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Conseils généraux Vivre à l'étranger

13 choses étranges que les expats font

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expat, Gabrielle Narcy, l'allée du monde

Les expats sont des créatures curieuses et sympathiques, mais étranges. Demandez à vos proches restés en France, ou à vos amis étrangers rencontrés dans votre pays d’accueil : il n’est pas toujours facile de vous cerner ! Entre les habitudes françaises que vous conservez à l’étranger, les habitudes étrangères que vous ramenez dans votre valise à chaque passage en France, et le melting pot d’habitudes qui constituent votre quotidien là où vous avez posé vos valises, vous êtes certainement le reflet de votre vie à l’étranger : riche, mais parfois étrange à observer ! Après plusieurs années de vie expat, j’ai dressé la liste des petites manies qui rythment ma vie de française à l’étranger. Et vous, vous en avez aussi, des petites habitudes étranges ?


Ils parlent bizarrement

Les expats cherchent leurs mots dans toutes les langues qu’ils parlent. Tantôt dans leur Français natal (“je ne sais plus comment on dit ça en Français”), tantôt frustré de ne se souvenir que de l’expression française en plein milieu d’une discussion dans une langue étrangère qu’ils parlent pourtant tous les jours (“comment tu dirais ça en Anglais déjà ?”), l’art de la conversation peut parfois s’avérer compliqué.
Il arrive même qu’ils inventent simplement un mot ou une expression, en faisant une traduction littérale d’une langue à l’autre, ou en s’emmêlant les pinceaux avec les faux-amis, qu’ils connaissent pourtant en théorie, ce qui n’empêche malheureusement pas leur langue de fourcher. Ils ont parfois un accent un peu étrange en Français (mes amis de France me certifient que je ne parle plus “comme avant”), après des années à pratiquer une autre langue dans la vie de tous les jours, mais ne perdront sans doute jamais non plus totalement leur accent étranger aux oreilles des gens du pays où ils vivent.
Lorsqu’ils parlent à un autre expat Français, les choses sont plus simples, car ils se comprennent en faisant leur petite cuisine linguistique : ils changent parfois de langue en pleine phrase, ou placent des mots d’une autre langue en pleine conversation en français.
Ces choses là peuvent également varier en fonction du sujet : beaucoup d’expats vous diront qu’ils ne savent pas parler de leur travail en Français (ou envoyer des emails professionnels), puisque leur carrière s’est faite presque exclusivement dans un autre pays, et une autre langue.
Bref, l’expat a quelques problèmes d’élocution !

 

Ils ont une double personnalité

Phénomène souvent lié à la langue, les expats n’ont pas la même personnalité en fonction de celle qu’ils utilisent. Il est prouvé que les personnes qui parlent différentes langues possèdent différentes personnalités, et également que l’utilisation du langage ne se fait pas de la même manière dans différentes langues parlées par la même personne. Par exemple, les gros mots / insultes ont moins d’impact lorsqu’on les dit dans une langue étrangère que dans sa langue natale. Et qui n’a pas ressenti cette frustration au début de l’apprentissage d’une langue de ne pas pouvoir complètement être soi-même, ou de donner l’impression d’être timide ou de ne pas avoir le sens de l’humour dans une langue étrangère ? Cela a certainement été mon cas, au début de mon apprentissage de l’Anglais : je passais mon temps à sourire gentiment pour camoufler le fait que je ne comprenais que la moitié de ce qui se passait autour de moi ! Et je ne parle pas de mes tentatives ratées de raconter une histoire drôle, en bafouillant et en cherchant mes mots, sans compter que les choses qui font rire dans un pays ne le font pas forcément dans un autre. L’humour est quelque chose de terriblement culturel, et une blague (ou le ton de la blague) qui fera rire un Français ne fera sans doute pas rire un Anglais ou un Allemand. A l’inverse, l’expat se sent parfois plus confiant dans une langue étrangère que dans sa langue natale dans certains domaines de sa vie : travail, relations amoureuses, éducation des enfants ou autre !

 

Ils postent des photos de leur shopping/repas français

On voit régulièrement sur les réseaux sociaux de l’expat des photos du shopping ramené de France après son séjour, ou des victuailles apportées par leur famille lorsqu’elle leur rend visite (“Visite de la famille : saucisson, Petits Beurres et Apéricubes… #FrenchFood #IloveFrance #MerciMaman !”). Ses amis en France cliquent gentiment sur “J’aime”, en se demandant pourquoi il poste une photo d’une pile d’éponges Spontex tous les 6 mois. Ils sont bizarres, ces expats ! Autre spécialité : la première photo postée par un expat de retour en France pour des vacances est souvent en rapport à la nourriture. Premier “vrai” pain au chocolat depuis Noël ou bonne menthe à l’eau Teisseire pendant les vacances d’été : l’expat est plus excité par ses premières moules frites depuis un an lorsqu’il rentre en France que par les spécialités culinaires qu’ils découvrent lors de ses vacances en Thaïlande. L’effet “madeleine de Proust”, sans doute !

 

Ils commettent quelques faux-pas

Et ces faux-pas les rendent parfois assez drôles à côtoyer. On s’habitue rapidement aux normes culturelles de son pays d’accueil, mais non sans commettre quelques erreurs durant les premiers mois de vie dans un nouveau pays. Un exemple précis : les Anglais sont très informels par email. Je me suis donc habituée, travaillant dans une entreprise anglaise, à suivre ce mode de communication assez chaleureux. Mais lorsque j’ai recommencé à communiquer avec des Français dans le cadre d’un nouveau poste, j’ai vite compris mon erreur. J’étais trop familière avec des inconnus par email (en les appelant par leur prénom, comme au Royaume-Uni), et on ne s’est pas gêné pour me remettre à ma place. Oups ! Mais j’ai remarqué que ce problème existe également lorsque l’on rentre en France : il faut parfois un ou deux jours pour se réadapter à la manière dont on y fait les choses. Je salue régulièrement les commerçants Français en Anglais lors de mon premier jour de retour en France, la honte totale lorsqu’ils comprennent tout de suite que je suis française, et que j’ai simplement parlé dans la mauvaise langue…

 

Ils ne savent pas comment dire bonjour

Doit-on faire la bise, faire un hug, serrer la main, ou simplement faire un petit “Hello !” gêné de loin ? En parlant des normes culturelles parfois difficiles à respecter, saluer figure définitivement en tête de liste. Pas de problème lorsque vous rentrez en France, là, c’est facile : vous faites la bise à tout le monde (ce qui peut vous sembler un peu étrange aussi après quelques années passées dans des contrées moins tactiles envers les inconnus !). Mais rendez-vous à une soirée pleine de gens de différentes nationalités et les ennuis commencent : entre les Italiens, les Grecs ou les Portugais qui embrassent tout le monde à tout bout de champs (même au début d’un entretien d’embauche, c’est du vécu !), les Anglais et les Allemands qui sont allergiques à la bise et les Français qui restent les bras ballants sans savoir quoi faire du tout, on ne s’en sort plus !

 

Ils sont lunatiques

En fonction de la conversation et du sujet, l’expat fait la girouette : un coup défendant son pays d’accueil, un autre son pays d’origine, on ne sait jamais vraiment sur quel pied danser. Si vous avez le malheur de critiquer le pays dans lequel il a élu domicile, gare à vous (“Mais pas du tout, la cuisine anglaise est beaucoup plus raffinée qu’on ne pense ! Inculte !”). Mais si on critique la France devant lui/elle, cela a le chic de l’agacer également (“Non, les français ne sont pas tous des grincheux arrogants”). Cela marche aussi si quelque chose le contrarie dans son pays d’accueil (“En France, j’aurais pu voir un vrai médecin bien plus rapidement !”). Loin de vous l’idée de vous comporter comme une diva : vous souhaitez avoir la primeur des éloges ou des critiques de tous les pays avec lesquels vous possédez un lien, et avec lesquels vous entretenez une relation passionnelle.

 

Ils font courir leur famille à la Poste

Même si l’expat ne manque pas de remplir une demie valise de produits français à chaque passage en France, et connait par coeur le nom des sites qui livrent ces produits dans son pays de résidence, cela ne l’empêche pas d’avoir également recours à des envois complémentaires. Par le biais de sa famille ou de ses amis, bien entendu, qui courent à la Poste pour lui envoyer des produits français essentiels (des éponges).

