a sans doute été le plus difficile et nous a contraints à quitter l’Italie.

Néanmoins malgré ces déconvenues, nos expériences à l’étranger ont toujours été formidables et nous répéterons l’expérience à l’avenir sans aucune hésitation.

 

Lydia et Julien, du blog Nowmadz.com

Leur conseil : faire l’effort de s’intégrer dans sa culture d’accueil, et préparer son retour

Lydia et Julien du blog Nowmadz en Australie

A propos de votre blog : « Now » « mad », deux mots qui mis ensemble révèlent toute l’histoire de notre tour du monde : un projet un peu fou pour 2 trentenaires qui décident un jour de lâcher une routine bien installée pour partir découvrir le monde.

Endroits où vous avez vécu et pour combien de temps : pour Julien, une expatriation durant ses études, à San Diego, en Californie. Pour nous deux, un long voyage qui nous a permis de découvrir une partie de la Chine, de l’Indonésie, de la Malaisie, du Sri Lanka, de l’Inde, du Népal, de l’Australie, de la Thaïlande, du Chili, de l’Argentine, du Pérou, des USA et du Canada. Chacun de ces voyages aura duré un an (expatriation et tour du monde)

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Une peur commune à ces deux voyages ? La peur de l’inconnu ! Plutôt banal, n’est-ce pas ?!

Le conseil que vous auriez voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : comme on a vécu deux expériences un peu différentes, on va se permettre de citer non pas un, mais deux conseils 🙂

Le premier, qui pourrait davantage s’approprier à l’expatriation de Julien : faire l’effort d’apprendre la langue, et surtout, de loger avec des locaux ! Durant une année d’échange, on est vite tenté de se retrouver parmi des compatriotes. Les étudiants concernés par ce type d’échange sont souvent jeunes, encore peu habitués à sortir de leur zone de confort, et en plus, ils pensent davantage à s’amuser et à passer du bon temps plutôt que de tirer profit sur le long terme d’une telle expérience. Mon regret (Julien) a été de me mettre en colocation avec mes potes de l’école française d’où je venais. Bien sûr, nous avons passé de super moments et j’en garde de très bons souvenirs, mais vivre auprès d’une famille américaine m’aurait permis d’apprendre leurs coutumes, leur mode de vie, en plus bien sûr, de perfectionner la langue !

Un autre conseil, qui s’applique cette fois davantage au voyage au long cours : il faut absolument préparer son retour. D’un point de vue financier bien sûr, mais il ne faut pas sous-estimer non plus l’impact psychologique d’un tel voyage. Et ce point-là est le plus difficile à anticiper, d’ailleurs je (Lydia) ne sais pas s’il est même possible de l’anticiper ! On n’imagine pas en à quel point et dans quelles mesures une année comme celle-ci, passée à la rencontre d’autres peuples, d’autres cultures, peut vous changer. De notre côté, notre retour était bien ficelé, Julien reprenait son job et moi, j’allais en chercher un. On ne s’est pas posé plus de questions jusqu’à ce que nous rentrions. Et ce fut là notre erreur : sentant les changements qui s’opéraient dans nos têtes au fur et à mesure du voyage, on aurait dû s’autoriser à réfléchir à un autre retour. Rien n’était figé, et avec davantage de préparation (et de volonté), nous aurions pu préparer en amont, pendant le voyage, un retour qui nous plaisait davantage, plutôt que de « subir » celui que nous avions prévu. Le retour a été plutôt terrible pour nous, mais après quelques mois passés la tête dans le sac, nous avons finalement réussi à rebondir. Heureusement !

 

Sarah, des blogs Une parisienne s’émerveille et Hey Flamingo

Son conseil : sélectionnez les amitiés qui vous sont précieuses. Chérissez-les et nourrissez-les.