 

Ils se moquent de tout le monde

Gentiment, mais au final, tout le monde en prend pour son grade : les locaux de son pays d’accueil (“Quoi ? Tu manges de la Marmite au petit déjeuner ? Pouah !”), aussi bien que les Français, lorsque l’expat rentre à la maison (“C’est tellement français ce que tu fais ! Personne ne trempe sa tartine dans son café en Angleterre”). Il n’y peut rien : l’expat est simplement légèrement agaçant, mais il se soigne !

 

Ils ne sont jamais là

Que ce soit dans le pays où ils vivent ou dans leur pays d’origine, les expats ne sont jamais là. Ils sont en vadrouille un peu plus que la moyenne : soit ils sont occupés à recevoir de la famille qui leur rend visite depuis la France (et à faire le guide touristique, en fonction de l’endroit où ils vivent !), soit ils utilisent une bonne partie de leurs vacances annuelles pour rentrer au pays, voir leur famille et leurs amis. Et quand ce n’est ni l’un ni l’autre, ils ont souvent le virus du voyage, et ne manquent pas une occasion de pouvoir partir se balader loin de chez eux. Bref, l’expat est souvent au milieu des préparatifs de son prochain séjour à l’étranger, ou de la venue de sa famille ou d’amis en visite. Vous voulez prévoir de sortir boire un verre avec un expat ? Attendez, il regarde son agenda. Il est disponible dans 6 semaines !

 

Ils ont une caverne d’Ali-Baba

Et que trouve t-on, lorsque l’on pousse la porte de cette caverne aux merveilles (qui prend souvent la forme d’une penderie, d’un placard ou d’une étagère) ? Des stocks de produits français en tout genre. Compotes, savon, éponges, moutarde, biscuits, dentifrice… Tel un écureuil avec ses noisettes, l’expat possède ses petites réserves de produits français qu’il rationne tout au long de l’année, entre deux passages en France (ou entre deux colis envoyés par ses proches, comme évoqué plus haut).

 

Ils ont une relation étrange avec les autres Français

Certains les fuient (“Tous des cons !”), ce que je trouve d’ailleurs assez typique des Français. Je ne jette pas la pierre, je suis passée par cette phase à mon arrivée au Royaume-Uni, car je voulais absolument améliorer mon Anglais. Mais j’ai cru remarquer que d’autres nationalités éprouvent plus de plaisir à se parler et à faire causette avec des personnes du même pays lorsqu’elles se croisent en voyage ou entre expats. Mettez deux Italiens ou deux Portugais dans une même pièce avec 150 autres personnes du monde entier : ils s’attireront comme des aimants et deviendront amis en quelques minutes. Faites la même expérience avec deux Français : il est plus probable qu’ils se regardent en chiens de faïence, de loin, sans vraiment se parler. Une partie des Français expats évitent donc les autres Français, mais vous croiserez toujours l’exception qui confirme la règle : certains expats sautent littéralement sur toute personne francophone pour qu’il/qu’elle devienne son meilleur ami, ravie de pouvoir parler dans sa langue maternelle, se voir tous les jours ou de se retrouver pour cuisiner des quiches lorraines ensemble. Difficile de savoir à qui vous avez affaire lorsque vous croisez d’autres Français à l’étranger, mais quoi qu’il en soit, il est fort probable que l’expat français que vous venez de rencontrer tombe dans l’une de ces deux catégories !

 

Ils essayent tous les restos français de leur quartier / ville

Et ne sont (presque) jamais satisfaits. C’est la règle d’or de l’expat ! Il commente à voix haute qu’il s’agit manifestement d’une pâle copie d’une spécialité française. Ma furie le jour où la chaîne “Pâtisserie Valérie”, en Angleterre, m’a vendu un éclair au chocolat fourré à la vanille ! No comment.

 

Ils ont des habitudes exotiques ramenées de leurs différents pays

Idée totalement inspirée d’un dessin de Clémentine Latron, qui parle de la manière dont les Français initient leurs proches à des habitudes rapportées de leur pays d’accueil en France lorsqu’ils rentrent voir leur famille. Par exemple, le fait de dîner à 17h30, tout à fait acceptable en Angleterre. Ceci étant dit, soyons positifs : l’expat ramène également des habitudes qui font le bonheur des autres. Mes parents ne pourraient plus passer un été sans Pimm’s, boisson que je leur ai fait découvrir en Angleterre, et qu’ils boivent maintenant en France ! Aussi, lorsqu’un expat a vécu dans plusieurs pays différents, il finit par piocher les choses qu’il préfère dans chacun d’entre eux : les crackers en Suède, l’huile d’olive au Portugal, les biscuits en Italie ou le thé en Angleterre. L’expat aime faire son petit shopping international lorsqu’ils se rend dans les pays où il a vécu dans le passé.


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Conseils généraux Vivre à l'étranger

7 difficultés auxquelles on ne s’attend pas quand on vit à l’étranger

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vivre à l'étranger

Vivre à l’étranger ? Oui s’il vous plaît ! Expatriée depuis presque une décennie, je ne regrette pas mon choix. Mais dire que la vie dans un autre pays n’est que bonheur et paillettes n’aurait pas de sens. Des frustrations surmontables liées au fait de ne pas réussir à se faire comprendre correctement lorsque l’on commence à vivre au quotidien dans une langue étrangère à des situations plus difficiles comme la peine que l’on cause parfois à nos proches en partant loin, j’ai vécu, et vis toujours, toutes sortes de moments délicats liés à l’expatriation. Il y a les difficultées matérielles que l’on anticipe, et pour lesquelles on tente de s’organiser le mieux possible (trouver un logement, ouvrir un compte en banque, faire des virements bancaires entre deux pays). Et puis il y a les autres, ces choses pas toujours faciles auxquelles on avait vaguement pensées – ou pas – et pour lesquelles il n’existe pas de recette miracle. J’espère que cela vous fera sentir moins seul(e) dans votre propre vie à l’étranger, ou vous aidera à vous préparer si vous vous apprêtez à partir !

Les gens qui nous manquent

Vous aviez bien anticipé que la famille et les amis proches vous manqueraient, mais la réalité de ce sentiment est parfois plus forte qu’on ne pensait, surtout pour ceux qui s’expatrient sur le long terme. Le fait de rater certaines occasions comme des anniversaires ou des naissances provoque souvent un pincement au coeur. Même quand vous rentrez chez vous, c’est la course aux visites, à essayer de voir tout le monde, et, immanquablement, l’impossibilité d’y parvenir. La vie à l’étranger, surtout si elle se prolonge, “écrème”, involontairement, votre cercle d’amis : vous restez naturellement proche des quelques amis qui vous rendent visite à l’étranger ou avec qui vous êtes en contact le plus souvent, simplement parce que maintenir un lien aussi fort avec chaque personne que vous connaissiez dans votre pays d’origine est impossible. Vous avez votre nouvelle vie à l’étranger, et des amis à y voir également. Un point positif tout de même : quand vous voyez vos proches restés en France, vous en profitez pleinement !

Faire de la peine à ses proches

L’un des points les plus difficiles à gérer selon moi, mis à part pour quelques petits chanceux qui arrivent à maîtriser la situation comme des pros ou dont la famille internationale a l’habitude de vivre éloignée les uns des autres : le sentiment de culpabilité et la difficulté à accepter la peine que vous faites à certaines personnes qui sont tristes de vous voir partir. Parfois, cela s’arrange avec le temps : après quelques années, certains parents ou amis ont accepté que vous ne rentrerez surement pas. Mais ce n’est pas toujours le cas. Je ne l’ai pas vécu moi-même puisque je ne suis pas maman, mais beaucoup d’internationaux rencontrés en cours de route m’ont confié qu’ils se sentaient coupables de priver leurs parents de leurs petits enfants, ou de ne pas être proches d’eux durant leurs vieux jours, bien qu’ils sachent qu’ils ne souhaitent pas rentrer en France. Chaque situation est différente, mais beaucoup d’expats doivent gérer la peine que leur départ cause à leurs proches, et cette peine ne diminue pas toujours avec le temps.

Etre entre deux cultures

Bien entendu, se trouver entre deux pays, deux cultures et deux langues est avant tout une belle expérience. Mais il s’agit également d’une chose qui peut s’avérer difficile. Pas mal de personnes ont l’impression d’être des étrangers dans leurs pays d’accueil, et plus complètement français non plus lorsqu’ils rentrent chez eux.  Aussi, plus inattendu mais bien réel, le problème qui consiste à perdre un peu de votre français, puisqu’il ne s’agit souvent plus de la langue que vous pratiquez exclusivement au quotidien : incapacité à trouver un mot au cours d’une discussion en français et ne trouver que l’équivalent en anglais (ou dans la langue que vous parlez tous les jours), difficulté à parler de votre travail en français puisque votre vie professionnelle se fait dans une autre langue, emploi d’anglicismes qui font sourire vos amis en France… Autant de petites situations qui montrent que vous flottez un peu entre deux mondes sans appartenir à aucun à 100%, pour le pire mais aussi pour le meilleur !

Organiser les retours en France

Rentrer en France voir sa famille est avant tout un plaisir, et souvent quelque chose dont on se réjouit plusieurs semaines à l’avance. Mais cela a aussi un coût : un “budget famille” conséquent (payer les billets d’avion ou de train pour rentrer chez vous plusieurs fois par an, les coûts et la régularité dépendant bien entendu de votre pays d’expatriation), et un nombre de jours de congés réduits car vous retournez en France pendant au moins la moitié de vos vacances annuelles. Vous ne changeriez vos vacances au pays pour rien au monde, mais cela laisse moins de place à d’autres types de vacances, pour découvrir de nouveaux endroits !

Le mal du pays

Le mal du pays peut prendre diverses formes, durer deux jours ou deux ans, ne provoquer qu’une brève sensation de douleur ou une vague de tristesse qui balaie tout sur son passage. Il repart parfois aussi vite qu’il était apparu, par exemple si vous êtes triste car vous venez de rater un évènement familial en France pour lequel vous n’avez pas pu vous déplacer. Mais il peut aussi vous frapper de manière plus longue et profonde, si vous n’aimez pas ou plus le pays dans lequel vous avez élu domicile, pour une raison ou pour une autre. Je suis peu sujette au mal du pays depuis mon départ de France, mais je l’ai ressenti trois fois en 7 ans : une fois après une rupture difficile loin de ma famille juste après mon arrivée dans un nouveau pays, une fois au Portugal quand je me suis heurtée à de gros problèmes administratifs sans bien parler la langue locale, et une troisième fois après le vote du Brexit en Angleterre et la vague des unes de journaux xénophobes qui a déferlée sur le pays. Des situations différentes les unes des autres que je n’avais pas anticipées, accompagnées d’une arrière pensée : “les choses seraient plus faciles pour moi en France”. Mais dans mon cas, ce sentiment ne fait jamais que passer.

Les difficultés liées à la langue

Les difficultés liées au fait de vivre dans une langue étrangère que l’on ne maîtrise pas encore bien sont variées. Au début de ma vie dans des pays anglophones, mon problème principal n’a pas été, à ma grande surprise, de ne pas avoir assez de vocabulaire pour me faire comprendre. Même si je ne connaissais pas souvent les bons mots, je pouvais toujours utiliser un dictionnaire ou me faire comprendre en m’y reprenant à plusieurs fois. Le plus difficile pour moi a été que mon niveau d’anglais médiocre m’empêchait d’être totalement moi-même et d’exprimer ma personnalité. Je n’avais pas la même assurance, ni la possibilité de faire de l’humour qui fait mouche, puisque mes blagues tombaient souvent à plat. Je souriais beaucoup pour “meubler” la conversation (à tel point que je me souviens en avoir eu des crampes aux joues !), et pour cette raison, beaucoup de personnes pensaient que j’étais timide, et certainement un peu simplette aussi. J’étais en fait incapable d’enchaîner deux phrases de manière consécutive pour avoir une discussion intéressante. Bien entendu, il y a également le problème de ne pas pouvoir suivre certaines conversations, surtout les discussions de groupes lors de dîners ou dans des bars, à cause du bruit et du fait de décrocher. Aussi, même après des années de pratique d’une langue étrangère que l’on parle au quotidien et dans laquelle on devient bilingue, vous croiserez toujours le chemin de certains natifs de votre pays d’accueil qui ne comprennent pas votre accent car ils n’ont pas l’habitude de parler à des étrangers.

–> Mon article “5 astuces pour apprendre une langue étrangère” se trouve ici !

Le sentiment d’être un étranger

Tout comme les autres points abordés dans cet article, le sentiment d’être un étranger peut couvrir toutes sortes de situations. Pas toujours négatives d’ailleurs, car il peut être sympathique d’être  “la française” au cours d’une soirée, à qui l’on pose des questions sur la culture ou les habitudes des habitants de l’hexagone. Mais ce sentiment peut aussi se décliner sous des formes moins plaisantes. Les commentaires xénophobes occasionnels, qui dans mon cas sont rares mais que j’ai bel et bien vécus, presque essentiellement depuis le vote du Brexit, et qui a été l’occasion pour moi de me frotter en Angleterre à plusieurs “plaisanteries” bien corsées : “Tu es française ? Tu vas te faire expulser de mon pays bientôt alors ?” (c’est tellement drôle ! Kill me now). Il y a aussi les quelques faux pas que l’on commet irrémédiablement dans une nouvelle culture, puisqu’on ne sait pas comment les choses fonctionnent. Je me souviens du regard choqué du premier médecin généraliste que j’ai vu à Londres il y a 6 ans : j’ai sorti ma carte bancaire pour régler la consultation, alors que celles de la NHS, l’organisme de santé national britannique, sont gratuites. On apprend vite !


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Conseils généraux Vivre à l'étranger

10 profils d’expats qu’on croise à l’étranger

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expat

Vivre à l’étranger veut souvent dire évoluer dans un environnement international, composé d’autres étrangers, expats et voyageurs au long cours. Chaque expat est différent, venant d’un chemin de vie unique, d’une vision très personnelle du mode de vie international et de motivations inhérentes à son parcours individuel. J’ai toujours trouvé ces rencontres enrichissantes, et j’aime beaucoup écouter et comprendre le parcours de chaque “international” que je rencontre. Il y a toujours une histoire différente à comprendre, parfois très proche ou à l’inverse à l’opposé de ma propre expérience.

Avec le temps, un peu pour rire mais aussi par réel intérêt pour ceux qui choisissent de vivre à l’étranger,  j’ai remarqué qu’il existait des profils distincts, que je me suis amusée à répertorier ici. Impossible bien sûr de faire rentrer les gens complètement dans des cases, je me retrouve personnellement dans plusieurs de ces profils en même temps (et non, pas toujours les plus glorieux !). J’ai aussi remarqué que je suis passée d’un profil à l’autre au cours de ma vie à l’étranger, en fonction des “phases” d’expatriation dans lesquelles je me trouvais ou le pays dans lequel je vivais. Et vous ? Vous en connaissez d’autres ? Dites-le moi en commentaire !

10 profils d’expats :

L’Hyperactif
Le Négatif
Mr ou Mme Parfait
Le Comblé
Le Caméléon
L’Inné
Le Malheureux
L’Arrogant
L’Égaré
L’Accidentel

 

 


1. L’Hyperactif

L’Expat Hyperactif bouge tout le temps. Il ou elle change de pays comme de chemise, et butine sans cesse de ville en continent. Il n’est pas toujours tombé dans le mode de vie expat étant petit (par des parents expats, par exemple). C’est plutôt une passion qui est née à un niveau individuel, et qui est devenue un choix de vie, presque une addiction. Il s’agit souvent d’une personne fascinante, pleine de bonne humeur et d’énergie, avec un petit côté hippie rafraîchissant et la capacité à voir le positif dans les situations comme dans les gens qui l’entourent. L’Expat Hyperactif n’est pas un perfectionniste, plutôt un touche-à-tout, qui parle plusieurs langues de manière approximative, car il sait faire passer les émotions par d’autres moyens et n’est pas du genre à apprendre le Bescherelle par coeur. Les quelques mois passés en sa compagnie à devenir son ami se ressentent comme une réelle chance de rencontrer quelqu’un comme lui/elle. Seulement voilà, son destin est de passer au pays suivant et de toucher la vie d’autres petits veinards, ailleurs dans le monde. On voit souvent cette personne partir le coeur lourd en sachant qu’on ne la reverra pas ou peu au cours de sa vie, mais le lien est toujours là ! D’autres contrées appellent l’Expat Hyperactif, qui a déjà vécu dans 15 pays et ne compte pas s’arrêter là.