Sarah des blogs Une parisienne s'émerveille et Hey Flamingo, au Canada

Sarah des blogs Une parisienne s’émerveille et Hey Flamingo, au Canada. Crédit photo @Alexandre Racine / Racine Imagine

A propos de tes blogs : j’ai créé Une parisienne s’émerveille en 2010, quelques mois avant de partir vivre à Montréal. Je l’ai imaginé comme une bulle personnelle, dans laquelle je pourrais explorer ma créativité et partager mes découvertes. Hey Flamingo est né quelques années plus tard. C’est une conversation entre deux soeurs et deux continents :  ma petite sœur Juliette, qui vit toujours à Paris, et moi à Montréal. Nous sommes toutes les deux passionnées de voyages et de créativité. Nous voulions conjuguer les deux pour raconter des histoires inspirantes.

Pays ou villes où tu as vécu, et pour combien de temps : petite, j’ai vécu brièvement aux Antilles. Puis j’ai fait une partie de mes études à Rome. Je vis à Montréal depuis bientôt 7 ans ! En fait, je crois que l’une de mes plus grosses déceptions a été le jour où j’ai compris que je ne pourrais pas vivre dans tous les pays du monde. Je suis une nomade dans l’âme, et une curieuse invétérée. Quand je suis arrivée à Montréal, on m’avait prévenue que la vie à l’étranger avait plusieurs étapes déterminantes : le passage de la 1ère année, des trois ans puis des 7 ans. À chacune de ces étapes, je suis passée par une profonde phase de remise en question. De nombreux amis français qui me disaient qu’ils resteraient ici toute leur vie ont depuis quitté Montréal pour rentrer en France. Contrairement à eux, je répétais toujours que je ne resterais pas longtemps. Ça fait sept ans et je suis toujours ici, sans projet de retour ! Comme quoi, la vie à l’étranger réserve bien des surprises !

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Je ne me souviens pas avoir eu de peur ou d’inquiétude. J’étais plutôt en rébellion contre la peur que mon entourage projetait sur moi. Je pense notamment à ma mère qui ne comprenait pas que je veuille quitter ma situation idéale (sur le papier) pour l’inconnu. J’avais un job stable (aka le fameux CDI), plutôt bien payé, à 20 minutes de chez moi, avec 10 SEMAINES DE VACANCES PAYÉES (ok celles-ci je les regrette), dans un environnement prestigieux. Mais je me sentais enfermée dans une boîte, étriquée, étouffée. Derrière la façade lisse et clinquante, j’étais misérable. Ma vie manquait d’aventure, de créativité. Alors j’ai décidé de partir dans cette ville qui m’était alors inconnue et où je ne connaissais personne. Comme une envie de secouer ma vie violemment. Ma mère me criait que j’étais folle de risquer de tout perdre comme ça, pour un caprice. Qu’il y avait la crise (qu’est-ce que je déteste ce mot) et que je ne retrouverais peut-être jamais une si belle situation. On s’est engueulées pendant des semaines puis, un jour, je l’ai regardée calmement et je lui ai dit que je refusais de vivre dans la peur. Que j’étais bien trop jeune pour prendre des décisions de vie basées sur la peur. À l’époque j’aurais aimé qu’elle me soutienne et me dise que, quoi qu’il arrive, où que j’aille, quoi que je fasse, je retomberais sur mes pattes. Mais aujourd’hui je suis contente qu’elle ait réagit comme ça. Elle a catalysé toute la peur en elle, ce qui m’en a certainement libérée. Plus elle tentait de projeter ses peurs sur moi, moins j’en avais et plus j’étais déterminée. Mon côté bourrique sûrement 😉