 

2. Le Négatif

L’Expat Négatif se décrit rapidement. C’est celui que tous les vrais amoureux des voyages et de la découverte d’autres cultures fuient comme la peste. Il ou elle déteste son pays d’accueil, et s’en donne à coeur joie de communiquer cette information à qui veut l’entendre (même s’il ne laisse souvent pas le choix à ses interlocuteurs, l’Expat Négatif étant souvent bruyant). Tout, dans sa vie à l’étranger, le contrarie : il pleut trop, il fait trop chaud, trop froid, il n’aime pas la langue, la nourriture est dégoûtante, l’eau a un drôle de goût, les trottoirs ne sont pas droits, les gens sont trop ceci ou trop cela, et sa ville ou son pays natals sont les meilleurs en tout. Les commentaires vexants fusent, aussi bien pour ses compatriotes (“Les Français, tous des cons !”) que pour les natifs de son pays d’accueil. Avec l’Expat Négatif, pas de jaloux : tout le monde en prend pour son grade. On espère que ce rabat-joie trouvera meilleur pays à son pied et nous laissera rapidement profiter de notre vie à l’étranger. On lui souhaite donc bon voyage, et on oublie de lui donner notre numéro de téléphone au passage. Oups.

 

3. Mr ou Mme Parfait

C’est la version expat du personnage de Bree dans la série télévisée Desperate Housewives. Bree arrive toujours chez ses voisins avec des muffins faits maison dans un beau panier en osier. Toujours très sociable, l’Expat Parfait organise quant à lui régulièrement des dîners entre expats chez lui ou chez elle, en vous demandant si vous pourriez cuisiner une petite spécialité de votre pays d’origine. Quelque chose de simple, pourquoi pas des macarons à la rose, pomelos et litchis ? Il a lu que c’était une spécialité de Michel Roux Jr et ne voudrait pas rater une opportunité de goûter ce petit gâteau cuisiné par un français. L’Expat Parfait vous file des complexes incroyables, à vous flanquer des insomnies. Toutes les démarches administratives sont faites durant la première semaine suivant son déménagement, l’appartement idéal a été trouvé avant même son arrivée sur place, la langue du pays d’accueil est maîtrisée en trois semaines, tout est négocié au meilleur prix et les locaux l’acceptent comme s’il faisait partie des leurs. L’Expat Parfait aime bien, gentiment, vous donner quelques leçons sur l’importance de souscrire à une assurance habitation complémentaire pour votre logement meublé temporaire, ou vous faire les gros yeux quand vous lui dites que vous n’êtes toujours pas inscrit dans un cabinet médical après 2 mois. A côté de l’Expat Parfait, vous vous sentez comme un adolescent qui a tout faux, et vous nettoyez votre appartement de fond en comble avant chacune de ses visites chez vous. Le plus gros problème de l’Expat Parfait : il a (très) souvent raison.

 

4. Le Comblé

L’Expat Comblé est l’antagoniste de l’Expat Négatif. Il a souvent l’air d’avoir ingéré des champignons hallucinogènes qui lui font voir la vie en rose. Il aime son pays d’accueil plus que tout, il s’y sent chez lui, adore la cuisine, l’architecture, les gens, la langue. Il ne comprend pas du tout lorsque vous dites que vous avez du mal à assimiler certains traits culturels du pays, ou que vous vous faites rouler par les chauffeurs de taxi à cause de votre accent. Rien de négatif ne lui est jamais arrivé, et il documente chaque miette de crumpet sur son compte Instagram avec les hashtags #BestCrumpetCrumbEver et #IloveThisCountrySoMuchItsPerfectDontYouThink. C’est parfois le symptôme du débutant qui vient d’arriver (je plaide coupable à mon arrivée aux Etats-Unis puis en Angleterre il y a 7 ans !), et parfois, ça dure. Le côté positif : l’enthousiasme de l’Expat Comblé pourrait bien être communicatif et vous aider à remettre un peu de baume à votre coeur d’expat blasé qui se serait endurci au cours des années. Seul bémol de l’Expat Comblé : il est à éviter si vous avez un petit coup de mal du pays, et avez besoin de parler de problèmes liés à votre pays d’accueil. Il ne comprendra certainement pas de quoi vous voulez parler !

 

5. Le Caméléon️ ️

L’Expat Caméléon est tellement intégré dans sa culture d’accueil (accent, manière de vivre, conjoint du pays d’accueil) qu’on ne se rend compte qu’il ne s’agit d’un étranger qu’au moment où on l’entend parler avec d’autres personnes de son pays d’origine pour la première fois. On l’aura pris pour un natif pendant des semaines, et il est quasiment impossible de percevoir un accent. Il n’est pas né bilingue ou dans une famille bi-culturelle, il a juste complètement intégré sa culture d’accueil et a un don incroyable pour les langues, qu’il arrive à parler avec très peu – voire pas du tout – d’accent étranger. L’Expat Caméléon n’est pas peu fier de son niveau de langue, et adore que vous n’ayez pas perçu d’accent étranger en lui parlant. Il aime le petit moment d’étonnement où vous vous rendez compte qu’il est, tout comme vous, un expat. Un poil arrogant, donc, et il place la barre très haut pour nous autres, pauvres mortels. Mais on lui accorde qu’il a su tirer un maximum, et avec brio, de sa vie à l’étranger.

 

6. L’Inné

L’Expat Inné est souvent lui-même enfant d’expat, issu de familles au minimum bilingues. A l’âge de 18 ans, il ou elle a déjà vécu dans 10 pays. Il a passé sa vie dans les avions depuis la maternelle, et déménage de la France aux Etats-Unis en passant par l’Australie avec le plus grand naturel du monde. Très souvent, l’Expat Inné parle jusqu’à 5 ou 6 langues, et ceux qui n’en parlent que deux ou trois, habitués aux milieux internationaux, s’excusent d’en parler si peu. Pendant ce temps là, vous vous arrachez toujours les cheveux pour accorder les verbes irréguliers en Anglais, et vous avez encore besoin des sous-titres en Français pour regarder un film en V.O. L’Expat Inné est très bon à avoir dans ses amis puisqu’il aide à dédramatiser pas mal de situations liées à l’expatriation qui lui sont naturelles, et peut aussi donner certains conseils sur des aspects pratiques qui font partie de son quotidien depuis l’enfance. Besoin d’effectuer un virement international ou d’acheter des billets à escales multiples ? L’Expat Inné est là pour vous aider. A noter, si vous en avez l’occasion un jour : se retrouver au milieu d’un dîner de famille d’un Expat Inné est souvent spectaculaire. Les parents, grands-parents, frères, soeurs et cousins passent tous d’une langue à l’autre en pleine discussion sans même s’en apercevoir, et sans remarquer que vous avez complètement décroché.

 

7. Le Malheureux

Pas très drôle, et pourtant il ou elle existe bien. L’Expat Malheureux est celui qui se trouve coincé dans un pays contre sa volonté, alors qu’il ne souhaite qu’une seule chose : rentrer chez lui, ou du moins partir de là où il se trouve. Il peut s’agir d’étudiants envoyés à l’étranger par leurs parents pour booster leur CV, de conjoints d’expats qui suivent leur moitié de pays en pays, ou simplement de personnes qui souhaitaient réellement partir vivre à l’étranger mais qui se retrouvent à souffrir d’un mal du pays profond, pour une raison ou pour une autre. Ils ne détestent en fait pas leur pays d’accueil, mais se savent simplement au mauvais endroit. Ils ne sont pas aussi agaçants que l’Expat Négatif, juste en souffrance, et peuvent renaître une fois rentrés chez eux. Si vous en rencontrez, soutenez-les, ils en ont bien besoin !

 

8. L’Arrogant

L’Expat Arrogant ne peut pas concevoir qu’on ne veuille pas partir vivre à l’étranger. Pour lui ou pour elle, tout est tellement mieux dans les autres pays, et ceux qui ne partent pas sont – pardonnez moi l’expression – plus ou moins des bouseux. Il coupe souvent les ponts avec ceux restés dans son pays d’origine, et valorisent surtout ceux qui comme lui ont vécu dans de nombreux pays, parlent plusieurs langues et évoluent dans des cercles internationaux. Les gens qui partent vivre ailleurs sont simplement un poil supérieur, et ceux qui ne partent pas simplement moins intéressants. Ceci étant dit, l’Expat Arrogant ne se limite pas à juger les non-expats. Il aime également hiérarchiser les expats entre eux et ne fréquenter que ceux qu’ils considèrent dignes de lui. Un peu tout noir ou tout blanc, et oui, simplement arrogant !

 

9. L’Égaré

L’Expat Egaré n’est pas vraiment certain de ce qu’il fait là, car il est parti sur un coup de tête, suite à un coup dur, pour fuir un peu ses problèmes en espérant que l’herbe serait plus verte ailleurs. Vivre à l’étranger ou dans ce pays précis ne faisait pas partie de son plan de vie, mais est venu offrir une solution à un moment de vie difficile, un besoin de s’échapper ou de prendre du recul. Il rentrera peut-être dans son pays d’origine, ou bien deviendra expat sur le long terme, en ayant trouvé des réponses et un équilibre en chemin, ou pas. Il se s’identifie pas vraiment aux autres expats et on sent bien qu’il ne se voit pas rester-là sur le long terme. Ce qu’il cherche, c’est sa voie, parfois un peu de spiritualité et, au bout du compte, un peu d’isolement pour pouvoir réfléchir et repartir du bon pied.

 

10. L’Accidentel

A l’inverse d’Obélix, cet expat là n’est pas tombé dedans quand il était petit, mais beaucoup plus tard, complètement par hasard. L’Expat Accidentel est parti vivre à l’étranger au gré de circonstances inattendues, souvent par une proposition extérieure qu’il n’attendait pas, parfois pour suivre un conjoint, ou grâce à une proposition de poste sortie du chapeau. Il ou elle n’était à l’origine pas spécialement baroudeur ni grand voyageur, mais c’est arrivé, et il a inspiré un grand coup, pris son courage à deux mains, et sauter dans le vide. L’Expat Accidentel n’a pas vraiment eu l’occasion de se poser les questions existentielles liées à l’expatriation que ressassent souvent ceux qui ont le projet de partir depuis longtemps, et découvre les aléas, émotions et avantages qui constituent une vie d’expat au fur et à mesure qu’ils se présentent à lui. L’Expat Accidentel a souvent besoin d’un peu plus de conseils et de discussions avec d’autres expats au début, et s’adaptent parfois très bien, même si le premier contact avec les cercles d’expats est parfois difficile, car il n’a pas vraiment l’impression d’appartenir à cette communauté dont il ne connaît pas les codes. Certains Expats Accidentels deviennent expats sur le long terme, d’autres rentrent au pays avec soulagement… ou avec la volonté de repartir le plus tôt possible. Tomber dedans tard ne veut pas dire qu’on y prendra pas goût !

Et vous, quel profil êtes-vous, et lesquels avez-vous croisés ? Laissez un commentaire pour contribuer !


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Conseils généraux Vivre à l'étranger

5 conseils que j’aurais voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger

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Ceux qui me suivent régulièrement savent que parler d’expatriation et de vie à l’étranger est l’un de mes sujets préférés. C’est parceque pas une expérience de vie dans un autre pays n’est la même ! J’ai demandé à 5 de mes blogueurs de voyage préférés, dont j’admire particulièrement le travail et le parcours dans différentes parties du monde, de me parler de leur expérience d’expatriation. A tous, j’ai demandé de répondre plus spécifiquement à une question, toujours la même : si vous deviez n’en choisir qu’un, quel conseil auriez-vous voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger ? J’ai posé cette question car en maintenant 7 années de vie à l’étranger, j’ai parcouru un long chemin composé de différentes phases et étapes, qui auraient peut-être été plus faciles si j’avais été consciente de certaines choses.

Ces blogueurs ont vécu ou vivent au Maroc, au Japon, aux Etats-Unis, au Canada, en Suède ou en Argentine, et partagent ici avec vous et moi leurs conseils et parcours, avec sincérité et bienveillance. Merci à eux d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions, qui, je l’espère, vous inspireront dans votre propre parcours de vie à l’étranger, que vous y viviez déjà, planifiez de partir, ou soyez rentrés dans votre pays d’origine !

Et vous, avec le recul, quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui s’apprête à partir vivre dans un autre pays ?


Audrey et Mickael, du blog Refuse to hibernate

Leur conseil : N’ayez pas peur, il y a une grosse communauté de Français à l’étranger pour vous soutenir

Audrey et Mickael du blog Refuse to Hibernate au Canada

Audrey et Mickael du blog Refuse to Hibernate au Canada

A propos du blog : “Refuse to hibernate”, c’est notre recueil de souvenirs. Nous l’avons commencé en juillet 2015 lorsque nous étions à Paris et notre but premier était de tenir au courant famille et amis de nos aventures au Canada.

Endroits où vous avez vécu et pour combien de temps : nous sommes français, Audrey est parti 9 mois en Angleterre pour être au pair et nous vivons actuellement à Montréal au Canada depuis bientôt un an et demi.

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? De rentrer bredouille ! Nous avions peur de ne pas trouver de travail dans notre domaine, d’épuiser nos économies et de devoir rentrer en France sans avoir pleinement tenter cette aventure de PVT au Canada. Ce que nous aurions vécu comme un échec. Résultat : nous avons tous les deux trouvé un travail dans notre domaine rapidement.

Le conseil que vous auriez voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : n’ayez pas peur ! C’est facile à dire mais honnêtement ce n’est pas si dure de tout quitter et de recommencer ailleurs. Il y a peut être le facteur couple qui fait que nous ne nous sommes jamais senti seul mais il y a une grosse communauté d’expat français partout dans le monde. C’est simple de faire de belles rencontres qui nous mettent du baume au coeur quand la France nous manque. Le plus dure, lorsque l’on est très famille, c’est d’accepter de vivre loin de ses proches et de “louper” des moments importants : anniversaires, naissances…

 

Lucie, du blog Voyages et Vagabondages

Son conseil : ne pas tout vouloir planifier à l’avance et éviter les agences d’expatriation

Lucie du blog Voyages et Vagabondages ay Japon

Lucie du blog Voyages et Vagabondages au Japon

A propos du blog : Voyages et Vagabondages est un blog de voyage sur le voyage en solo et au féminin, sur le nomadisme digital et sur mes aventures autour du monde, évoluant selon mon profil de voyageuse au cours de ces 6 dernières années.

Endroits où tu as vécu et pour combien de temps : un an Erasmus en Suède, un stage de six mois à Montréal, trois ans d’expatriation à Londres, un an de PVT en Argentine et je suis actuellement en PVT au Japon. Je suis partie vivre en Suède à 19 ans, il y a 11 ans, mais j’ai vécu et voyagé à l’étranger en tout six ans dans les dix dernières années.

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Je ne suis pas quelqu’un de stressé et pour être honnête, je n’étais pas inquiète du tout…

Le conseil que tu aurais voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : de ne pas stresser, de ne pas se faire une montagne de l’expatriation et de ne pas tout vouloir planifier à l’avance, notamment trouver son logement avant d’arriver. Ce n’est pas comme cela que l’on fonctionne en France et c’est la même chose à l’étranger. De même de passer par une agence d’expatriation, c’est la porte aux arnaques. Mieux vaut tout faire tout seul et y aller tranquillement, une chose à la fois! Bons préparatifs!

 

Andrea et Adeline, du blog Map & Fork

Leur conseil : se renseigner à l’avance sur les questions de visas et de couverture santé

Map & Fork

Andrea et Adeline du blog Map & Fork au Maroc

A propos du blog : Nous sommes Andrea et Adeline, un couple franco-italien expatrié au Maroc. La particularité de notre blog est qu’il est bilingue, nous écrivons en français et en italien. Nous avons commencé à bloguer pour raconter nos voyages et partager quelques recettes et y avons pris goût. Nous partageons aujourd’hui nos photos, anecdotes de voyages et conseils, mais aussi notre expérience d’expatriés sur les différences culturelles, les questions pratiques et administratives, les destinations touristiques et les spécialités gastronomiques.

Endroits où vous avez vécu et pour combien de temps : Nous avons vécu à Trieste, en Italie, puis sommes partis en Angleterre, dans le Yorkshire. Après une étape en France, nous nous sommes installés au Maroc il y a quelques mois. Concernant la durée, tout dépend ce qu’on appelle « à l’étranger » car Andrea est italien et Adeline française, mais considérons que l’Europe est un grand pays…. Cela fait 5 mois maintenant que nous avons fait nos valises pour le Maroc.

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Nous n’avions pas particulièrement peur, en réalité nous étions plutôt excités à l’idée de changer de décor et attendions avec impatience de savoir ce qui nous attendait. Notre inquiétude concernait donc surtout les questions d’organisation car nous avons eu 15 jours pour vider notre appartement et organiser notre départ, le tout en pleines fêtes de fin d’année.