Le conseil que j’aurais voulu avoir avant de partir à l’étranger : quand je suis arrivée à Montréal, j’étais si heureuse de tout découvrir, explorer, défricher, que j’ai sauté dans ma nouvelle vie à pieds joints. Comme je ne pensais pas rester longtemps (et que je ne suis pas fan de téléphone ou de Skype), je partageais mes aventures par l’intermédiaire de mon blog. Avec le temps, je me suis rendue compte que j’avais laissé certaines relations se défraîchir. On s’échangeait quelques messages de temps en temps. On se retrouvait avec bonheur quand je rentrais. Mais en papotant, je m’apercevais qu’ils avaient une vision complètement erronée de ma vie. Comme si le prisme du blog la recouvrait d’une pellicule irisée. Peu à peu, ma vie ici a pris le dessus et certains amis, que j’aimais pourtant de tout mon cœur, se sont éloignés. L’écart devenait trop grand entre nos réalités. J’ai l’impression qu’il y a une règle tacite selon laquelle c’est à celui qui part d’entretenir la flamme de l’amitié. Personne ne m’avait prévenue et j’ai mis du temps à le comprendre. Alors si j’avais un conseil à donner, ce serait : « Sélectionnez les amitiés qui vous sont très précieuses. Chérissez-les et nourrissez-les. Car la vie à l’étranger creuse profondément les écarts !


Un projet de vie expat ou un changement de vie professionelle en vue ? Je suis disponible pour vous aider dans votre projet de vie à l’étranger, quel qu’il soit, et propose des séances d’aide et de discussion par Skype. Je propose également des cours d’apprentissage de l’Anglais de tous les jours, ou relatif à votre domaine professionnel. Pour en savoir plus, rendez-vous sur ma page de contact !

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8 conseils pour survivre à un retour d’expatriation (non voulu)

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L'allée du monde blog Gabrielle Narcy expatriation

Les retours d’expatriation peuvent être une délivrance pour ceux qui se languissent de leur pays d’origine et comptent les minutes jusqu’à un retour. Parce que oui, une expatriation n’est pas toujours une expérience réussie, ou si elle l’est, certain sentent parfois néanmoins que le temps est venu de tourner la page, et de rentrer. Mais pour beaucoup, pour tous ceux qui ne souhaitent pas vraiment ou ne se sentent pas prêts à rentrer, un retour d’expatriation non voulu est souvent une expérience réellement douloureuse, un genre de mauvais rêve éveillé composé d’appréhension, de peur, voire même de désespoir. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille, et il arrive que certains doivent rentrer pour des raisons indépendantes de leur volonté. La fin d’une année Erasmus, un visa qui expire et impossible à renouveler, rentrer pour s’occuper de proches malades ou en difficulté, perte d’un emploi sans pouvoir en trouver un à nouveau. Les raisons d’un retour non voulu sont multiples, et peuvent mettre votre moral à rude épreuve. Voici donc, sans plus attendre, mon petit kit de survie de l’expat qui ne veut pas vraiment rentrer au pays.


Le sentiment du retour

Avant toute chose, jaugeons l’ennemi. A quoi ressemble la bête noire, tapie dans l’ombre, qui vous rend si malheureux à partir du moment où votre avion décolle du pays que vous ne vouliez pas vraiment quitter ? J’ai vécu deux fois des retours d’expatriation des Etats-Unis vers la France lorsque j’étais étudiante, après plusieurs mois passés à Boston et à San Francisco, et ils n’étaient pas vraiment voulus (c’est le moins qu’on puisse dire : je me serais enchaînée à un arbre pour continuer ma vie américaine, si cela m’avait permis d’obtenir un visa !). Je me rappelle du sentiment éprouvé à mon retour comme si c’était hier : savoir que j’étais rentrée “chez moi”, à l’époque chez mes parents, dans une maison que j’adorais, avec ma soeur, mon chat et mes amis à portée de main, et avoir l’impression de flotter comme un fantôme dans une vie qui fut, encore quelques mois auparavant, la mienne, mais qui me semblait à présent sonner faux. C’est le sentiment inexplicable qui survient chez ceux qui ont vécu plusieurs semaines, mois ou années à l’étranger, et qui s’y sentaient bien (et souvent mieux) dans leurs baskets. Chaque retour d’expatriation est différent, mais ces quelques conseils, tirés de mon expérience personnelle et de celles des nombreuses personnes vivant à l’étranger cotoyées ces dernières années, devraient vous aider à voir que ce sentiment qui vous tenaille est tout naturel, et aussi qu’il y a des choses à faire pour se sentir mieux, et de la lumière au bout du tunnel. Si si, je vous le promets !