Le conseil que vous auriez voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : dans l’ensemble nous étions plutôt bien informés, mais il y a des informations qu’on aurait bien voulu connaître à l’avance. Ce qui nous a surpris, causé des difficultés voire contraints à changer de pays, c’est le manque d’information sur :

  1. la possibilité d’obtenir un visa ou de le renouveler, notamment qu’il faut parfois disposer d’un certain contrat de travail, avec une durée spécifique, pour pouvoir être résident officiellement
  2. la couverture maladie. En effet, c’est assez compliqué de se voir refuser une couverture santé par son pays d’accueil d’une part et d’être radié et totalement ignoré par son pays d’origine d’autre part. Celui-ci a sans doute été le plus difficile et nous a contraints à quitter l’Italie.

Néanmoins malgré ces déconvenues, nos expériences à l’étranger ont toujours été formidables et nous répéterons l’expérience à l’avenir sans aucune hésitation.

 

Lydia et Julien, du blog Nowmadz.com

Leur conseil : faire l’effort de s’intégrer dans sa culture d’accueil, et préparer son retour

Lydia et Julien du blog Nowmadz en Australie

A propos de votre blog : « Now » « mad », deux mots qui mis ensemble révèlent toute l’histoire de notre tour du monde : un projet un peu fou pour 2 trentenaires qui décident un jour de lâcher une routine bien installée pour partir découvrir le monde.

Endroits où vous avez vécu et pour combien de temps : pour Julien, une expatriation durant ses études, à San Diego, en Californie. Pour nous deux, un long voyage qui nous a permis de découvrir une partie de la Chine, de l’Indonésie, de la Malaisie, du Sri Lanka, de l’Inde, du Népal, de l’Australie, de la Thaïlande, du Chili, de l’Argentine, du Pérou, des USA et du Canada. Chacun de ces voyages aura duré un an (expatriation et tour du monde)

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Une peur commune à ces deux voyages ? La peur de l’inconnu ! Plutôt banal, n’est-ce pas ?!

Le conseil que vous auriez voulu avoir avant de partir vivre à l’étranger : comme on a vécu deux expériences un peu différentes, on va se permettre de citer non pas un, mais deux conseils 🙂

Le premier, qui pourrait davantage s’approprier à l’expatriation de Julien : faire l’effort d’apprendre la langue, et surtout, de loger avec des locaux ! Durant une année d’échange, on est vite tenté de se retrouver parmi des compatriotes. Les étudiants concernés par ce type d’échange sont souvent jeunes, encore peu habitués à sortir de leur zone de confort, et en plus, ils pensent davantage à s’amuser et à passer du bon temps plutôt que de tirer profit sur le long terme d’une telle expérience. Mon regret (Julien) a été de me mettre en colocation avec mes potes de l’école française d’où je venais. Bien sûr, nous avons passé de super moments et j’en garde de très bons souvenirs, mais vivre auprès d’une famille américaine m’aurait permis d’apprendre leurs coutumes, leur mode de vie, en plus bien sûr, de perfectionner la langue !

Un autre conseil, qui s’applique cette fois davantage au voyage au long cours : il faut absolument préparer son retour. D’un point de vue financier bien sûr, mais il ne faut pas sous-estimer non plus l’impact psychologique d’un tel voyage. Et ce point-là est le plus difficile à anticiper, d’ailleurs je (Lydia) ne sais pas s’il est même possible de l’anticiper ! On n’imagine pas en à quel point et dans quelles mesures une année comme celle-ci, passée à la rencontre d’autres peuples, d’autres cultures, peut vous changer. De notre côté, notre retour était bien ficelé, Julien reprenait son job et moi, j’allais en chercher un. On ne s’est pas posé plus de questions jusqu’à ce que nous rentrions. Et ce fut là notre erreur : sentant les changements qui s’opéraient dans nos têtes au fur et à mesure du voyage, on aurait dû s’autoriser à réfléchir à un autre retour. Rien n’était figé, et avec davantage de préparation (et de volonté), nous aurions pu préparer en amont, pendant le voyage, un retour qui nous plaisait davantage, plutôt que de « subir » celui que nous avions prévu. Le retour a été plutôt terrible pour nous, mais après quelques mois passés la tête dans le sac, nous avons finalement réussi à rebondir. Heureusement !

 

Sarah, des blogs Une parisienne s’émerveille et Hey Flamingo

Son conseil : sélectionnez les amitiés qui vous sont précieuses. Chérissez-les et nourrissez-les.

Sarah des blogs Une parisienne s'émerveille et Hey Flamingo, au Canada

Sarah des blogs Une parisienne s’émerveille et Hey Flamingo, au Canada. Crédit photo @Alexandre Racine / Racine Imagine

A propos de tes blogs : j’ai créé Une parisienne s’émerveille en 2010, quelques mois avant de partir vivre à Montréal. Je l’ai imaginé comme une bulle personnelle, dans laquelle je pourrais explorer ma créativité et partager mes découvertes. Hey Flamingo est né quelques années plus tard. C’est une conversation entre deux soeurs et deux continents :  ma petite sœur Juliette, qui vit toujours à Paris, et moi à Montréal. Nous sommes toutes les deux passionnées de voyages et de créativité. Nous voulions conjuguer les deux pour raconter des histoires inspirantes.

Pays ou villes où tu as vécu, et pour combien de temps : petite, j’ai vécu brièvement aux Antilles. Puis j’ai fait une partie de mes études à Rome. Je vis à Montréal depuis bientôt 7 ans ! En fait, je crois que l’une de mes plus grosses déceptions a été le jour où j’ai compris que je ne pourrais pas vivre dans tous les pays du monde. Je suis une nomade dans l’âme, et une curieuse invétérée. Quand je suis arrivée à Montréal, on m’avait prévenue que la vie à l’étranger avait plusieurs étapes déterminantes : le passage de la 1ère année, des trois ans puis des 7 ans. À chacune de ces étapes, je suis passée par une profonde phase de remise en question. De nombreux amis français qui me disaient qu’ils resteraient ici toute leur vie ont depuis quitté Montréal pour rentrer en France. Contrairement à eux, je répétais toujours que je ne resterais pas longtemps. Ça fait sept ans et je suis toujours ici, sans projet de retour ! Comme quoi, la vie à l’étranger réserve bien des surprises !

Plus grande peur/inquiétude avant de partir ? Je ne me souviens pas avoir eu de peur ou d’inquiétude. J’étais plutôt en rébellion contre la peur que mon entourage projetait sur moi. Je pense notamment à ma mère qui ne comprenait pas que je veuille quitter ma situation idéale (sur le papier) pour l’inconnu. J’avais un job stable (aka le fameux CDI), plutôt bien payé, à 20 minutes de chez moi, avec 10 SEMAINES DE VACANCES PAYÉES (ok celles-ci je les regrette), dans un environnement prestigieux. Mais je me sentais enfermée dans une boîte, étriquée, étouffée. Derrière la façade lisse et clinquante, j’étais misérable. Ma vie manquait d’aventure, de créativité. Alors j’ai décidé de partir dans cette ville qui m’était alors inconnue et où je ne connaissais personne. Comme une envie de secouer ma vie violemment. Ma mère me criait que j’étais folle de risquer de tout perdre comme ça, pour un caprice. Qu’il y avait la crise (qu’est-ce que je déteste ce mot) et que je ne retrouverais peut-être jamais une si belle situation. On s’est engueulées pendant des semaines puis, un jour, je l’ai regardée calmement et je lui ai dit que je refusais de vivre dans la peur. Que j’étais bien trop jeune pour prendre des décisions de vie basées sur la peur. À l’époque j’aurais aimé qu’elle me soutienne et me dise que, quoi qu’il arrive, où que j’aille, quoi que je fasse, je retomberais sur mes pattes. Mais aujourd’hui je suis contente qu’elle ait réagit comme ça. Elle a catalysé toute la peur en elle, ce qui m’en a certainement libérée. Plus elle tentait de projeter ses peurs sur moi, moins j’en avais et plus j’étais déterminée. Mon côté bourrique sûrement 😉

Le conseil que j’aurais voulu avoir avant de partir à l’étranger : quand je suis arrivée à Montréal, j’étais si heureuse de tout découvrir, explorer, défricher, que j’ai sauté dans ma nouvelle vie à pieds joints. Comme je ne pensais pas rester longtemps (et que je ne suis pas fan de téléphone ou de Skype), je partageais mes aventures par l’intermédiaire de mon blog. Avec le temps, je me suis rendue compte que j’avais laissé certaines relations se défraîchir. On s’échangeait quelques messages de temps en temps. On se retrouvait avec bonheur quand je rentrais. Mais en papotant, je m’apercevais qu’ils avaient une vision complètement erronée de ma vie. Comme si le prisme du blog la recouvrait d’une pellicule irisée. Peu à peu, ma vie ici a pris le dessus et certains amis, que j’aimais pourtant de tout mon cœur, se sont éloignés. L’écart devenait trop grand entre nos réalités. J’ai l’impression qu’il y a une règle tacite selon laquelle c’est à celui qui part d’entretenir la flamme de l’amitié. Personne ne m’avait prévenue et j’ai mis du temps à le comprendre. Alors si j’avais un conseil à donner, ce serait : « Sélectionnez les amitiés qui vous sont très précieuses. Chérissez-les et nourrissez-les. Car la vie à l’étranger creuse profondément les écarts !


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Conseils généraux

Tabou : j’ai vécu à l’étranger sans apprendre la langue du pays

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Apprendre une langue

Partir vivre à l’étranger et voyager vous plonge parfois dans des situations inattendues qui viennent bousculer vos habitudes, et révéler des traits de votre personnalité dont vous ignoriez l’existence. C’est ce qui m’est arrivé lorsque je suis partie vivre et travailler au Portugal de manière soudaine, pendant un an et demi.

Je relate dans cet article une expérience que j’ai vécue, liée à l’expatriation, qui ne raconte ni un drame ni une situation très douloureuse, mais qui m’a suffisamment déstabilisée pour que je décide de retourner vivre en Angleterre (même s’il ne s’agissait pas de mon unique raison de quitter le Portugal, cela y a beaucoup contribué). J’ai pensé que cette anecdote pourrait être utile à ceux qui décident de partir vivre dans un pays dont ils ne parlent pas la langue.

 

Les mots et la culture

La langue (française) et les langues (vivantes en générale) sont des choses très importantes pour moi. Lorsque j’ai commencé à vivre aux Etats-Unis, puis en Angleterre, j’étais obsédée par le fait d’améliorer mon Anglais, chaque jour, par tous les moyens possibles (je partage d’ailleurs dans cet article toutes les techniques que j’ai utilisées). J’ai travaillé dur et sans relâche, pendant près de 10 ans, pour parler le meilleur Anglais possible, en comprendre la grammaire, savoir utiliser les expressions et intonations qui font de vous, même si jamais un natif, un étranger qui s’intègre plus facilement au sein de son pays d’accueil en montrant un intérêt profond pour sa culture. Cela représente beaucoup de travail, mais n’a jamais paru être une corvée, car j’ai une passion innée pour la langue anglaise. L’Allemand, appris au collège, a aussi été une langue que j’ai adoré pratiquer, et dans laquelle j’avais fini par atteindre un bon niveau à l’oral après plusieurs séjours dans le pays (avant d’en oublier la quasi totalité par manque de pratique). Lorsque j’ai déménagé au Portugal, je n’avais aucune notion de Portugais. L’Espagnol ou même l’Italien, très proches du Portugais, me sont également inconnus, car je suis plutôt naturellement attirée par les pays nordiques et anglo-saxons. Je n’ai jamais été attirée par les langues latines (à par le Français, bien entendu !), ni les pays chauds (pour rire, j’ai d’ailleurs écrit un poème à ce sujet, appelé “Fille du Nord”). Le Portugal me faisait rêver depuis des années comme une destination de vacances, mais pas comme une destination où vivre.

 

Des débuts difficiles

Moi qui me suis toujours perçue comme une voyageuse curieuse, qui aime les langues et ouverte au monde, j’ai rapidement été vue au Portugal comme une expat fainéante qui ne cherchait pas à apprendre la langue de son pays d’accueil. Cela a été une image difficile à assumer. Un peu comme de me regarder dans un miroir et de ne pas reconnaître la personne que j’y voyais. Au bout du compte, le fait que je ne parle pas le portugais et que cela aille à l’encontre de valeurs profondes que j’ai développées au cours des années a contribué au fait que je ne puisse pas me voir rester dans ce pays sur le long terme. J’ai vite compris qu’au fond de moi, je n’avais pas vraiment envie d’apprendre le Portugais. Je n’avais en rien anticipé cet élément lors de mon déménagement au Portugal, puisque le fait d’apprendre une nouvelle langue avait fait partie intégrante de ma décision de partir vivre dans ce pays. J’avais, avant mon départ, même commencé à apprendre les bases du Portugais. Mais une fois confrontée à ma nouvelle vie, à mon nouveau travail et à la langue en question, les choses ont rapidement changées.

Mon travail à Lisbonne a été très prenant dès le premier jour. J’ai été embauchée par une grosse start-up anglo-portugaise pour développer le marché français en terme de marketing. L’entreprise en question venait de décrocher un gros investissement. J’étais la seule française, sur une centaine d’employée, et avec un contrat de travail de 6 mois renouvelable autant de fois que l’entreprise continuait à recevoir des investissements conséquents, je savais dès le départ que si le marché ne fonctionnait pas, mon contrat de travail ne serait pas renouvelé. Ce types de contrats temporaires sont monnaie courante dans l’univers des start-ups, mais l’envie d’un challenge, et le poste et le secteur d’activité me plaisant beaucoup, j’avais foncé tête baissée. J’ai quitté, à Londres, un poste en CDI, pour cette aventure un peu folle que l’un de mes anciens managers londonien m’a offerte sur un plateau, ayant lui-même été embauché comme directeur du marketing pour cette start-up.

 

Entre deux pays

J’ai pris, pendant mon premier mois à Lisbonne, des cours de Portugais le soir, que j’ai très rapidement abandonnés. Mes journées de travail se terminant à 21h et mes nombreux “voyages d’affaire” vers la France rendant impossible le fait de me rendre à ces cours de manière régulière. Au moment de mon arrivée au Portugal, j’ai également entamée une relation à distance avec quelqu’un resté en Angleterre. La relation devenant rapidement sérieuse et fusionnelle, j’ai eu l’impression que, même si j’aimais le Portugal et ma vie à Lisbonne, mon coeur se trouvait toujours à Londres. Les relations à distance, c’est bien connu, prennent beaucoup de temps et d’énergie, ce qui a contribué à un sentiment d’avoir le pied entre deux pays dès le début de mon expérience lisboète.

Globalement, déménager seule dans un pays dont la langue et la culture m’étaient totalement inconnues, avec une aide minime de la part de mon employeur pour m’assister dans les démarches administratives a représenté une situation relativement épuisante (même si incroyablement enrichissante). J’ai rapidement compris que le Portugal ne serait qu’une très belle parenthèse dans ma vie, avant de rentrer en Angleterre, où je me sentirai à nouveau chez moi.

 

Un sentiment de culpabilité

J’ai très souvent été blessée par des remarques sur le fait que je ne parlais toujours pas le Portugais après quelques mois, faites par des Portugais aussi bien que par des étrangers qui parlaient le Portugais. Je les comprends, j’aurais pensé la même chose en Angleterre quelques mois auparavant, si j’avais été confrontée à quelqu’un n’apprenant pas activement l’Anglais après plusieurs semaines dans le pays. Vu de l’extérieur, le fait que je sois toujours incapable d’avoir une discussion basique en portugais après plusieurs mois devait en effet paraître, au mieux, risible, et au pire, désolant. Certaines personnes étaient plus agressives que d’autres, les degrés de méchanceté, souvent involontaire, variant en fonction des situations et des profiles. Ma vie quotidienne était également sans cesse teintée de difficultées découlant de mon incapacité à parler le Portugais, comme le fait de ne pas pouvoir effectuer mes démarches administratives dans la langue du pays.

Aujourd’hui, je suis heureuse d’être rentrée en Angleterre, et malgré le fait que je ne parle pas le Portugais, le pays me manque beaucoup et j’aurais toujours un lien particulier avec Lisbonne. Je sais que j’ai une chance folle d’avoir vécu dans un pays aussi beau. J’ai appris pendant cette expérience que vivre et se sentir chez soi dans un pays dont la langue et la culture ne nous fait pas instinctivement rêver est difficile.

 

Jeff, l’exception qui confirme la règle ?