1.Encaissez

Il est utile de savoir que quoiqu’il arrive, les premières semaines peuvent être désagréables, voire carrément déprimantes, le degré de difficulté variant en fonction de votre état d’esprit face à votre retour. Ce que vous vivez est finalement le deuil d’une vie que vous ne vouliez pas vraiment quitter, un peu comme muer et changer de peau. Pas très jovial, mais réconfortant de savoir que toutes les personnes dans votre situation ressentent la même chose, et qu’il va falloir faire avec. Le sentiment de flotter dans une vie étrange qui n’était pas la mienne avait duré, pour moi, à peu près un mois.

2.Entourez-vous de personnes internationales et d’étrangers

Le conseil de vos proches démunis face à votre déprime inexplicable sera souvent de vous dire : “Mais sors, vois du monde !”. Ils ont raison, mais j’ai personnellement remarqué que cela me faisait beaucoup de bien de sortir et de fréquenter des personnes dans ma situation (ex expats) ou des étrangers (vivant en France, donc dans votre situation juste avant votre retour en France, où que vous viviez à l’époque). Attention : je ne vous dis pas de laisser tomber vos amis “d’avant” comme des vieilles chaussettes, loin de moi cette idée ! Il est important de préserver vos vraies amitiés de toujours, mais aussi de faire de nouvelles rencontres de personnes correspondant également à votre vie d’expat, qui sont ou ont été, dans le passé, dans une situation de vie à l’étranger.

3.Rendez-vous aux bons évènements

Comment rencontrer ces personnes au profil international ? Ce ne sont pas les options qui manquent ! Les meet-ups Couch Surfing m’ont sauvé la vie au plus dur de ma déprime post-Amérique : je m’y rendais chaque semaine après mon retour à Paris, pour rencontrer des français férus de voyage, ou des étrangers vivant ou étant de passage à Paris. J’organisais également des visites guidées gratuites dans Paris pour les étrangers (toujours par la biais du forum de voyageurs de Couch Surfing), car l’entrain des étrangers heureux de découvrir la France est contagieux et excellent pour le moral ! Les sites du type Inter Nations ou les tandems de type “language exchange” pour continuer à pratiquer cette langue du pays où vous viviez et aider des étrangers à apprendre le français sont également à recommander. Si vous êtes étudiants, inscrivez-vous dans les associations Erasmus type ESN (Erasmus Student Network), présentes dans toutes les grandes et moyennes villes de France. Vous pourrez parrainer un étudiant étranger en échange en France, et participer à leurs évènements et activités.

4.Laissez le temps faire son travail

Attendez quelques mois avant de décider que votre retour est une catastrophe. N’oubliez pas que, surtout dans le cas d’un retour après une très longue expatriation, il vous faut réapprendre complètement la manière dont fonctionne votre pays d’origine. Vous y êtes peut-être né, mais il y a aussi des choses que vous n’y avez pas fait depuis des lustres, voire jamais : payer vos impôts, aller chez le médecin, signer un bail, j’en passe et des meilleures. Par exemple, si je me retrouvais parachutée en France demain, je serais complètement perdue sur la plupart des tâches administratives, car je n’ai vécu en France “que” 25 ans, en tant qu’enfant, adolescente, puis étudiante. Ma vie active et ma carrière s’est faite exclusivement à l’étranger. Même le simple fait d’écrire un email à ma banque ou à des collègues de travail ne m’est familier qu’en Anglais. Cependant, que vous reveniez d’une expatriation longue ou courte, vous vous adapterez peut-être mieux que vous ne pensiez. Votre moitié restée dans le pays que vous venez de quitter pourra peut-être venir s’installer en France (dans le cas de relations longue distance). Ou bien vous trouverez, dans le futur, un nouveau poste à l’étranger, ou dans une autre ville française qui vous plaira. Mon conseil : laissez passer le choc initial du retour qui brouille complètement vos émotions, et voyez comment vous vous sentez 6 mois à un an après être revenu. Puis avisez ! Et surtout : reposez-vous sur vos proches les plus positifs pour vous aider dans toutes les petites tâches administratives qui vont constituer votre retour. Un peu comme vous vous étiez appuyé sur des “locaux”, très certainement, à votre arrivée dans votre pays d’expatriation, pour vous aider dans certaines démarches, n’oubliez pas que vos proches restés en France connaissent toutes les ficelles de la bureaucratie française, et autres réjouissances. Sollicitez-les !

5.Evitez vos proches grincheux

Face à votre déprime, prenez le large face à ceux qui ne semblent absolument pas comprendre votre souffrance actuelle, voire la critique. Ce n’est jamais agréable, et vous pourrez revenir vers eux quand vous vous sentirez mieux. Entourez-vous plutôt de personnes ayant de l’empathie, même si elles n’ont pas elles-même vécues à l’étranger ni traversées de retour d’expatriation.

6.Réservez votre prochain billet

Quoiqu’il arrive, il est important de continuer à bouger et à voyager ! Laissez derrière vous la routine d’une ville que vous retrouvez pour le moment à contre coeur (ce qui peut tout à fait évoluer !) le plus souvent possible. Prévoyez sans cesse votre prochain voyage, même s’il s’agit d’une destination peu lointaine, ou que vous avez peu d’argent : réservez un voyage en train couchette qui met 20h à se rendre à Madrid, peu importe. L’essentiel est de bouger !

7.Préparez votre (nouveau) départ

Qui a dit que vous deviez à tout prix rester en France après votre retour, par exemple, d’Erasmus ou de stage à l’étranger ? Bien entendu, certaines situations sont plus complexes que d’autres (liées notamment à des problèmes de visas ou à des proches malades). Mais dans beaucoup de cas, il est possible de prévoir un nouveau départ, vers le pays que vous avez dû quitter, ou vers un autre : le monde est vaste, et si vous en avez l’énergie, repartez à l’aventure ! J’ai connu beaucoup de personnes ayant quitté le Royaume-Uni pour un temps, pour rentrer dans leur pays d’origine s’occuper de proches ou se rapprocher de leur famille, et qui sont revenues un an ou deux après, car Londres leur manquait trop. Il n’y a pas de règles, et une expatriation en cache parfois une autre !

8.Conseil bonus pour ceux qui sont dans une relation à distance

Aïe ! Laissé derrière soit la personne que l’on aime, en plus d’un retour d’exptriation pas vraiment voulu, ajoute une couche de complexité à votre situation. Le sentiment de deuil est encore plus fort, car les relations à distance ne sont jamais faciles. Mais elles peuvent fonctionner ! Je suis sur le point d’épouser mon petit-ami, avec qui j’ai vécu à distance entre l’Angleterre et le Portugal pendant plus d’un an. Lisez mon article sur les relations à distance si vous êtes dans cette situation, et bonne chance ! Mon conseil le plus important, cependant : dans la mesure du possible, ne passez pas plus de 8 semaines sans vous voir, et ne vous quittez jamais sans avoir réservé votre prochain billet pour vous retrouver. Ca aide énormément pendant les adieux tristounets (ou carrément larmoyants) à l’aéroport. Que la force soit avec vous !

L'Allée du monde Gabrielle Narcy expatriation auteur

Souvenir de mes quelques mois passés aux Etats-Unis


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