Cependant, une rencontre faite au Portugal reste gravée en moi, et vient chambouler toute ma théorie selon laquelle apprendre la langue du pays est une condition non négociable afin de s’intégrer et de se sentir chez soi. Lorsque je voyageais dans le sud du pays au printemps 2016, j’ai fait la connaissance de Jeff, un australien tenant un Bed & Breakfast dans la petite ville côtière d’Olhao, un vrai paradis sur terre. Jeff gérait son petit hôtel avec brio, tous les guides touristiques répétant qu’il s’agissait de l‘un des meilleurs endroits où dormir dans la ville. Au détour d’une discussion, Jeff m’a appris qu’il ne parlait pas un seul mot de Portugais, alors qu’il vivait à Olhao depuis près de 7 ans. Il aimait la ville, s’y sentait chez lui et semblait connaître les gens du quartier qui le saluaient lorsqu’ils le croisaient dans la rue. Ses employés portugais l’aidaient pour toutes les démarches administratives. Il avait l’air totalement décomplexé par le fait de ne pas parler la langue. Il était dans son élément, comme un poisson dans l’eau.

Serait-il donc possible que j’ai eu tout faux ? Peut-on se sentir heureux et intégré dans un pays dont on ne parle pas la langue ? Je suis curieuse de lire votre opinion si vous en avez une, basé sur vos valeurs ou votre expérience personnelle. Le débat est ouvert !


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Travailler dans une langue étrangère : c’est difficile ?

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Travailler en Angleterre

On m’a posé cette question plusieurs fois, et je me la posais moi-même il y a quelques années, alors que j’ai commencé à travailler à l’étranger, aux Etats-Unis et en Angleterre : à quoi s’attendre lorsque l’on commence un stage ou un emploi dans une langue étrangère que l’on ne maîtrise pas encore complètement ? C’est intimidant au début, mais une fois jeté dans le grand bain, on s’en sort très bien, tout simplement parce qu’il le faut, et qu’il s’agit aussi de quelque chose de satisfaisant, de se rendre compte que l’on parle suffisamment bien une autre langue pour pouvoir décrocher un poste dans cette langue. Je l’ai fait, beaucoup de mes amis l’ont fait, nous avons tous survécus, mais il est vrai qu’il va sans doute falloir vous adapter et accepter quelques petits désagréments (qui sont contre balancés par des côtés positifs aussi). Les quelques points ci-dessous devraient vous aider à savoir ce à quoi vous attendre !

Travailler à l’étranger, dans une autre langue : points de repères

 

Faites confiance à votre employeur

Si vous avez obtenu le poste après avoir passé un entretien à l’oral (sur Skype, au téléphone ou en personne) dans la langue en question, ne vous inquiétez pas : votre employeur n’aurait pas donné le poste à quelqu’un qu’il juge incapable d’interagir correctement avec le reste de l’équipe ou des clients. Si vous avez décroché le job, cela signifie que vous vous êtes fait comprendre. Votre niveau de langue n’est peut-être pas parfait, mais il a été jugé suffisant par votre interlocuteur, qui vous a compris. Vous êtes peut-être un peu trop dur avec vous-même (en fait, j’en suis certaine!). Si vous n’avez pas décroché un poste à cause de cette raison précise, ne vous découragez pas. Il est possible de progresser à une vitesse fulgurante dans une langue étrangère, et gratuitement. Lisez mes conseils à ce sujet, et réessayez de passer un entretien d’ici quelques semaines. Vous verrez que vous réussirez, même si cela prend un peu plus de temps que prévu.

La fatigue

L’un de mes souvenirs les plus vifs concernant mes premières expériences professionnelles en Anglais alors que mon niveau était encore “intermédiaire” est l’extrême fatigue que je ressentais après chaque journée de travail, surtout après des réunions de groupe ou, encore plus épuisant, individuelles. Je rentrais chez moi le soir après le travail, mangeais en quelques minutes et m’écroulais au lit, dormant souvent 10h. J’ai eu ce rythme pendant mes trois premiers mois à Londres, puis progressivement j’ai remarqué que parler l’Anglais au quotidien devenait plus naturel, et que j’étais moins fatiguée en rentrant le soir. Globalement, il est difficile de se concentrer plus de 20 minutes de manière continue dans une langue étrangère que l’on ne maîtrise pas parfaitement. Très souvent, vous aurez tendance à décrocher, et à perdre un peu le fil, mais ce n’est pas très grave, vous vous rattraperez par email ou en demandant à des collègues si vous avez l’impression d’avoir raté un détail. Le point suivant vous aidera également pendant ces moments où vous “décrocherez”.

Prenez des notes

Très important : ne vous rendez pas à une réunion, de groupe ou individuelle, sans un bloc-note ! Même si vous décrochez un peu pendant la réunion, prenez autant de notes que possible, que vous pourrez relire au calme et organiser après coup. S’il s’agit d’une entrevue avec une seule personne, demandez à votre interlocuteur de récapituler les points importants de la discussion à la fin de la réunion, en lui disant que vous voulez être certain(e) d’avoir toutes les informations importantes. Cela vous fera passer pour quelqu’un de professionnel, et vous permettra de relire les points que vous aurez notés, et d’ajouter ceux qui seraient passés entre les mailles du filet. Ce point précis m’a sauvé la mise plusieurs fois pendant mes premières expériences professionnelles en Anglais. Ce conseil vaut également pour toutes démarche administrative que vous auriez à effectuer : prenez des notes des informations que l’on vous donne à l’oral (pièces justificatives à fournir, dates importantes, montants à régler etc).

Comment les gens vous voient

Il est très probable que les gens vous perçoivent différemment dans une langue étrangère que lorsque vous vous exprimez dans votre langue natale. Moi qui suis plutôt quelqu’un de vivant, lorsque j’ai vécu au Canada anglophone un mois au tout début de mon apprentissage de l’Anglais, les gens disaient de moi que j’étais quelqu’un de timide et de discret (j’ai surpris deux amies anglophones avoir cette conversation à mon sujet dans les toilettes d’une station service pendant un road trip, amies qui ignoraient que je me trouvaient dans les toilettes en même temps qu’elles. Elles avaient été surprises de m’entendre rire autant avec un ami français pendant le voyage !). C’est simplement que lors des discussions, cela me prenait tellement de temps de trouver les bons mots pour formuler ce que je voulais dire, que lorsque j’étais enfin prête à rejoindre une discussion avec un point précis, mes amis anglophones étaient passés à autre chose, et ainsi de suite. Cela signifie qu’au final, je parlais assez peu. Ce point précis a été frustrant au début, car j’ai souvent eu l’impression de passer pour une “simplette”, avec des interlocuteurs qui pensaient que je ne comprenais pas, alors que j’avais simplement du mal à répondre rapidement. Même pour ceux qui maîtrisent déjà très bien plusieurs langues étrangères, il a été prouvé par des linguistes que nous avons une voix et une personnalité différente dans des langues différentes. Il faut donc se faire à l’idée que même dans 20 ans, les gens ne vous verront pas de la même manière en français que dans n’importe quelle autre langue ! Cela fait partie de l’expérience de vie à l’étranger.

Avoir foi dans les autres

Si vous osez leur demander, certains “natifs” seront très contents d’aider, surtout si vous montrez un réel intérêt pour leur langue ou leur culture. Repérez, dans votre entourage personnel ou professionnel, les personnes qui semblent les plus patientes et enclines à vous aider à améliorer la langue que vous souhaitez apprendre. D’expérience, il y a toujours quelques personnes comme ça, même au travail. Il s’agira souvent de personnes ayant également vécu à l’étranger ou ayant un conjoint d’un autre pays, qui sont plus sensibles à ces questions là. Globalement, mis à part dans quelques boutiques où j’ai eu affaire à des employés mal lunés qui semblaient irrités par mon accent étranger ou ma lenteur, je n’ai jamais eu de remarques désobligeantes de collègues parce que je parlais trop lentement, ou ne parvenais pas à m’exprimer parfaitement. Lorsqu’ils voient que vous êtes réellement motivés par le fait d’apprendre leur langue natale, les gens réagissent plutôt bien, alors demandez de l’aide !

Cela ira mieux au bout de quelques mois

Les difficultés liées au fait de travailler dans une langue étrangère s’estomperont rapidement, car le fait d’être immergé quotidiennement dans un environnement international vous aidera à développer rapidement la langue que vous parlerez tous les jours. En fonction de votre niveau à votre arrivée dans le poste, comptez 2 à 6 mois !


Si ce sujet vous intéresse…

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